Parution : 22/01/2010
ISBN : 978-2-9153-7891-7 136 pages 14,8 x 21 cm 15.00 euros |
Joseph Ghosn
La Monte Young
une biographie suivie d’une introduction à la musique minimaliste
Cette musique déroule le temps lentement, se déplie et se déploie, mais ne se feuillette pas à la légère. Et elle est essentiellement un exercice de solitaire, ou en tout cas une musique que l’on écoute à la maison le plus souvent seul et lorsque l’on voudrait voir la nuit tomber très vite. Et tout La Monte Young tient bien dans cette impossibilité, cette inaccessibilité au monde qui contraste violemment avec les années deux mille, celles du désir de communiquer, de vouloir être connu, d’exprimer sa voix. Dans un monde où tout le monde peut avoir un blog ou faire de la musique grâce à des logiciels, La Monte Young est à la fois un anachronisme et un modèle : parfois, pour faire œuvre, il faut se faire oublier et laisser les autres œuvrer pour vous. Finalement, les disques de La Monte Young sont arrivés chez moi presque par hasard. J’en ai trouvé un, en CD, abandonné dans un rayon d’une Fnac. D’autres m’ont été trouvés ici et là, en France, en Allemagne, ailleurs, par des amis qui connaissaient ma passion dévorante pour tout ce qui touchait à ce compositeur et son histoire. Avec les années, j’ai acheté des exemplaires de son disque sur Shandar, de ceux qu’il a produits pour Pandit Pran Nath, trouvé quelques CD, dont des bootlegs assez somptueux. J’ai même possédé plusieurs exemplaires de chacun de ses vinyles, j’en ai offert, échangé, revendu, racheté, perdu, retrouvé, je ne sais plus. Mais parmi eux tous, il y en a un qui m’obsède plus que tous les autres. Il s’agit du Black Record, sorti en 1969 et édité à 2 000 exemplaires par Édition X, un label appartenant au galeriste munichois Friedrich Muller. Ce disque de bout de nuit, de bout du monde est encore disponible à la vente sur le site de l’artiste. Mais qui ne se sépare pas de ses exemplaires, signés, pour moins de 300 dollars pièce. Journaliste aux Inrockuptibles, où il a passé huit années à écrire sur la bande dessinée, l’électronique, le cinéma et le rock oblique, Joseph Ghosn est aujourd’hui directeur éditorial des sites de Condé Nast (Menstyle, Vogue, Glamour). Il croise ses obsessions musicales et graphiques sur son blog.
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La Monte Young, par le radicalisme de sa musique, à base de sons continus, par la rareté de ses disques et pour avoir frayé avec de futurs membres du Velvet Underground, est une figure mythique pour les adeptes de Pop expérimentale. L’ouvrage offre ainsi un rapide tour d’horizon de l’univers en expansion des drones et affiliés. Eric Deshayes
Site Néosphères,
février 2010
Un livre sur La Monte Young
Il est difficile encore aujourd’hui de saisir l’impact de La Monte Young sur la musique électronique et expérimentale. Joseph Ghosn, passé par la case Inrockuptibles pendant huit années à parler de musique, s’est penché sur l’une de ses idoles pour en dresser un portrait plus qu’une biographie, disponible depuis fin janvier. Le compositeur américain est souvent considéré comme l’un des précurseurs de la musique minimaliste et de la drone. Il représente aussi une énorme influence sur différents génies musicaux, John Cale du Velvet Underground en disant notamment : La Monte Young est probablement ce qui constitua le meilleur de mon éducation et de mon ouverture musicale. Lou Reed, Brian Eno, Andy Warhol et bien d’autres ont tous reconnu son impact incroyable. En dernière de couverture, l’auteur exprime en quelques lignes toute son admiration : La musique de La Monte Young n’a pas de codes comme la pop, ni de poses comme le rock. Elle déroule le temps lentement, se déplie et se déploie, mais ne feuillette pas à la légère. Impossible de la faire tenir dans un iPod, impossible non plus d’en parler dans les diners mondains. Essayez d’expliquer à votre voisin de table ou de bureau que vous écoutez un disque de La Monte Young, il commencera par ne pas vous comprendre, vous demander de répéter ce nom étranger, pour finir par se dire que vous n’êtes sans doute pas tout à fait normal. Une musique dont on pourrait presque dire qu’elle est politique tant elle ne cède en rien à aucun des des canons esthétiques et populaires de l’époque, refusant de se laisser enfermer dans un carcan temporel court et créant son propre système d’exploitation. Tsugi.fr,
février 2010
On a tous découvert des groupes à travers la musique, un groupe en amenant un autre, comme un jeu de domino qui nous fait remonter le temps. Joseph Ghosn a ainsi découvert La Monte Young dans le texte d’une pochette de disque de Spacemen 3. Il a creusé, et cette biographie (oserait-on biographie autofictionnelle ?) est autant une approche de la vie et de l’art (mystérieux) de cette figure centrale du minimalisme – qui a influencé tout le monde, du Velvet Underground à Glenn Branca -, que la quête musicale menée par l’auteur. C’est juste passionnant. Une rencontre avec l’auteur autour de son La Monte Young, publié par Le mot et le reste, aura lieu le 15 à 18h30 au Souffle Continu, Paris 11ème, avec comme invité un autre « descendant » de La Monte Young : Rhys Chatham, auteur d’une pièce pour quatre cent guitares. Renaud Monfourny
Blogs les Inrocks,
février 2010
Une fois évoquée sa première rencontre avec le compositeur (un nom au dos d’une pochette d’un disque de Spacemen 3) et donnés quelques exemples des affres avec lesquelles doit faire tout collectionneur de disques – assez naïfs pour sacrifier à l’ère du temps (manquait encore un souvenir de lycée), ces chapitres ne sont toutefois qu’une introduction au sujet (et un appât de quatrième de couverture) –, Ghosn peut exposer le parcours de La Monte Young (et celui de sa compagne Marian Zazeela). S’il pare au plus pressé, le texte est vif et complet, se chargeant en plus d’écrire en filigrane une histoire du minimalisme américain qui commande à d’autres figures d’intervenir : Terry Riley, Philip Glass, Maryanne Amacher, Rhys Chatham, Charlemagne Palestine… En amateur éclairé, Ghosn a la bonne idée de ne pas chercher à établir ici la moindre hiérarchie pour se concentrer davantage sur son portrait du musicien en créateur irréductible et en homme qui échappe toujours différemment aux convenances de son temps. Alors, la lecture est rapide, sans doute pour permettre au lecteur d’aller entendre la musique du compositeur – « Il est temps, dit-elle, de tout arrêter pour écouter, écouter, écouter » – et celle des références d’une discographie sélective du minimalisme proposée ensuite. Là, quelques manques (l’auteur privilégiant l’influence du minimalisme sur la pop ou la musique expérimentale au détriment de celle ayant touché quelques compositeurs et interprètes de musique contemporaine, par exemple), mais une autre bonne idée : celle d’aller voir au-delà de tout présupposé et conseille en conséquence d’aller chercher tel enregistrement d’Yves Klein, Alvin Lucier ou Oren Ambarchi, aussi bien que les inévitables pièces de Terry Riley, Steve Reich ou Phill Niblock. C’est pourquoi l’ouvrage fait figure d’introduction plus que satisfaisante aux répétitions de La Monte Young comme à une autre façon de penser la musique (et ses représentations). Guillaume Belhomme
Blog - le son du grisli,
février 2010
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