Parution : 20/02/2008
ISBN : 9782915378535 136 pages 21 x 14,8 cm 15.00 euros |
Guillaume Belhomme
Eric Dolphy
Illustrations
Le jazz n’est pas le domaine le plus prompt à fabriquer des idoles et rares sont les jazzmen à atteindre, même après leur mort, une notoriété dépassant le simple cercle des amateurs du genre. Eric Dolphy n’est pas de ceux-là. Bien sûr, il est des musiciens plus oubliés que lui, mais plus disposés, aussi – certains l’ayant même mérité –, à souffrir de l’oubli. Alors, de quoi aura manqué Dolphy pour venir grossir la liste courte des jazzmen élevés au rang de sommité? Les biographies ramassées que lui consacrent aujourd’hui anthologies et dictionnaires permettent de déceler quelques éléments de réponse. Ici et là, on lit pourtant les mêmes informations, en substance : « Eric Dolphy (1928-1964), musicien de jazz américain, multi-instrumentiste (saxophone alto, clarinette, clarinette basse, flûte), partenaire de Charles Mingus, John Coltrane, Ornette Coleman, auprès desquels il déploya un jeu baroque tiré du be bop et annonciateur du free jazz. Il meurt à Berlin, à l’âge de trente-six ans, des suites d’un diabète non diagnostiqué. » Ainsi, la carrière est fulgurante, le discours original, et la mort est belle. Trois facteurs qui plaident en faveur d’un statut de légende, mais trois facteurs insuffisants au vu des effets dévastateurs d’une autre de ses caractéristiques : l’indépendance. Comme peu, Dolphy aura en effet développé un discours assez particulier pour ne pas survivre à son auteur, ne pas permettre à d’autres de bâtir sur ses restes une école du geste ou un courant de pensée. Et l’originalité poussée au-delà des limites généralement acceptables aura vite fait d’obscurcir une pratique rare de plus.
Né en 1976 à Nantes, Guillaume Belhomme vit à Paris. Ancien collaborateur de Jazz Hot, il écrit aujourd’hui notamment pour les Inrockuptibles et dMute. Il est aussi musicien sous le nom de Gypsophile. |
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Une liste free par Guillaume Belhomme et Philippe Robert
Bien que nous ayons le même éditeur, Guillaume Belhomme, Philippe Robert et moi, ne nous sommes jamais rencontrés. Mais je corresponds régulièrement avec Philippe, qui avait fait une belle liste folk pour ce blog et dont le livre sur le folk anglo-saxon vient de sortir (et il est très recommandé : on y découvre des disques jusqu’alors inconnus et très attirants). Ensemble, ils font un fanzine autour du free jazz : Free Fight. Du coup, alors qu’ils préparent le numéro 2, je leur ai demandé une liste de leurs disques free favoris. Philippe Robert : “A l’initiative de Guillaume (Belhomme), à qui l’on doit trois ouvrages sur le jazz (une anthologie en deux tomes, une biographie d’Eric Dolphy), nous avons entrepris, lui et moi, d’explorer nos discothèques respectives à coup de chroniques d’albums plus ou moins rares que nous possédons en vinyle, et issus du free jazz ou de ses parages. A chaque texte correspondent des photos personnelles, comme autant de mises en abymes et de correspondances. Le résultat s’appelle Free Fight, This Is (Our) New Thing, c’est une petite publication A5 éditée à 100 exemplaires. On peut trouver sur le site du Souffle Continu les derniers exemplaires disponibles du premier tome. Le second volet paraîtra quant à lui en janvier et peut être pré-commandé directement sur www.lesondugrisli.com.” (...) JOSEPH GHOSN
josephghosn.wordpress.com,
11 décembre 2011
Éric Dolphy revisité
Une étude pertinente de Guillaume Belhomme arrive à point nommé pour sortir Éric Dolphy d’une sorte d’éclairage indirect. Nous gardons de lui l’image d’un jeune homme inquiet croisé dans les couloirs de la RTBF-Liège. Il allait y enregistrer une émission “Jazz pour tous”. Quelques mois plus tard, il mourait à Berlin à l’âge de 36 ans, des suites d’un diabète non diagnostiqué. Probablement par un génie médical méconnu. L’omniprésente survie de Coltrane a probablement oblitéré le rayonnement diffus de Dolphy, même s’il réunit toutes les conditions pour devenir un être de légende. A commencer par la pudeur exquise de mourir jeune. Ce saxophoniste alto, flûtiste et clarinette basse, instrument auquel il confia une attention que nul avant lui n’avait eue, avec une approche aussi imaginative. Demeurée pour lui un mystère, il définissait la musique en philosophe: «A peine écoutez-vous de la musique que c’est déjà fini ’. Il tentait de la retenir par des notes suspectes ou intermédiaires chantées par les oiseaux et qu’il assimilait à celles retrouvées dans la musique indienne. Ceux qui n’ont guère subi le choc de l’album “Outward bound” en 1960 n’auront qu’une connaissance fragmentaire d’une modernité dont les jeunes d’aujourd’hui assument l’héritage providentiel.
Marc Danval
Le Soir – Bruxelles ,
novembre 2008
Jacques Oger
Les Allumés du jazz ,
3e trimestre 2008
Philippe Renaud
Improjazz ,
juin 2008
Est-ce que sa trop brève existence pourrait expliquer/justifier cela. La parution (la seule en français à ce jour) et le contenu du livre de Guillaume Belhomme remettent enfin le musicien à sa juste place… aux côtés des plus grands. Rédigé de lisible façon, ce livre est une double aubaine : d’abord pour les jeunes amateurs désireux d’en savoir plus sur ce musicien ; ensuite pour ceux qui croient connaître tout, savoir tout (les multiples articles cités en bibliographie), l’occasion d’en connaître et savoir plus. Nombreux sont les détails sur les collaborations avec John Coltrane et Charles Mingus (les péripéties et démêlés de la tournée européenne de 1964) et sur la fin de vie de ce musicien qui, à la flûte, disait tellement vouloir évoquer le chant des oiseaux et fit de l’improvisation un étourdissant gazouillis. Jacques Chesnel
Sitartmag ,
mars 2008
Jazzapart
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