Parution : 24/02/2011
ISBN : 978-2-3605-4019-8 304 pages 14,8 x 21 cm 20.00 euros |
Philippe Robert
Post-Punk, No Wave, Indus & Noise, chronologie et chassés-croisés
Sur les cendres du mouvement punk, quatre courants musicaux à l’émergence quasi concomitante ont tracé la voie d’une approche nouvelle notamment basée sur l’expérimentation et le non-conformisme : le post-punk (surtout en Angleterre) ; la no wave (presque principalement à New York) ; la musique industrielle (partout dans le monde) ; et enfin le noise (essaimant progressivement au niveau international en se référant aux deux derniers). Entre autres exemples, viennent à l’esprit les noms de Public Image Limited, Wire, Gang Of Four, Glenn Branca, DNA, Rhys Chatham, Mars, Throbbing Gristle, Einstürzende Neubauten, Merzbow ou Carlos Giffoni. En ce qui concerne le post-punk, dès la fin des années soixante-dix / début des années quatre-vingt, la démarche s’est enracinée dans une certaine forme de déconstruction n’excluant toutefois pas l’idée de mélodie. Ce n’est qu’avec la no wave, puis la musique industrielle surtout, et enfin le noise, que toutes concessions au rock seront quasiment abandonnées au seul profit de recherches d’un état que l’on pourrait qualifier de pré-harmonique (en tous cas pour les deux derniers mouvements). Au travers de nombreux chassés-croisés, cette histoire est racontée chronologiquement, au fil d’albums commentés sortis entre 1978 et 2010.
Philippe Robert, entre autre ancien collaborateur des Inrockuptibles, Mouvement, Octopus et Revue & Corrigée, a publié six ouvrages chez le mot et le reste, dont Rock, Pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels, Musiques expérimentales et Hard’n’Heavy, 1978–2010, Zero Tolerance For Silence avec Jean-Sylvain Cabot. On lui doit aussi deux disques avec Thurston Moore et Lee Ranaldo de Sonic Youth.
EXTRAIT
Cosmetic metal music, manicured noise : afin d’annoncer un concert des Buzzcocks, ce slogan inventé par Linder Sterling, spécialisée dans le collage iconoclaste et future membre de Ludus, groupe culte de l’après-punk, donne en quelque sorte le ton de ce qui adviendra – dans l’immédiat tout au moins. Quasi simultanément, chaperonné par David Bowie, qui, à l’instar d’un Brian Eno, a su flairer de nouvelles tendances intéressantes dans le krautrock de Kraftwerk et Neu!, Iggy Pop chante : “Je suis le passager, (...), je vois le ciel (...) au dessus des faubourgs éventrés de la ville.” Assez peu l’ont alors remarqué : un langage nouveau s’inventait-là. Un langage fondé sur une sorte de désengagement tout à fait inédit car teinté d’acceptation. Un langage – une novö-langue diront certains – faisant fi des aspirations originelles du punk-rock à la révolution, jusqu’à prendre ses distances avec le réalisme social et le politique. |
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365 chroniques
Plus encore qu’une anthologie des musiques déviantes, on assiste à la mise en place d’une cartographie intime des goûts de l’auteur dont l’œuvre commence à faire sens. Ce sera pour les plus anciens une salutaire piqûre de rappel, et pour les plus jeunes une éblouissante éducation. De Père Ubu à Liars, de Throbbing Gristle à Wolf Eyes, Philippe Robert n’hésite pas à tracer des lignes et poser des nuances chronologiques et stylistiques que les chassés-croisés du titre annoncent à raison. On y découvre, par exemple, une évidente comparaison entre Joy Division et Black Sabbath, on s’y repasse quelques grands classiques oubliés—From the Hip (1984) de Section 25 ou encore Scatology (1984) de Coil. En fil d’Ariane plutôt visible—il est cité à plus de cent reprises—ce livre est aussi un hommage à l’invraisemblable descendance du regretté Captain Beefheart, guide tutélaire de ces oeuvres rageuses, odieuses, rusées et exigeantes.
Etienne GREIB
MAGIC hors-série vol 7,
décembre 2011
Sélection Livres
Philippe Robert a collaboré de manière épisodique à Improjazz, mais est surtout connu pour ses écrits dans Octopus, Revue & Corrigée et les Inrockuptibles. Pour cet ouvrage, il a détaillé quatre mouvements issus du mouvement punk à travers les disques que ces groupes émergeant ont pu produire entre 1978 et 2010. Si ce phénomène reste quelque peu étranger aux lecteurs d’Improjazz (quoique, nous sommes supposés avoir des oreilles très développées et réceptives à toute source sonore), ces mouvements décrits dans le titre de l’ouvrage ont aussi quelques points communs avec une certaine forme de musique libre, que ce soit Pere Ubu (en relation avec Henry Cow), Scritti Politti, the Raincoats (deux groupes fréquentés par Robert Wyatt), Talking Heads, Devo (voir Brian Eno), Flying Lizards, Tuxedo Moon, This Heat (ah! This Heat!), Sonic Youth, Catalogue (bien sûr), Borbetomagus (les iconoclastes), voire même Alesia Cosmos ou Rhys Chatham. Robert décrit les albums phares d’une centaine de groupes qui ont marqué ces genres (la distinction entre ou l’autre étant parfois difficile à établir), figures de proue d’un mouvement sans doute très vite récupéré (comme le mouvement punk d’ailleurs). On peut se poser la question, comme le fait l’auteur, de savoir s’il fallait laisser des traces économiques de ces musiques non commerciales, comme on peut le faire à propos de la musique improvisée. C’est effectivement un mouvement de l’instant, de scène et de rien d’autre, une musique vivante et morte dès qu’elle s’arrête. Il n’empêche que les traces sont là et Philippe Robert décortique en deux pages près de 130 disques en pointant souvent le doigt sur des points essentiels qui ont pu échapper à l’auditeur profane ou même averti.
Philippe Renaud
IMPROJAZZ,
nov-dec 2011
Livres pour une rentrée studieuse
Les éditions le Mot et le Reste continuent dans l’excellence en matière d’écrits Rock avec une nouvelle livraison d’ouvrages qui vient de sortir. Quatre livres, quatre thèmes, qui font mouche : les grands Live du rock, un Beefheart pour faire connaissance avec ce musicien haut en couleurs, un Parcours blues et un Post-punk, no wave, indus & noise, chronologie et chassés-croisés. Philippe Thieyre qui écrit, entre autres, chez Rock’n’Folk, se fend d’un Parcours blues en 150 albums. Après cette saine lecture (et l’écoute concomitante) vous parlerez comme un natif du delta du Mississippi et ni Muddy Waters ni Pee Wee Crayton n’auront de secret pour vous. Si les termes Post-punk, No Wave, Indus & Noise sont obscurs pour vous, plongez-vous dans l’ouvrage du même nom : vous y croiserez Tuxedo Moon, Public Image ou les Young Marble Giant. Et d’autres, plus obscurs, sous la plume alerte de Philippe Robert, auteur de nombreux ouvrages chez le même éditeur. La scène étant l’essence du rock, un collectif d’auteurs (E. Chirache, C. Delbrouck, Y. Jolivet et G. Ruffat) revisite, par écrit, les grands albums Live du rock. A vos platines pour les écouter avec de nouvelles oreilles. Enfin, un petit opuscule sans concessions de Benoît Delaune : Captain Beefheart And His Magic Band(s) qui démystifie Captain Beefheart, ne négligeant pas les zones d’ombres du personnage. On est loin de l’hagiographie.
Gilles BORGOGNO
César,
novembre 2011
POST_PUNK
Philippe Robert est une plume virtuose que j’ai découvert comme beaucoup dans les Inrocks mais qui officie aussi comme auteur de très bons livres sur la musique, notamment « ROCK POP, un itinéraire bis en 140 albums » déjà édité chez Le Mot Et Le Reste. Des cendres encore brûlantes du grand incendie Punk, qui culmina à cheval sur l’année 1976/77, un autre mouvement musicale en est née : le post-punk. Il fut à la fois une suite et une rupture d’avec le punk qui dès le départ était divisé. Le post-punk garda certaines de ses références et particularités musicales (urgence, minimalisme, etc.) mais se détacha de son activisme politique pour se recentrer sur l’introspection mentale personnelle (la psyché) et surtout l’Art comme seule voie possible. En quelque sorte, les groupes Post-punk furent les pionniers de l’Art rock. Si on veut être exact, le véritable premier groupe Art rock fut le Velvet Underground qui, avant tous, associa la musique avec d’autres formes artistiques comme la peinture et la vidéo. En même temps, d’autres courants très proches sont apparus avec celui-ci comme la no wave, l’indus et le noise. C’est de ces quatre-là que traite superbement le livre. Je rajouterai la cold wave qui, bien que présente par certains de ces groupes phares, n’est pas mentionnée comme telle dans cet ouvrage. Le livre est composé de deux parties. La première analyse le contexte de départ et chacun de ces mouvements pour les définir. Bien que relativement synthétique (une trentaine de pages), elle n’en est pas moins pertinente. La seconde est comme une grande playlist chronologique des disques indispensables. Elle couvre plus de trois décennies et va ainsi de « The Modern Dance » de Pere Ubu (1978) jusqu’à « Returnal » de Oneohtrix Point Never (2010). Une double page leur est ainsi consacrée avec photo de la pochette et analyse de l’auteur. Cette partie est tellement réussie que j’ai (re)découvert nombre de bons disques méconnus et, depuis, j’ai envie de tout écouter ou réécouter. Pour les néophytes, cette liste sera une excellente porte d’entrée et d’exploration du Post-punk & Co…. De par son analyse pointue tout en étant très accessible, « Post Punk, No Wave, Indus & Noise » s’adresse autant aux initiés du genre qu’à ceux qui désirent découvrir tout un pan méconnu de l’histoire de la musique rock. Alors, si vous voulez vous replonger dans la musique de cette période « glaciale » mais ô combien créative, vous savez ce qu’ils vous restent à faire. A bon entendeur salut !!!!! Ma Note : * * * * * * (6) Le blog de Francky 01
MUZIKS ET CULTURES,
22 mai 2011
JE LIS UN LIVRE SUR LE POST-PUNK
Le journaliste Joseph Ghosn nous parle de ses coups de coeur dans son blog. En mai, il lisait Post-punk, no wave, indus & noise de Philippe Robert. JOSEPH GHOSN
josephghosn.wordpress.com,
mai 2011
Jean-William THOURY
Jukebox Magazine,
juin2011
Philippe Robert nous a habitué à ce type d’ouvrage puisqu’il a déjà publié aux éditions le Mot et le Reste divers titres sur la great black music, les musiques expérimentales, le rock… Une des remarques essentielles, chère au sein de notre magazine, c’est le fait de reconnaître la nature indissociable de l’histoire de ces musiques à l’objet disque. Cette fois-ci, il s’attaque aux courants nés des cendres du mouvement punk, basé sur la recherche et l’expérimentation sonore effectuées principalement par des groupes anglais de post-punk et new wave new-yorkais entre 1978 et 2000. Après la fin du mouvement punk, certains groupes ressentent la nécessité de revenir aux racines underground que les groupes phares du punk avaient en quelque sorte délaissées suite à leurs signatures sur des major. D’où viennent des groupes tels que Liquid Liquid, Joy Division, DNA ? Quelle a été leur influence sur l’industrie du disque ? L’auteur souligne les ponts avec les expériences musicales des futuristes italiens (Luigi Russolo), les courants artistiques dadaïstes et situationnistes, sans oublier l’influence fondamentale des musiques électroniques allemandes des années 70. Il se penche sur la musique industrielle des divers Frank Zappa, Captain Beefheart, Velvet Underground, King Crimson, Brian Eno, etc. Puis la noise où toutes concessions sont abandonnées au seul profit d’une recherche expérimentale sans limite que certains critiques avaient vite eu fait de caractériser comme étant privées de mélodie. On découvre, parmi les cent trente noms cités, d’illustres inconnus, démontrant une fois de plus la vivacité de ces mouvements dont la portée est expliquée au fil des 300 pages. Aurelio Levisandri
Star Wax - DJ's lifestyle magazine,
été 2011
Comme pour plusieurs de ses précédents ouvrages Philippe Robert opte pour la formule de deux pages par album choisi comprenant la pochette du disque agrémentée de notes « à écouter aussi » et « également conseillés ». Cette formule d’articles courts, plutôt que de longs chapitres, produit une dynamique qui colle très bien aux courants Post-Punk, No Wave, Indus et Noise, pas seulement parce que, au moins pour le Post-Punk, les morceaux brefs étaient très répandus, mais surtout parce que ces étiquettes regroupent un monde très hétérogène et fragmenté. Il y colle peut-être mieux d’ailleurs que l’ouvrage de Simon Reynolds Rip It Up and Start Again, Post-Punk 1978–1984, dont la traduction est parue chez Allia en 2005. Ce pavé aux chapitres fleuves a surtout pour lui l’intérêt de cerner les groupes emblématiques dans leurs moindres détails, mais seulement sur une poignée d’années. Le grand intérêt de l’ouvrage de Philippe Robert est justement de ne pas rester cloisonné aux quelques années avant et après 1980. Ce fut une période où les groupes avaient pour ambition commune, les termes reviennent souvent au fil du livre, la déconstruction, le déconditionnement et/ou de « bousculer le catéchisme du rock ». La période fut donc « refondatrice ». Sur ces nouvelles bases allaient se développer une incroyable frénésie créatrice. Aller au-delà, jusqu’à 2010 même, avec l’album Returnal d’Oneohtrix Point Never (chez Mego), c’est justement s’ouvrir à toutes les explorations concomitantes et qui suivirent. Y compris en France, l’ouvrage abordant, entre autres, Alesia Cosmos, Ruth, Alain Bashung… Aux côtés de Siouxsie And The Banshees, des Talking Heads, de Throbbing Gristle ou encore de Blurt, Merzbow et des Raincoats, cela donne une idée succincte de la quelque dizaine de douzaines de groupes que l’on peut découvrir ou mieux connaître. Et cela non pas à travers de plates notices biographiques, mais par une approche de leurs démarches, qui souvent se recoupent (d’où les « chassés-croisés » du titre) et par l’habileté de la plume de Philippe Robert. Elle nous chatouille souvent au point de nous pousser à saisir un crayon et du papier pour vite noter une référence, sans que ce soit d’ailleurs celle de l’album choisi en titre de section ! Eric Deshayes
Néosphères,
mai 2011
Philippe Robert, Post-punk, no wave, indus & noise ...
Le post-punk : une manière de révolution musicale qui, certes, s’étaie sur la révolte du punk, en perpétue l’esprit do it yourself, mais qui, surtout, l’excède. Arnaud Bordes
La Cause littéraire,
mai 2011
Sélection livres
Le punk est mort, dès 77, condamné à un anéantissement rapide car portant en lui les germes de la destruction, forcé de disparaître car incapable de résoudre l’équation mêlant dans un même mouvement révolution underground et popularité lucrative. Et quel punk ? Celui de Londres ou de New York ? Quel rapport entre les premiers albums des Clash ou des Jam ? Malgré l’unité apparente ressentie lors du concert scandaleux des Pistols pour le jubilé d’Elizabeth en juin, le passé est déjà là. Si certains, américains surtout, à l’image des Dead Kennedys, édifient un courant hardcore parce qu’ils refusent de laisser s’éteindre l’incendie et s’orientent vers une radicalisation politique et musicale, d’autres s’en détachent, naviguent vers le désengagement, s’éloignant du réalisme social. Ils s’en remettent à l’art pour approfondir leurs propres perceptions. De cette nouvelle approche, basée sur l’expérimentation et le non-conformisme, naîtront quatre courants : le post-punk, le no wave, l’industriel et le noise. Le post-punk, mouvement principalement anglais, apparaît fin 77. Le magazine Sounds sort à cette période un numéro intitulé ” New Musick ” qui rassemble des groupes disparates. Leurs points communs ? Distanciation plutôt qu’engagement, divorce entre le politique et l’art, rejet des ancêtres rock des 50’s, indépendance vis à vis de l’industrie du disque. Cet after punk, renommé rapidement post-punk, envisage le rock comme un laboratoire de recherche, prône une déconstruction qui n’exclut pas l’idée de mélodie. La no wave s’installe surtout à New York. Au tournant des 80’s, dans les clubs du Lower East Side, une tendance regroupe des milieux aussi divers que la scène branchée par le free jazz ou les amateurs de musique contemporaine. La compilation No New York, produite par Brian Eno, réunit des artistes ayant un seul mot d’ordre : faire table rase du passé en exploitant des sons plutôt que des mots ou des accords. Les racines de ce ” No ” sont décelables dans Metal Machine Music de Lou Reed, sorti en 75. Sur la pochette, il précisait : ” No synthesisers, No Arp, No instruments ”. Cet album proposait d’explorer la matière sonore en tant que telle, tuait le trio sacré guitare, basse, batterie, ainsi que le chant, et a eu une influence durable sur le rock bruitiste, ouvrant la voie industrielle. Sans porte-étendard, ce mouvement hétérogène sera aussi primordial qu’éphémère. Pour Throbbing Gristle, les trois accords du punk étaient trois accords de trop. Adeptes de Luigi Russolo, ils s’efforcèrent d’appliquer à la lettre ses préceptes décrits dans L’Art des bruits de 1913, notamment donner au bruit une acceptation positive et cesser de l’opposer au son. Un courant pouvait naître, consistant à faire de la musique sans instrument, en captant des bruits familiers, sans hiérarchie, et en les reproduisant. L’industriel ou ” faire de la musique pour les usines en utilisant le vrai son de celles-ci, mais en le rendant rythmique et acceptable en lui-même ”, soit une Industrial music for Industrial People, était née. Avec le noise, enfin, toute une concession au rock est abandonnée. ” Pas de tonalité. Ni voix, ni rythme préétabli. Juste du feedback, en continu. Un acte de son ”, écrivait Lou Reed pour la réédition du Metal Machine Music. Si la génération des années 2000 s’accorde parfois des embryons de mélodies, voire des développements planants, les puristes de cette orientation, certes marginale mais qui perdure, parlent et sont donc en quête du pouvoir extatique du noise. Ces quatre courants, si proches et pourtant si hétéroclites, Philippe Robert les imbrique et les décortique en une description de plus de 130 albums sortis entre 1978 et 2010, classés chronologiquement. Dans ce mélange composite se juxtaposent des groupes aussi dissemblables que PIL, Devo, Sonic Youth, Certain General ou Liars. N’espérez pas vous enfiler ce bouquin d’une traite. Énorme travail de documentation et d’analyse, considérez-le plutôt comme une encyclopédie, un ouvrage de référence qu’on conserve et consulte au besoin. A lire par petits bouts, avec une bonne radio streaming en illustration sonore.
M. Peyronnet
NOISE,
mai 2011
Etienne Greib
Magic,
avril 2011
Cyrille Lanoë
Revue et Corrigée,
avril 2011
Parcours dans l'underground
Quelles sont les influences de LCD Soundsystem ou The Rapture ? Quelle a été la part de rayonnement de groupes comme Liquid Liquid, Joy Division, DNA ou Throbbing Gristle ? Le journaliste et écrivain Philippe Robert se penche sur les cendres du punk dans son livre Post-punk, no wave, indus & noise. Un ouvrage qui donne un éclairage érudit sur ces quatre mouvements musicaux surgis dès la fin des années 1970. Quatre genres qui dessinent les lignes forces de l’underground dans cette période pré-techno. Fertilisations croisées Olivier Pernot
TRAX,
avril 2011
post-punk
Après avoir exploré de nombreuses niches musicales, Philippe Robert s’intéresse au Post-punk. Peu ou prou le même sujet que Simon Reynolds dans Rit It Up And Start Again ! (Allia, 2007), avec cependant un détour par la noise, grand oubliée du critique britannique. Après une intro intéressante, où Robert pose les bases et délimite son sujet, l’auteur établit une discographie aussi subjective que sélective - on comptera les manques (rien sur Death In June ?), mais on découvre aussi pas mal de noms in/méconnus. Dommage, cependant, que le format imposé limite souvent les textes : si on se serait bien passé d’un énième texte sur Joy Division, on aurait bien voulu en savoir un peu plus sur Hair Police ou The New Blockaders. Un tome 2 ?
Thibaut Allemand
Let's Motiv,
avril 2011
Chronique musicale
La chronique d’une certaine actualité musicale. Pour réécouter l’émission du 21 mars 2011 : Eric Serva
France musique // Tapage nocturne,
21 mars 2011
A propos de Post-punk, No Wave, Indus & Noise
Post-punk, No Wave, Indus & Noise, Chronologie et chassés-croisés, est une photographie subjective de certaines froideurs musicales signée du prolifique Philippe Robert. L’auteur y livre les clefs de forme et de fond d’une protubérance sonore tribale ou pré-harmonique. Nerveux et passionnant. Plus interview bonus (et fleuve) sur Obskuremag.net Emmanuel Hennequin
Obsküre Magazine n°3,
mars 2011
Le livre de la semaine
Dans son émission Easy rider (n°1102, dimanche 27 mars 2011), Olivier sacre Post-punk, No Wave, Indus & Noise livre de la semaine. Réécouter l’émission : Easy rider Olivier V.
radio Easy Rider,
27 mars 2011
Toujours Punk
C’est toujours vers Greil Marcus qu’il convient de se tourner lorsqu’on interroge l’histoire du mouvement punk. Lipstick Traces (Éditions Allia, 1998) est ce grand livre dans lequel il est montré que l’aventure des Sex Pistols s’origine chez les gnostiques. Ils affirmaient que le monde est vicié parce que créé par un Dieu pervers. Faut-il rappeler que ces profanateurs du dogme ont connu l’Enfer. Des bûchers collectifs léguèrent au Saint-Esprit le corps des hérétiques. Sans doute est-ce l’une des bonnes raisons qui explique la mauvaise humeur des toujours punks lorsqu’ils eurent vent qu’une exposition à la villa Médicis (où fut interné naguère le dangereux Galilée) proposait, sous vitrine, jusqu’au 20 mars 2011, des vestiges aussi séditieux que les T-shirts griffés Malcolm Mc Laren et Vivienne Westwood. Cela sentait l’hérésie un peu comme sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps, l’hommage rendu à l’Internationale Situationniste en 1989 par le Centre Georges Pompidou, suscita l’ire des révoltés toujours nerveux, forcément. Il y a des feux inextinguibles. Greil Marcus, dans son grand livre, dessine une flèche du temps punk sur laquelle il place gagnant les gnostiques, l’anabaptisme de Jean de Leyde, dada et les situationnistes. Dans Post-punk, no wave indus & noise, le formidable érudit Philippe Robert ne manque pas de jeter à travers le temps les passerelles qui relient les Sex Pistols à dada et à la politique. Il confirme ce que Greil Marcus avait vu. Punk et dada, c’est le même bruit. C’est la même fureur. Seulement, il précise l’importance d’un gamelan à suivre : Francesco Balilla Pratella, auteur du Manifeste des musiciens futuristes, publié en 1911, inconnu des éditeurs en langue française. Un coup de tonnerre puisque Luigi Russolo lui dédie L’Art des bruits (L’arte dei Rumori), le grand acte du bruitisme sorti deux ans après que Pratella eut lâché son vacarme. Philippe Robert ne revient pas sur les premiers pas de bébé punk. Il nous le montre grandi, affranchi, libéré d’un passé fulminant où brillent d’un noir vif Clash, Damned, Stranglers, Buzzcocks, Blondie, Television, ces noms aujourd’hui bibliques. Philippe Robert expose une autre trajectoire, celle qui vient de l’après-punk déconstructeur cherchant noise aux conformismes, toujours devant pour faire table rase et ce « brouhaha éternel » appelé par Kierkegaard, une émeute dans laquelle on retrouve Throbbing Gristle, Merzbow, Psychic TV, Sonic Youth, Catalogue, Kas Product, Glenn Branca, Tuxedomoon, Joy Division, The Flying Lizards, Devo, The Red Crayola … Il faut bien abréger la liste. Philippe Robert à qui l’on doit (et je dis bien à qui l’on doit) une floraison d’ouvrages essentiels sur le rock et la pop hors des limites géométrisées par le marketing nous apporte dans ce recueil de choix ses lumières, celles d’un spéléonaute de l’underground. Car il n’y a que l’underground. Le mainstream n’intéresse personne. Le mainstream n’intéresse personne et c’est pourquoi on ne voit rien venant de l’Est. Le punk médiatisé UK obombre les révoltes réelles, pour ne pas dire logiques selon le mot d’Arthur Rimbaud. Car tandis que le monde bouge, les yeux se fixent toujours sur les étiquettes de la consommation. À quelques lettres près, consommation devient consumation. Lisez le livre de Jürgen Teipel et vous verrez comment le punk à certains endroits du monde fut sérieusement connecté à la révolution. Lisez ce livre et vérifiez. Le punk est l’ennemi juré des hippies, ces remuants apparents mais adorateurs de l’ordre US. Ils n’ont rien fait que titiller. Jürgen Teipel a enquêté et il ressort que le mouvement punk coïncide avec Elf uhr nachts (Pierrot le fou), Godard Belmondo associés, poing dans le poing. Blitzkrieg Pop et troublemakers ont sévèrement à voir avec l’anti-pacifisme, soit l’idée reçue dans les années 1970 à la suite de quelques messages envoyés sous la doctrine du hippiedom ou hippie dogme. LIPSTRICK TRACES, Greil Marcus, Folio Gallimard, 602 p., 13 € Guy Darol
Le Magazine des livres,
mars 2011
Philippe Robert a publié six ouvrages chez le mot et le reste (Rock Pop, Great Black Music, Musiques expérimentales et Hard’n’Heavy en deux volumes avec Jean-Sylvain Cabot). Orkestra,
février 2011
Pop Rock
“Philippe Robert raconte cette histoire de façon chronologique et se plaît à aménager chassés-croisés, frictions et collisions entre les genres – visées bruitistes obligent. Et, s’il fallait ne retenir qu’un groupe de cette histoire, ce serait Throbbing Gristle qui effraya en 1980 l’Amérique.”
Bertrand Loutte
Arte journal (19 h),
28 février 2011
Décidément, on ne l’arrête plus. Après avoir consacré des ouvrages similaires au pop rock, à la musique expérimentale, à la black music puis, avec Jean-Sylvain Cabot et en deux volumes, au hard et au heavy metal, Philippe Robert remet le couvert, cette fois avec quatre mouvements clés nés après le punk (post-punk, no wave, indus, noise), et qui ont partagé le projet de bousculer, de maltraiter, de défier, voire de nier le rock. Que dire de neuf cette fois ? Que dire de plus par rapport aux ouvrages précédents puisque, là encore, le critique fait preuve d’un goût sûr et d’une érudition sidérante ? Que, non content de nous présenter en détail une bonne centaine d’enregistrements, Philippe Robert nous cite aussi d’autres disques cousins, qu’il complète tout cela d’une discographie complémentaire encore plus riche, doublée d’une biographie touffue, et bien sûr, en introduction, d’une mise en perspective des quatre genres abordés ? Qu’il sait mêler quelques choix plus personnel aux grandes références des genres abordés ? Qu’il établit des parallèles entre les pionniers de ces mouvements et leurs héritiers d’aujourd’hui ? Que, loin de s’arrêter au seul univers anglo-saxon, il sait trouver quelques pépites ailleurs, notamment en France, fort bien représentée dans le cas présent? S’il faut souligner les points communs avec les précédents ouvrages, on peut aussi revenir sur ceux qui fâchent : un style parfois lourd, un propos difficile à suivre, à force de phrases en tiroirs, d’apartés et de parenthèses qui s’efforcent à grand peine de canaliser un flot puissant de connaissances, de références et d’anecdotes ; ou encore, ce lourd magistère que fait peser Wire sur ce nouveau livre, à tel point que Philippe Robert, dans l’article sur le What Happened de Emeralds, emploie à son tour le concept de “pop hypnagogique” que le fameux magazine anglais se sent obligé de nous refourguer depuis des mois. Toutefois, il y a davantage à dire sur cette dernière livraison de Philippe Robert. Et tout d’abord, que ce Post-Punk, No-Wave, Indus & Noise vient réparer un manque, un oubli : cette sous-représentation des années 80 que l’on regrettait dans son volume sur le pop rock, très largement consacré à la décennie d’avant. Cette fois, au contraire, et quitte à revenir sur des disques qu’il a déjà commentés dans l’autre livre (Cut des Slits, Colossal Youth des Young Marble Giants), ce sont les 80’s qui ont les honneurs, fort logiquement, puisqu’au moins trois des mouvements traités ici s’y sont principalement épanouis. Qui plus est, Philippe Robert aborde les quatre genres sous le bon angle. Dans son ouvrage de référence sur le post-punk, Rip It Up & Start Again, l’Anglais Simon Reynolds avait un peu triché. Il avait regroupé sous cette étiquette tout ce qui lui avait plu dans l’après-punk, sans que tout cela relève à proprement parler de la démarche post-punk. Le Français, lui, ne se livre pas à cette petite supercherie. Il identifie quatre mouvements qui partagent pour de bon un projet commun, ce souci de déconstruction, sinon de destruction, cette volonté d’aller au-delà du rock. Rien n’est hors-sujet, ici. Ah, si, peut-être les Psychedelic Furs, moins expérimentaux et iconoclastes que beaucoup d’autres, ou le Gun Club, qui prônait davantage un retour aux racines du rock que son dépassement. Mais dans son avant-propos, l’auteur avait prévenu qu’il se permettrait de telles exceptions, accompagnant ses dires d’une citation très juste de Günter Brus contestant que l’Histoire, et a fortiori celle de l’art ou de la musique, puisse être linéaire et unilatérale, et donc qu’on puisse la segmenter en tendances et en genres purs et parfaits. Et puis on peut bien lui accorder toutes les exceptions qu’il souhaite, puisque les disques qu’il présente sont toujours, sinon des classiques, au moins de vraies curiosités ou des must-have. Avec Philippe Robert, donc, on adhère à chaque fois. Qu’il parle de post-punk ou d’autre chose, on a en toujours pour son compte. Qu’il se décide, la prochaine fois, à nous parler de séga mauricienne ou de chant diphonique mongol, et on achètera. Tiens, à propos, la discographie complémentaire de ce dernier volume se termine pas ces mots : “il va sans dire que new wave et hardcore américain méritent chacun un ouvrage dédié à leur cause”. Ah ben oui, tiens, un tout nouveau livre sur la new wave ou le hardcore… codotusylv
Fake for real,
25 février 2011
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