Parution : 15/06/2003
ISBN : 2-915378-02-9 92 pages 21 x 14,8 cm 13.00 euros |
Raymond Federman
Future concentration
Édition bilingue américain/français
Future Concentration rassemblent bribes, instants poétiques, qui laissent apercevoir peu à peu la figure de Raymond Federman telle un « chemin pierreux » et chaotique. Il donne à voir, par jeu d’alternance entre première et troisième personne, un enfant marqué par l’ « humiliation en jaune », un vagabond exilé de l’autre côté de l’Atlantique ou encore un homme de soixante ans qui s’interroge de la peur de mort.
Future Concentration constitue la première anthologie des poésies de Raymond Federman, une écriture singulière relevée d’un zeste d’humour noir. « Raymond Federman, digne père de la jeune avant-garde littéraire française. » Thomas Clerc, Les Inrockuptibles, mars 2003. « Voilà les Français bien embêtés, avec un écrivain majeur qui travaillait dans leur dos depuis 40 ans et qui déboule tout d’un coup avec une brouette d’œuvres complètes » Eric Loret, Libération, 25 mars 2004. Né en 1928 à Paris, Raymond Federman vit aujourd’hui à san Diego (Californie). Écrivain bilingue—romancier, poète, critique, traducteur, surfictioniste, critifictioniste, ancien parachutiste, golfeur fanatique, joueur de roulette, champion de natation, Federman est l’auteur de plus de deux douzaines de livres. Ses romans ont été traduits en 14 langues. « Le 16 juillet 1942, 4.115 enfants juifs sont séquestrés au Vélodrome d’hiver à Paris avant d’être dirigés vers les camps de la mort. Raymond échappe à cette rafle. A l’arrivée de la police, sa mère le cache dans un débarras. Prise en même temps que le reste de la famille, elle disparaîtra à jamais. Dans un monologue halluciné, Raymond rapporte le dernier mot murmuré par sa mère : le mot “chut” : une impérative interdiction de parler qui, paradoxalement, a fondé tout un art de raconter. » Arte, Métropolis, 2005 « Notre sœur (à sa mémoire)
mon frère me dit-elle dans le noir de très loin écris le poème que je vais te murmurer mais il a peur que les mots ne sortent pas comme il faut mon frère me dit-elle de son petit tas de cendres quand tu traversas l’océan et que tu as eu le mal de mer est-ce que tu as été malade pour moi aussi mon frère me dit-elle parmi les feuilles mortes quand tu es tombé amoureux pour la première fois et que tu as ressenti en toi le grand frisson original que tout s’est mis à tourbillonner est-ce que tu t’est senti heureux pour moi aussi. » *** « Humiliation en jaune ma mère pleurait en silence ce jour d’hiver froid pendant qu’elle cousait sur tous nos vêtements l’humiliation jaune puis elle me dit les yeux secs maintenant tandis qu’elle m’aidait à enfiler mon manteau souillé pour aller à l’école laisse pendre ton écharpe dessus comme ça personne ne remarquera * Les deux côtés d’un côté les trains roulent dans la nuit tunnel aux fours tout au fond de l’Europe de l’autre côté le métro s’élance dans le grand vagin triangulaire de l’Amérique * Point d’exclamation imaginez un instant que je suis le dernier homme sur terre me voyez vous alors debout au bord du précipice de l’histoire comme un point d’exclamation à la fin de la dernière phrase du discours humain » |

