Le Mot et le reste
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À paraître
Journal des canyons
Parution : 22/03/2012
ISBN : 978-2-36054-043-3
272 pages
148 x 210
18.00 euros
Arnaud Devillard
Journal des canyons
Sur les traces de l’écrivain et écologiste américain Edward Abbey, Arnaud Devillard chronique au jour le jour son périple aux États-Unis. Mais les paysages qu’il découvre ne sont pas exactement les espaces presque vierges des années soixante… Entre les descriptions tragi-comiques du trajet le long de la route 66 au mythe terni depuis longtemps et ses errances sur les parkings immenses des grands parcs, Arnaud Devillard nous livre mille anecdotes sur Abbey, l’histoire des États-Unis, la musique et les films américains. Journal des canyons est un récit de voyage plein d’humour et d’autodérision, drôle et rafraîchissant, qui prend à contre-pied les figures imposées du road movie et aborde la question de l’écologie avec le sourire.
Arnaud Devillard est journaliste. Il collabore à plusieurs revues d’analyses de films (Tausend Augen, Eclipses). Il est aussi coauteur de deux livres sur le cinéma et il a écrit plusieurs articles sur le sud-ouest américain et les livres d’Edward Abbey.
EXTRAIT
Quarante ans après Désert solitaire, nous voilà donc partis, Cécile et moi, à l’été 2008, dans ce désert de pierre immense, accidenté et coloré. Je fais partie de ces gens qui ont la tête pleine de westerns, de guitares blues, de road movies. J’ai même dû un jour, si je ne me mens pas, fantasmer de porter des vestes à franges et des moustaches en guidon de vélo comme Wild Bill Hickok ou un guitariste de rock sudiste, et tout cela m’habite depuis tellement de temps que je ne sais plus quand ni comment c’est venu.
Revue de presse
- Consulter Agnès Léglise ROCK&FOLK, mai 2012
- Consulter Émission Easy Rider PFM Radio, 8 avril 2012
- Consulter Lionel Bedin ÉCRIVAINS-VOYAGEURS, 8 avril 2012

Voyage ô combien plus vaste géographiquement pour un bouquin aux beaucoup plus modestes ambitions, ce journal de marches dans des parcs américains sur les traces de l’écrivain et écologiste Edward Abbey réussit le petit prodige de nous emmener dans cette épuisante promenade avec une aisance et une jubilation rares. L’auteur, Arnaud Devillard, Français nourri dit-il de westerns, de road-movies et de guitares blues, marche ici dans les pas d’Abbey, cet excentrique et magnifique emmerdeur activiste qui prédisait dans les années 70 les hordes de visiteurs à l’assaut d’une nature de moins en moins vierge que nous connaissons aujourd’hui et dont les derniers mots ”no comment” à l’issue d’une vie agitée et contestatrice résument bien l’humour et le non-conformisme réjouissant de cet ”eternally cranky sonofabitch” que ses amis escamotèrent après sa mort (comme Gram Parsons, cet autre allumé) et enterrèrent clandestinement avec un pack de bières, quelque part dans la Cabeza Prieta, en Arizona, face à ces paysages pour la préservation desquels il se battait farouchement.
Mais cet épatant livre ne se résume pas à cette nostalgique ballade. De motels à touristes en guérites à rangers, Devillard et sa belle arpentent littéralement les sentiers les plus poussiéreux de ces véritables monuments américains que sont les parcs naturels et le récit — haletant, il fait très chaud et ça grimpe sec — de ces incursions en territoire indien ou dans des cafétérias bondées se lit avec délectation et un sentiment d’évasion unique. “Sweet Home Alabama” partout, Cimino, les fantômes des Mescaleros disparues à Bosque Redondo, Townes Van Zandt, John Wayne ou Cash reprenant Dylan marcheront avec le lecteur dans cette athlétique ballade savante et écolo totalement dépaysante que l’érudition discrète, l’humour et la tendre attention de l’auteur à la nature magnifique et à ses habitants originaux rendent tout à fait captivante.

ROCK&FOLK

Agnès Léglise
ROCK&FOLK, mai 2012
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Un autre livre, d’un éditeur qu’on aime beaucoup dans Easy Rider, Le Mot et Le Reste, éditeur marseillais qui sort cette fois-ci Journal des Canyons d’Arnaud Devillard, dans la collection “Attitudes”.
Ça raconte l’histoire d’un mec, donc, Arnaud Devillard, et de sa nana, qui décident de partir l’été 2008 sur la route des canyons aux États-Unis, parce qu’ils sont très fans d’un bouquin qui a été écrit une quarantaine d’années plus tôt par Edward Abbey, Désert Solitaire. Edward Abbey était tombé complètement amoureux de tout cet Ouest américain fantasmé, mais il en avait déjà décrit les problèmes touristiques, ça commençait déjà à se dénaturer à cette époque-là.
Ils décident de refaire la même route pour se rendre compte que bien sûr, aujourd’hui, c’est encore pire. C’est assez rigolo, la description du Grand Canyon avec ses centaines d’hôtels, ses quatre millions de visiteurs par an, Las Vegas qui apparait comme la Sin City, la ville du péché, et qui n’est autre aujourd’hui qu’une ville avec des touristes en tongs et bermudas, une sorte de Disneyland pour adultes.
Le livre est très influencé musicalement, il cite Gram Parsons, Steppenwolf, Frank Zappa aussi, enfin tous les gens de cette époque. C’est un très bon road-movie, je le conseille vraiment parce que ça se lit extrêmement bien, très vite, et que c’est très bien fait.

RADIO PFM

Émission Easy Rider
PFM Radio, 8 avril 2012
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C’est en 2008 qu’Arnaud Devillard – et Cécile – partent en touristes dans les fantastiques paysages désertiques des États-Unis, dans les pas d’Edward Abbey (1927–1989), personnage emblématique et contestataire, le plus célèbre des écrivains écologistes de l’Ouest américain, auteur notamment en 1968 de Désert solitaire. Le Journal des canyons est le récit de ce voyage : Arnaud Devillard nous raconte simplement, au jour le jour, comment ça s’est passé. Un récit assez marrant, mais qui finit pas donner un sentiment un peu tragique, par (me) mettre mal à l’aise : qu’est-ce que c’est que ce cauchemar ? Comment pouvons-nous nous faire piéger ainsi ? Comment faire ? Comment ne pas avoir envie d’aller voir ce qui est présenté – et qui est sans doute réellement – comme des merveilles de la nature ? Le problème c’est que tout le monde détient la même information, part avec le même besoin plus ou moins créé, le même guide, le même créneau dans le temps. Et qu’à l’autre bout les vautours attendent de pied ferme la masse – la manne – des touristes. Et que ça devient un enfer.

Après une escale à New York et, déjà, un rappel de quelques égarements dans lesquels notre société semble se complaire, puis un passage obligé à Las Vegas, pire encore, là où « même l’illusion est une illusion », nos deux touristes prennent la route dans un « désert de poussière gris-rose » et arrivent en Arizona, le pays du « désert intuitif et sans peine. Rentable aussi. » Edward Abbey disait que « les parcs nationaux n’ont pas besoin de routes de macadam, de complexes hôteliers, de gaz d’échappement, d’embouteillages et de bateaux de plaisance à moteur. » C’est exactement ce que les touristes trouvent en arrivant dans l’Ouest des États-Unis. Quarante ans après Désert solitaire « les parcs nationaux sont devenus des parc d’attractions, des centres commerciaux, l’argent gouverne tout et tout le monde. » Le Parc national de Zion, l’Arizona, Le Lake Powell, les Canyonlands et la Colorado river, Moab et les Arches, les vestiges anasazis de la Mesa Verde, Petrified Forest, Monument valley – dont la visite, épique, est l’un des morceaux de bravoure de ce récit… Certainement des endroits magnifiques, assurément une nature exceptionnelle, mais il faut bien le dire : « la seule aberration, ici, c’est notre présence. » Surtout celle de milliers de personnes au même moment.

Une fois quitté le motel, avalés les kilomètres sur la Highway – Utah, Colorado –, garé le gros 4X4 de location – il n’y a pas de petites voitures aux USA ? – et parcourus, sous un soleil accablant, les premiers hectomètres des sentiers balisés – parfois goudronnés – il faut reconnaître que les paysages sont grandioses – et qu’en un sens il est normal qu’ils soient accessibles. Ces « mondes inconnus, qui ne sont pas à notre échelle », cet « océan de grès rouge et rose », cette « brutalité statique », ces « points de vue sur la plus démente des sauvageries », sont courants ici où « tout est trop grand, trop fruste, rien ne correspond plus à des souvenirs de grand ou petit écran. »

Ce récit de voyage d’une virée aux US est une vive dénonciation – sur un mode très humoristique et avec beaucoup de dérision – du tourisme de masse, de son organisation et de sa récupération. On y parle aussi d’écologie, de musique – de country music – de cinéma (Kevin Costner), de littérature « voyageuse » (Hillerman, Isabella Bird, John Muir…) et de l’histoire de ces « terres indiennes » des Hopis, des Anasazis, des Navajos. Bref : d’une grande partie de ce qui fait la « culture » américaine. Alors, y aller ou pas ? Peut-être la littérature suffit-elle…

Les premières lignes : « Moab, Utah. Nous arrivons du nord-ouest par la State Highway 191. L’entrée du Arches National Park, un pont sur la Colorado River et la route devient Main Street. De part et d’autres, une enfilade ininterrompue d’agences de location de VTT, moto-cross, quad, des organisateurs de balades à dos de mule, en bus, en jeep, en raft. Des restaurants, des motels. Des magasins d’accessoires de randonnée. Des bars, des hôtels. Et là, une librairie indépendante, Back of Beyond books, nom emprunté à une raison sociale fictive que l’on trouve dans les pages d’un livre de Edward Abbey. »

ÉCRIVAINS-VOYAGEURS

Lionel Bedin
ÉCRIVAINS-VOYAGEURS, 8 avril 2012
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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net