Parution : 09/01/2011
180 pages 12.00 euros |
Florian Graton
Espagne : les chemins de la mémoire antifasciste
Préface JB Pouy - 24 p. Photos
Encore un livre sur la guerre d’Espagne, me direz-vous, mais celui-ci n’est pas un récit sur historique, c’est celui d’un voyageur qui part à vélo sur les traces de la mémoire de guerre d’Espagne. De tradition ancienne, les carnets de voyage vont revivre les parcours de leurs auteurs. entre 2003 et 2006, j’ai sillonné l’espagne à bicyclette et en train à plusieurs reprises, ces moments me font aujourd’hui penser à une longue saison. je me suis frayé un itinéraire en partie dicté par l’histoire qui a laissé ici de nombreuses traces et vestiges. L’Espagne fût un pays longtemps claquemuré par la dictature, un pays rendu sourd, aveugle et muet. (...) J’ai roulé pour ressusciter le passé. Je suis parfois parvenu à capter les accents. Dans le brouhaha des villes, j’ai cherché des voix, le bourdonnement de l’Histoire : le bruit de bottes des vainqueurs mais aussi le bruissement de la colonne de vaincus, les rumeurs de la défaite. (...) Pour combler mon appétit de mémoire, a ravers l’Espagne j’ai répertorié les souvenirs liés à la guerre civile, mon inventaire s’avouant par avance forcément incomplet.
Avec la fin du franquisme, les instances espagnoles avaient passé un pacte de l’oubli afin que les vieux démons ne s’éveillent pas et que les plaies d’un passé mal cicatrisé ne s’ouvrent à nouveau, un compromis pour ne pas ressasser un passé traumatique. Un silence établi qui astreint les victimes du franquisme et leurs descendants au mutisme et empêcha toute revendication ou action en justice. L’Espagne recouvre peu à peu sa mémoire. Les langues se délient. (...) Les assassinés viennent aujourd’hui hanter les vivants et près de trente années après la disparition de Franco, les fils et petits-fils des républicains (tombés pendant ou des suites de la guerre d’Espagne) se regroupent en association et entament des démarches afin de retrouver les corps des victimes de cet holocauste idéologique. Dans toute l’Espagne les recherches s’organisent, l’initiative personnelle de quelques-uns est devenue un phénomène de société. La quête de certains éveille une mémoire collective. A travers le pays des groupes de recherche se sont constitués, une centaine de fosses communes ont été découvertes et le contexte de ces exécutions expliquées. L’activité principale de cette association étant d’identifier et de répertorier les victimes des représailles franquistes. (...) Au cours de mon voyage, que de visages croisés, de gens entr’aperçus, quelques mots glanés au passage, quelques gestes pour tenter de percer les apparences. Le vrai voyageur est peut-être celui qui comprend le mieux les silences. |
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net

