Parution : 29/09/2007
ISBN : 978-2-9153-7846-7 448 pages 21 x 14,8 cm 23.00 euros |
Philippe Robert
Musiques expérimentales
Une anthologie transversale d’enregistrements emblématiques
2e édition, 24/02/2011
Des futuristes des années 1910 aux réductionnistes à l’amorce des années 2000, l’histoire de la musique du vingtième siècle (et du vingt-et-unième naissant) aura été marquée par l’idée d’expérimentation. Celle-ci, et pas seulement dans l’avant-garde, paraît s’être exprimée dans tous les domaines apparus alors, qu’il s’agisse entre autres de la musique électroacoustique, du jazz (quand celui-ci s’est dit « free » par exemple) ou du rock (qu’il ait été « kraut » dans les années 1970 en Allemagne, « en opposition » au milieu des mêmes années en Europe, ou encore « bruitiste » au Japon dans les années 1990). Comme si la musique, quand elle souhaite échapper à l’intimidation dominante, devait perpétuellement s’inventer afin de continuer à être. Voilà l’histoire que raconte cette anthologie, au travers d’indomptables réfractaires à toute forme d’académisme.
Né en 1958 à Paris, Philippe Robert vit dans le sud de la France d’où il écrit pour Les Inrockuptibles, Mouvement, Vibrations, Jazz Magazine, Revue & Corrigée et Improjazz. En qualité de producteur, il est à l’origine de deux disques avec des membres de Sonic Youth, et comme auteur, on lui doit Rock, Pop, Un Itinéraire bis en 140 albums essentiels, édité par Le Mot et Le Reste. Avec, notamment : Luigi Russolo, Walter Ruttmann, Kurt Schwitters, Halim El-Dabh, Isidore Isou, Henri Chopin, Pierre Schaeffer, Edgar Varèse, Harry Partch, Raymond Scott, Moondog, Robert Ashley, Iannis Xenakis, Karlheinz Stockhausen, Pierre Henry, Jean Dubuffet, William S. Burroughs, Terry Riley, Philip Corner, Alvin Lucier, Henry Flynt, Tony Conrad, La Monte Young, Albert Ayler, Luc Ferrari, Earle Browne, John Cale, AMM, Bernard & François Baschet, Pauline Oliveros, Musica Elettronica Viva, The Nihilist Spasm Band, Conlon Nancarrow, Yoko Ono & John Lennon, Sonny Sharrock, Annette Peacock, Derek Bailey, Cornelius Cardew, Joe Jones, Evan Parker, Hugh Hopper, Eliane Radigue, John Oswald, Jac Berrocal, John Cage, Charlemagne Palestine, Fred Frith, Arthur Russell, Loren Mazzacane Connors, Voice Crack, Pierre Bastien, Jean Tinguely, Ghédalia Tazartès, This Heat, Throbbing Gristle, Hermann Nitsch, Phill Niblock, Jandek, London Musicians Collective, DNA, Glenn Branca, Milan Knizak, Nurse With Wound, Public Image Ltd., Christian Marclay, Joëlle Léandre, Alvin Curran, Jean-Marc Montera, Damo Suzuki, Klimperei, Bruce Russell, Keiji Haino, Jim O’Rourke, Bernhard Günter, Radu Malfatti, Lawrence D. « Butch » Morris, Dean Roberts, Dominique Petitgand, Eric Aldéa, DJ Spooky, Alan Licht, Toshimaru Nakamura, Jason Khan, Taku Sugimoto, Martin Tétreault, MIMEO, Francisco Lopez, RRR, Rhodri Davies, Kaffe Matthews, Merzbow, Mnortham, eRikm, Sachiko M, Bhob Rainey & Greg Kelley, Lê Quan Ninh & Günter Müller, Trapist, Maja Ratkje, Audiolab, Otomo Yoshihide, Roscoe Mitchell, Jacques Coursil, John Zorn… Préface de Noël Akchoté
Par l’exemple : « Improviser » C’est quoi ça ? Est-ce que tout le monde n’improvise pas sans le savoir ? Le vivant, la vie, sont faits de milliers de moments improvisés. L’improvisation, c’est la chose face au temps réel, l’instant présent : un savant mélange de concepts, d’affects, de réflexes, d’impulsions et de passages à l’acte. Et pas grand-chose de plus, ni de moins. Improviser, c’est poursuivre une idée en acceptant que sa réalisation pratique sera semée d’embûches potentielles. C’est donc aussi comprendre que ça peut tout à fait rater, se perdre en route et ne jamais aboutir. C’est le petit plus du vivant sur la machine. Ce qui fait un grand improvisateur, en musique, c’est sa capacité à rester entier – entière – face au tout et n’importe quoi qui lui arrive. Refuser le jugement de valeur pour préserver le jeu. C’est ne pas se démobiliser devant un certain laisser-aller général. Au contraire : l’encourager, le laisser faire, voir jusqu’où ça se déverse sur la moquette, jusqu’où ça tache, colle ou pue. Ça va aussi jusqu’à favoriser l’accident, préférer le désastre ou l’embarras aux goûts subjectifs et étriqués d’une seule personne. L’improvisation ne sera jamais un style de musique – éventuellement un mode de vie ou une conscience, voire une présence, une permanence, mais ça ne pourra jamais être une chose fixe, précise et limitée. C’est un jeu. Un rapport au corps, au rire, à la merde, à l’autre. Sinon, on peut très bien apprendre à composer et se faire interpréter, ça va sans dire : on aura accès à la chose sociale, aux honneurs (et au revers de la médaille), mais la question musicale restera malgré tout la même. Improvisé ou composé, dans les deux cas, le résultat provient d’une interprétation. C’est encore et toujours quelqu’un qui joue quelque chose, là que tout se décide, prends corps, vie, âme – ou pas. |
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Au-delà du narcissique shoegaze littéraire, retracer les petites histoires qui font la grande. Au hasard du feuilletage, tomber sur une pochette d’album, y entrer. Image, lettres et son, le triumvirat artistique au grand complet, Philippe Robert, ex jazz critic et collaborateur de Sonic Youth, explose les niches musicales avec son Anthologie transversale d’enregistrements emblématiques. Are you experienced ? Site Gonzai,
juin 2010
Cet ouvrage est essentiel non seulement pour un parcours initiatique, mais aussi pour des passionnés déjà au fait, ou qui croient l’être. Je vous assure que j’ai appris pas mal de choses dans cette bible publiée à l’initiative du Grim – scène musicale de Montévidéo/Marseille. Philippe Renaud
Improjazz ,
juin 2008
Paroles de critique: Philippe Robert
Après Richard Robert, c’est au tour de Philippe Robert de s’entretenir avec nous au sujet de son activité de critique (Vibrations,Jazz Magazine, Les Inrockuptibles, Mouvement, Revue & Corrigée, Octopus…) et de témoigner de son fécond rapport à la musique. Producteur par ailleurs de deux disques – où figurent Lee Ranaldo, Thurston Moore, Loren MazzaCane Connors et Jean-Marc Montera – et auteur de quatre ouvrages, ce dernier pose un regard lucide et perspicace sur son activité, nous explique ce qui nourrit ses envies, comme ses regrets. Se dessine aussi, au fil de la conversation, son sentiment sur l’évolution du monde de la presse de ces dernières années, un constat pour le moins riche en enseignements. Actuellement, il consacre l’essentiel de son temps à œuvrer pour la bibliothèque Louis Nucéra à Nice, au département jazz & conservation. La suite sur: Fabrice Fuentes
pinkushion.com,
mai 2008
Philippe Robert sur les musiques expérimentales et transversales
Notre collègue Philippe Robert est un veinard. Journaliste et critique (les Inrockuptibles, Vibration, Coda, Jazz Magazine…), infatigable explorateur des marges, le bonhomme sait pourtant prendre le temps. Le temps d’écrire (Rock – Pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels en 2006, bientôt une histoire de la black music, chez le même éditeur très bientôt…), le temps d’écouter (sa discothèque est exceptionnelle), le temps de jouer (il enregistre avec les Sonic Youth ou une bande de copains, des albums freeform freak out sous le nom de Magic Band Of Gypsys), bref, le temps de vivre. Praticien de l’anthologie musicale comme certains pratiquent l’entomologie (sa culture lui permet d’aborder sans peur les plus improbables bêbêtes de l’histoire de la musique), il nous offre aujourd’hui Musiques expérimentales, une anthologie transversale d’enregistrements emblématiques. Un livre présenté comme le précédent, sous forme de fiches richement détaillées des artistes abordés et de leurs œuvres majeures, superbement préfacé par Noël Akchoté. A elle seule, la préface et la quatrième de couv’ du musicien vaut l’achat de ce livre ! C’est bien simple, cette introduction du fameux guitariste français, chantre de l’improvisation, est un des meilleurs textes jamais écrit dans ce domaine. Par delà la présentation du “genre” expérimental, qui par essence n’en est pas un bien sûr, puisque l’existence même de ces musiques est due à “d’indomptables réfractaires à toute forme d’académisme”, Akchoté fait la part belle à la contradiction qui réside dans le fait même de parler de musiques expérimentales dans le cadre d’écoles ou de “styles”. L’expérience étant par son fait même, totalement libre, et l’approche de l’auditeur, comme il l’écrit si bien, totalement subjective, contextuelle, historiographique et même biographique. “Une anthologie comme celle-ci c’est un peu comme une cour de récréation. On n’est pas là pour faire ami-ami avec tout le monde. C’est le moment de vérité, en tête à tête avec l’autre. Au pire, on pourra toujours se faire son album perso des douloureuses, des impossibles et des mochetés. Au mieux, on se sera fait des petites listes et des notes de disques à trouver, que personne n’a chez soi.” écrit-il en quatrième de couverture. Et c’est cette simplicité, cette sincérité qui séduit dans la démarche de Philipe Robert, loin de toute prétention et de d’académisme (forcément !), l’auteur échafaude sa petite histoire, tout en en respectant la nécessaire chronologie. D’où, certainement, le choix de présenter ces artistes hors-normes (au sens propre comme au figuré) dans l’ordre chronologique sans parti pris de genres artificiels. De fait, ce livre très complet, reprend où le Experimental music, Cage et au-delà de Michael Nyman, s’étaient arrêtés, puisque Philipe Robert, en plus de recenser les grands “classiques” de l’expérimentale (Russolo, Schaeffer, Isou, Varèse, Scott, Stockhausen, Lucier, etc), fait appel à ses plus “actuels” défenseurs. Citons par exemple Merzbow, Keiji Hano, Phill Niblock, Charlemagne Palestine, Loren Mazzacane Connors, DJ Spooky, Mimeo, Jim O’Rourke, Dean Roberts, Dominique Petitgand, Nurse With Wound, sans oublier l’aspect historique : du psychédélisme pré-ambiant (La Monte Young) à la no wave (DNA), en passant par le krautrock (Damo Suzuki), le post-punk (Throbbing Gristle, Public Image Ltd), les platinistes (Otomo Yoshihide, Martin Trétreault), l’improvisation (Derek Bailey, Joëlle Léandre) et les inclassables (Alan Licht, AMM, Musica Elettronica Viva, Taku Sugimoto). Une bible donc, une somme, allègrement écrite, dans un style fluide et plein de vie par un auteur tout à sa passion, la musique et rien que la musique. On a envie de dire, “exemplaire” ! C’est les fêtes il n’y a pas longtemps, offrez-le ! Maxence Grugier
Fluctuat,
janvier 2008
Richard Robert
Les Inrockuptibles,
décembre 2007
Francis Marmande
Le Monde,
13/12/2007
Raymond Serini
Nouvelle vague,
décembre 2007
Gérôme Guibert
Magic,
décembre 2007
Gilles Rof
Marseille l’Hebdo ,
octobre 2007
Éric Serva
Tapage nocturne – France Musique,
octobre 2007
Alesandro Michelucci
Traverses
Lionel Vicari
Ventilo
Paul Gontcharoff
L’éducation musicale
Vibrations
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