Parution : 24/04/2009
ISBN : 978-2-9153-7882-5 160 pages 14,8 x 21 cm 15.00 euros |
Nioques # 5
Au sommaire : Revue bi-annuelle / issn : 1148–4896 EXTRAITS Charles Bernstein Le renflouement de la poésie devrait restaurer la confiance des lecteurs “Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire Général, distingués poètes et lecteurs, j’ai le regret d’être dans l’obligation d’interrompre ce soir les célébrations pour faire une annonce importante. Charles Bernstein Recantorium (une machine célibataire, d’après Duchamp d’après Kafka) “Moi, Charles, fils de feu Joseph Herman, subséquemment dénommé Herman Joseph, et de Shirley K., subséquemment connue sous le nom de Sherry, de New York, en mon âge de cinquante-huit ans, cité personnellement en jugement et agenouillé devant ce Corps Estimé, très Éminents et très Révérends Lecteurs, Inquisiteurs généraux contre la dépravation hérétique dans toute la République Poétique, ayant sous les yeux les Livres des Poètes Accessibles, que je touche de mes propres mains, je jure que j’ai toujours cru, que je crois à présent et qu’avec votre aide je croirai pour l’avenir tout ce que contiennent, prêchent, enseignent et expriment les Livres des Poètes Accessibles Rémi Marie Je je marche dans la rue déserte, je me regarde marcher dans la rue déserte, j’écoute le bruit de mes pas dans la rue silencieuse, je boutonne mon col, j’ai froid à l’intérieur, je suis un peu saoul, je suis un peu saoul mais ça n’aide pas, je marche vite pour dissiper l’alcool, je suis les rails du tram, je marche vers westbanhof, je marche vite, je ne sais pas pourquoi je suis parti, je sais pourquoi, je connais le contrat, j’ai fixé la règle, je joue le jeu, je suis parti très vite, je ne m’y attendais pas, je n’ai rien dit, j’ai repris mon pull sur tes épaules, j’ai mis ma veste en cuir, je me suis enroulé dans ton écharpe africaine, je suis sorti, je n’ai pas voulu discuter, je t’ai dit ne complique pas tout, je suis sorti, j’ai demandé mon chemin à stefan, je suis ses indications, je tourne à droite encore à droite, je me guide maintenant aux rails du tram 43, j’arrive à westbanhof, je sais qu’il est trop tôt pour le premier u-banh, je continue tout droit, je marche vers le centre, je descends les rues vers le centre, je croise quelques passants, je regarde le sol, je ne regarde rien, je marche pour m’empêcher de penser, je sens les pensées qui me rattrapent, je sens les pensées en embuscade, je marche plus vite, je marche jusqu’au ring Ulf Karl Olov Nilsson Six poèmes je grandis |
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Entre l’écriture comme repentir où le poète fait son mea culpa (p. 9), l’écriture autour du “je” (p. 27), la photo en noir et blanc (p. 73), la voix féminine dans sa difficulté de parler (p. 117), le lieu où le politique de la poésie s’explicite (p. 151), l’écriture se démultiplie et fragmente la parole. Quel dénominateur trouver entre ces stratégies d’écriture, sinon la recherche sur / dans la langue pour débusquer le sens au-delà de toute illusion sur les pouvoirs de cette même langue. Ana Rossi
CCP - Cipm,
mai 2010
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