Parution : 05/04/2012
ISBN : 978-2-36054-041-9 400 pages 148 x 210 25.00 euros |
Philippe Paringaux - Christophe Quillien
It’s only rock’n’roll et autres bricoles
Introduction de Christophe Quillien.
Ce livre reproduit le meilleur des chroniques de Philippe Paringaux parues de 1968 à 1974 : Miles Davis en concert à Paris, Woodstock et l’île de Wight, sans oublier Bath ou le Montreux Jazz Festival, les concerts des Stones et du Led Zep, la mort de Brian Jones, les Who… Bref, sont restitués ici des grands moments de l’histoire du rock, vus par un exégète de la pop qui sait avouer, preuve de son talent, que « jamais la musique des mots, en admettant qu’on sait la jouer juste, ne remplacera la vraie musique, celle des notes ».
Enlevé, percutant et instructif. Longtemps rédacteur en chef du magazine Rock & Folk, Philippe PARINGAUX, critique de la pop music à la plume incomparable, a marqué une page de l’histoire du rock et du journalisme.
EXTRAIT
“Philippe Paringaux était une star. Avec ses cheveux longs, ses pantalons de velours et son éternelle cigarette, il ressemblait à un dandy rock’n’roll mâtiné de voyou et correspondait parfaitement à son époque. Dans ses textes, il y avait une espèce de générosité révoltée. J’aimais son écriture très déliée qui avait amené certains à la qualifier de Chateaubriand du rock. Paringaux employait un style classique pour parler d’un sujet qui ne l’était pas du tout. Nous, les lecteurs de Rock’n’Folk, nous n’avions que notre chaîne stéréo et quelques disques, mais nous avions décidé de faire de cette musique notre destin. Pour nous, Paringaux était un passeur.” (Philippe Manoeuvre) |
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Attentio, mythe !
Une plume légendaire de la critique rock française compile ses meilleurs articles. Attention, mythe ! Serge Kaganski
LES INROCKUPTIBLES,
16 mai 2011
Introduit par Christophe Quillien, déjà auteur d’un livre sur l’histoire de Rock & Folk, It’s Only Rock compile les écrits et chroniques de Philippe Paringaux, son rédacteur en chef, publiés entre 1968 et 1974. Fin styliste capable de citer Baudelaire dans un papier sur Miles Davis, Paringaux doublait sa clairvoyance pop d’un délicat vernis littéraire. Ses fameuses mini-nouvelles Bricoles éclairaient les pages de l’institution de la presse rock hexagonale. Quarante ans plus tard, les comptes-rendus de sa visite à Wight 70, de sa fascination récurrente pour Dylan, Led Zeppelin et les Stones (voir sa chronique à chaud d’Exile on Main Street) et de sa perplexité devant le concert de David Bowie à Earls Court en 1973 continuent de ravir les amateurs de rock critic exigeante et lettrée. LE ROCK,
mai 2012
A moins que vous ne possédiez les 81 premiers numéros de Rock & Folk, ce livre est un compagnon nécessaire. Philippe Paringaux qui en fut le rédacteur en chef y composa, entre 1968 et 1973, de véritables fresques qui ne devaient rien à la musicologie car elles étaient instruites par une écoute et un regard sensibles. Ses modèles d’écriture, il les avait trouvés dans Jazz Magazine et principalement en lisant Alain Gerber. Il inventera une nouvelle langue pour évoquer Frank Zappa, Miles Davis, le Festival de Bath, les Beatles, Moondog ou encore Otis Redding, celui par lequel il entrera en littérature. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Philippe Paringaux est un lecteur passionné et son bagage considérable devait transporter toutes les fines plumes du XIXème siècle. C’est un constat que l’on fait en suivant le fil de ses phrases qui s’origine dans une bibliothèque. Jacques Colin qui lui succédera dans les années 1980 rappelle la puissante impression qu’avait produit sur lui Rose Poussière de Jean-Jacques Schuhl et Femina Marquez de Valery Larbaud. Ses Bricoles qui ne tenaient guère compte de l’actualité musicale témoignent de son intention : Philippe Paringaux se vivait d’abord comme un écrivain. Rock & Folk était son scriptorium. Guy Darol
Rien ne te soit inconnu,
4 mai 2012
Paringaux cat go !
La presse a été fondamentale dans mon apprentissage culturel, journalistique et politique. Bien calé au fond de la classe, près du radiateur, lycée Buffon, je lisais Rouge, Libé (première époque !), Actuel (où écrivaient certains Bernard Zékri ou Michel-Antoine Burnier), les Cahiers du cinéma, Best (où officiait le Dordor d’or), Pilote avant de rentrer chez moi feuilleter le grand quotidien du soir auquel était abonnée ma mère. Tout en haut de mon panthéon de papier trônait, indélogeable, Rock&Folk. Sa maquette de classe, son épaisseur, son icono, et surtout, sa haute teneur en grandes signatures. Avec Philippe Manoeuvre, on rigolait, avec Alain Dister, on révisait, avec Philippe Garnier, on voyageait, avec Yves Adrien, on était percuté par le style et on vivait le rock avec trois coups d’avance, puis plus tard, avec Laurent Chalumeau, on rigolait, révisait et voyageait… Rock&Folk, c’était écrit. En tout petit dans l’ours figurait le nom de Philippe Paringaux. A l’époque où je dévorais R&F (75–85), Paringaux en était le rédacteur en chef mais n’écrivait plus. Du moins il ne signait plus de papiers. Mais vu sa fonction, on pouvait deviner qu’il rédigeait les sommaires, chapos, légendes photos. Et puis il était le traducteur des textes de Nik Cohn accompagnant les dessins de Guy Pellaert dans le fabuleux Rock Dreams. Enfin, Paringaux légendait magnifiquement les superbes dessins-peintures-photogrammes de Loustal. Paringaux-Loustal, quelle doublette ! Cadres dépeuplés, textes haïkus, mais tellement chargés de rêverie, de fantômes, de hors-champ ! J’avais droit à quelques gouttes du talent de Paringaux, j’en aurais bien bu des bouteilles cul-sec mais la source semblait tarie, ayant écoulé l’essentiel de son jus dans les années 68 – 73. Ma soif est enfin étanchée : ces textes mythiques de la préhistoire de la rock critique française sont enfin réunis dans un recueil qui vient de paraître : It’s only rock’n’roll et autres bricoles (Le Mot et le Reste), 400 pages de Paringaux. Première impression, mais je m’en doutais : Paringaux écrivait bien, mais dans une langue assez classique, claire et déliée. Chez lui, pas d’anglicismes, d’argot, de style parlé, de formules claquantes, pas de ces pirouettes langagières qui épiçaient souvent le style de ses collègues. Paringaux ne bousculait pas la langue française mais la servait sobrement, et s’en servait talentueusement pour projeter des sensations, des émotions, des idées aussi, esthétiques et politiques. Conscient de la difficulté de la mission du critique rock, il disait souvent que les mots étaient impuissants à transcrire la musique, abstraction sensuelle. Mais c’est aussi cette impuissance et les mille façons de la dompter qui font la beauté de ce métier, et les textes de Paringaux en sont la preuve. Ces articles de Paringaux nous emmènent dans de grands festivals mythiques (Ile de Wight, Montreux…), dans l’intimité de Led Zeppelin, dans des conversations au long cours avec Mick Jagger ou Léo Ferré, ou dans une virée nocturne parisienne avec Miles Davis. Epoque innocente où les stars de la musique étaient facilement accessibles. Ses critiques de disques montrent un auditeur sensible et lucide, qui repère assez tôt le génie de Neil Young, la singularité tranchante du Velvet et de Lou Reed, ou la puissance abîmée de la grande Karen Dalton. Paringaux était plus un émotionnel qu’un analytique et c’est dans la rubrique « Bricoles » que son romantisme désenchanté, son dandysme vaguement détaché, sa plume habitée transparaissaient au mieux. Loin de l’agenda de l’actu, Paringaux remplissait cet espace avec ce qu’il faut bien appeler des nouvelles, textes infusés de mythologie noire, emplis d’élégantes volutes de fumée, racontant une histoire, un moment, une émotion, une ambiance, par lesquels il accédait au statut d’écrivain. Père fondateur de la rock critique, Philippe Paringaux est aussi à ce titre l’un des grands oncles de la presse contre-culturelle des cinquante dernières années. Pourtant, cette figure séminale est aujourd’hui peu connue, voire oubliée. Paringaux y a sans doute mis du sien : alors que ses camarades de la classe R&F ont publié des livres, écrit dans d’autres médias, poursuivi des carrière à la télévision ou au cinéma, lui est resté très discret, retiré on ne sait où, quasi absent des médias. Il scénarise parfois une bd, a écrit un roman (Blues blanc) mi-raté, mi-splendide, mais se tient globalement à l’écart du buzz ambiant, sans doute fidèle à son éthique, à sa nature profonde de solitaire désabusé, toujours imprégné de nostalgie, rongé par la maladie des paradis perdus (il a d’ailleurs aussi écrit des textes de chansons pour Christophe). It’s only rock’n’roll est un bon moyen de découvrir le meilleur de son travail et de regagner le paradis des années mythiques du rock. Serge Kaganski
Les Inrocks.com,
10 mai 2012
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