Parution : 18/11/2010
ISBN : 9782360540112 750 pages 14,8 x 21 cm 28.00 euros |
Guillaume Kosmicki
Free Party
Une histoire, des histoires
Photos
CD audio La free party est la branche clandestine et radicale de la rave. Issue d’Angleterre, profondément liée à des modes de vie nomades et alternatifs, elle s’est agencée comme une véritable contre-culture dans les années 90. C’est en France et en Tchéquie qu’elle a connu son plus fort développement jusqu’à un âge d’or, au terme de la décennie, suivi d’une répression violente dans les années 2000. Pourtant, aujourd’hui, plus de quinze ans après ses débuts discrets, de nombreux jeunes s’investissent encore dans l’aventure. Ils créent leurs sound-systems, organisent des teufs légales ou illégales et partent en voyage toujours plus loin pour diffuser leur mode de vie et leur musique.
Au travers d’une quarantaine de témoignages, l’ouvrage propose, sans aucune hiérarchie entre les intervenants, à l’image de l’utopie de la free party, de montrer comment elle a changé leurs vies et orienté leurs choix. Réalisés sur un panel varié de représentants du mouvement (des anciens, des nouveaux, des figures historiques, des anonymes, des organisateurs, des teufeurs engagés, des musiciens, des cuisiniers, des doux rêveurs, des activistes, des touche-à-tout etc.), ces entretiens entraînent dans un monde de voyages, de rêves, d’utopies, de passion, de galères. Sans masque, les témoins se livrent et offrent des récits très denses et riches d’émotion à l’auteur qui a vécu lui-même ce mouvement de l’intérieur. Né en 1974, Guillaume Kosmicki, musicologue, est enseignant-conférencier, spécialiste du phénomène techno à travers les raves et les free parties. Il est également musicien sous le nom de Tournesol et participe au collectif Öko System. |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]()
BULLES NOIRES
Dans son émission du 15 octobre, Stéphane recevait Guillaume Kosmicki pour parler d’Hakim Bey, de raves et de musiques électroniques. Lien permanent pour réécouter l’émission Stéphane Allégret
RADIO LIBERTAIRE,
15 octobre 2011
L'ATELIER DU SON
Dans la deuxième partie de l’émission, le musicologue Guillaume Kosmicki revient sur les Sermons radiophoniques d’Hakim Bey, qui paraissent aux éditions Le Mot et le Reste et dont il signe l’introduction. Hakim Bey, théoricien américain, inventeur du concept de “Zones d’autonomes temporaires”, explique ici “l’immédiatisme”, ou l’art comme jeu quotidien. Guillaume Kosmicki explique en quoi la parole d’Hakim Bey entre en écho avec les free parties et la musique électronique. L’Atelier du son THOMAS BAUMGARTNER
FRANCE CULTURE,
16 septembre 2011
EMISSION SPECIALE
ÉMISSION SPÉCIALE autour de « FREE PARTY » de GUILLAUME KOSMICKI Après le passionnant “Musiques Électroniques” dont nous vous avions déjà parlé sur ces ondes, “Free Party, une histoire, des histoires” est le nouveau livre de Guillaume Kosmicki, toujours aux excellentes Éditions Le Mot Et Le Reste. À l’occasion de la sortie de cette somme inédite et documentée sur un mouvement alternatif qui a connu en France des évolutions contrastées, l’auteur rencontrait Raff (OQP / Sound Conspiracy), Zool (Metek) et Mrik (I.O.T. Records), trois acteurs de la Free Party interviewés dans son livre. La rencontre, organisée au Daki Ling à Marseille et suivie d’un DJ set de Feud’jay (I.O.T. Records), était animée par Robex pour Radio Grenouille qui a également réalisé cette émission spéciale. Pour réécouter l’émission : Robex
RADIO GRENOUILLE,
14 juin 2011
RAVE, STORY OF A DREAM
RAVE, STORY OF A DREAM > LE 6 AU CARGO DE NUIT (ARLES) Fin 2010 sortait sur les éditions Le mot et le reste un superbe livre entièrement consacré à l’histoire des raves, Free party : une histoire, des histoires. J SA
VENTILO n°280,
mai 2011
Entretien avec Guillaume Kosmicki
*Agents d’entretiens, le portail d’interviews pour balayer les idées reçues, a interrogé Guillaume Kosmicki. Enseignant et conférencier, Guillaume Kosmicki est un spécialiste des musiques électroniques, dont les deux ouvrages parus sur la question (Musiques électroniques – Des avant-gardes aux dance floors et Free parties – Une histoire, des histoires) font figure de références pour tous les aficionados de ce courant musical si intimement lié à la fête. De la théorie à la pratique, il n’y a qu’un pas que l’enseignant franchit volontiers en troquant sa tenue de conférencier pour celle de DJ Tournesol, son pseudo une fois la nuit tombée. En cette période estivale qui voit fleurir comme des champignons magiques les plus gros festivals de musiques électroniques, il était donc de rigueur de faire un tour d’horizon sur la techno d’hier, d’aujourd’hui et de demain, afin de mieux comprendre l’engouement exponentiel pour ce mouvement qui se veut d’abord libertaire. En piste ! À quelle période les premières musiques dites électroniques sont-elles apparues ? Pour consulter l’intégralité des échanges avec Guillaume K. sur les musiques électroniques et les free parties : Agents d'entretiens
Agents d'entretiens,
mai 2011
interview
Qu’est ce qui t’a poussé à vouloir raconter l’histoire des free parties ? Ça fait longtemps que je suis concerné par le sujet. Lors de mes premières raves et de mes premières free parties, en 1994–1995, j’étais aussi étudiant en musicologie. Un prof (Jean-Marie Jacono) m’a proposé de mener une maîtrise sur le sujet l’année suivante, sous sa direction. J’ai accepté et j’ai endossé dès lors deux casquettes : celle du teuffeur (parce que ce mouvement me parlait vraiment et que j’y sentais des réponses à mes aspirations) et celle du chercheur, et puis bientôt trois, avec celle de musicien (sous le nom de Tournesol, au sein du collectif Öko System). Ça a été le cas pendant de nombreuses années ensuite, et j’ai eu l’occasion d’écrire un certain nombre d’articles sur la question, de 1997 jusqu’à aujourd’hui. Je n’ai donc jamais cessé de m’y intéresser. C’est mon éditeur, Yves Jolivet (Le Mot et le Reste), avec qui j’avais déjà travaillé en 2009 pour « Musiques électroniques : des avant-gardes aux dance floors », qui m’a lancé sur ce nouveau livre. On a élaboré ensemble le projet. il s’agissait de ne pas écrire un livre universitaire, ni de le saupoudrer d’analyses sociologiques, mais bien de laisser parler des acteurs, non anonymes, sans masque et sans sujet tabou, de leur propre expérience dans le mouvement. Ça fait des années qu’ils ne se montraient pas au grand jour, de par la nature clandestine du mouvement. Aujourd’hui, alors que bien d’entre eux avaient changé de voie, ils se sentaient beaucoup plus de s’exposer ainsi. Le but était aussi de montrer comment ce mouvement avait influencé leur vie, en fonction de ce qu’ils faisaient aujourd’hui (et malgré des parcours très variés). Comment as tu choisi les intervenants? Tout cela s’est basé sur la confiance. J’ai longuement expliqué le projet à chacun d’entre eux, je leur ai bien dit ce que je comptais en faire, c’est à dire pas du tout un travail de journaliste, mais un vrai recueil de témoignages sincères, sur des données brutes : ce qu’ils accepteraient de me livrer. Je les remercie vraiment de ce qu’ils m’ont fait passer. Au départ, j’avais tablé sur une quinzaine de témoins. Je souhaitais un panel varié, à l’image de la free party, sans hiérarchie : des personnages « historiques » comme des anonymes, des musiciens, des membres de sound-systems, connus et plus discrets, des anciens, et des (très) nouveaux, des électrons libres, des cuisiniers etc. Rapidement, le panel est passé à 20, puis à 30, et j’ai dû me faire violence pour m’arrêter à 43 témoins en tout… Certains me disaient ne pas du tout se sentir « représentatifs » de la chose, mais justement, tout le monde l’est au même titre, c’est bien là l’objet de ce livre, où l’on trouve des membre de la Spiral Tribe, des Heretik, de Sound Conspiracy aux côtés de bergers, de squateurs, de performers… (...) Pour consulter l’intégralité de l’interview, rendez-vous sur le site Desperate bloglife Desperate bloglife,
mai 2011
NON, LE MOUVEMENT TECHNO N'EST PAS MORT
1995–2005, la ” Techno ” emmène avec elle des centaines de milliers de jeunes en quête de nouvelles sensations danser dans les champs sur du gros son. Aujourd’hui, le mouvement ne fait plus la une de l’actualité, remplacé récemment par le phénomène des apéros Facebook. Qu’en reste-t-il ? L’Âge d’or en Bulgarie Des fêtes plus petites Marion ABLAIN
OUEST FRANCE,
vendredi 22 avril 2011
Une histoire, des histoires
S’il vous arrive d’avoir des difficultés à trouver le sommeil après un after trop chargé je ne serais trop vous conseiller la lecture de ce passionnant ouvrage. Guillaume Kosmicki qui est musicologue de son état nous propose un livre de témoignages sur l’aventure des free partys en France.Tout y passe, des mythiques début avec les « Spiral Tribe » en passant par l’explosion du mouvement à l’aube des années 2000. En complément vous pouvez regarder l’excellent documentaire sur le Heretik sound system baptisé ” We Had a Dream ”. ajout de ShitWalker Et avant de lire le bouquin vous pouvez aussi regarder le documentaire « World Traveller Adventures » 4 docus suivants les aventures humanitaires des posse/soundsystem Tomahawk, I.O.T et Teknokrates vers l’Afrique, des Desert Storm vers la Bosnie, du Sound Conspiracy vers Goa, et un docu sur l’histoire des pionniers Spiral Tribe. Très bonne intro avant de s’attaquer au pavé car vous retrouverez certains acteurs dans les 2 supports. On vous a mis les vidéos à la suite du billet, on est cool. Pour repasser au livre, j’insisterai sur l’objectivité et la franchise de ces témoignages. On y retrouve les fameux Spiral Tribe, Kanyar, Tomahawk, Heretiks, DFaze, les Galettes Bretonnes et bien d’autres ainsi qu’une chronologie complète des tekos et évènements marquants l’histoire du mouvement. Un vrai condensé qui vous permettra, peut-être, d’enfin différencier le traveller et sa recherche d’un mode de vie autonome, et le teufeur, qui vient faire la fête en panoplie et qui n’a pas toujours aidé le mouvement. La traduction du mot free n’ayant pas la même signification pour tout le monde. Bouquin recommandé. Sur le site, des vidéos en ligne : Oh Gosh Hub ShitWalker & Sherlock
Oh Gosh,
avril 2011
Electron, toujours plus libre
FESTIVAL Visionner le clip promotionnel d’Electron, c’est prendre la mesure d’un événement qui, sans les déserter, déborde largement les pistes de danse pour s’élancer dans toutes les directions, des plus ludiques aux plus pointues. Comment résumer un festival qui condense en un week-end de Pâques pas moins de 120 propositions internationales – musique, danse, cinéma, conférences et ateliers confondus ?(...) LE ” BEAT ” ET L’UTOPIE (propos recueillis par Benoît Perrier) Pour consulter l’intégralité de l’article : Le Courrier Rodéric Mounir et Benoît Perrier
Le Courrier,
21 avril 2011
C’est le deuxième livre de Guillaume Kosmicki sorti chez Le Mot et le Reste, et il traite d’un sujet proche du précédent. Le format, cependant, est différent. Après nous avoir retracé toute l’histoire des musiques électroniques, après avoir voulu être exhaustif, l’auteur s’est intéressé plus en détail à l’une de ses manifestations les plus notables, la free party. Free Party est le deuxième livre de Guillaume Kosmicki chez Le Mot et le Reste, et sa thématique est proche du précédent. Le format, cependant, est tout à fait différent. Après nous avoir présenté l’histoire des musiques électroniques en un très large panorama, l’auteur a pris sa loupe et s’est intéressé plus en détail à l’une de ses manifestations les plus notables et les plus spectaculaires, la free party. Aussi, dépassant sa démarche de musicologue, il s’intéresse à tous les aspects de ce mouvement, sociaux, légaux, politiques, esthétiques, il se penche sur le vécu de ses principaux acteurs (oui, les vrais acteurs, et non les simples consommateurs), bien plus que sur leur musique. Surtout, plutôt que d’adopter le ton neutre de l’universitaire, Kosmicki conjugue ce nouvel ouvrage à la première personne, en en faisant le très long recueil (600 pages !) d’interviews d’activistes de la mouvance des free parties, de témoignages discrètement introduits par quelques éclairages, et accompagnés d’un lexique, d’une chronologie, d’une bibliographie et même d’un CD audio. De fait, respectueux des parcours individuels, conscient de la grande diversité qui a caractérisé les gens qui ont fait vivre les free parties en France et ailleurs, Kosmicki semble avoir renoncé à tirer de leurs dires des enseignements généraux, il n’a pas voulu les trahir, il s’est voulu simple témoin. Il y a toutefois une logique dans l’agencement de tous ces propos. Ceux-ci sont regroupés en chapitres, lesquels traitent de tel ou tel thème, de tel ou tel sound system, de tel ou tel Teknival particulièrement marquant. Et le tout est disposé dans un ordre chronologique, racontant ainsi une sorte d’histoire en plusieurs épisodes : d’abord l’élément déclencheur qu’a été l’arrivée en France de Spiral Tribe ; ensuite, les pionniers, l’underground, les premiers sound systems ; puis le succès et l’exposition médiatique, entrainant l’irruption des politiques dans le champ autrefois préservé des free parties ; surviennent alors les déceptions, les réactions désabusées et la nostalgie de ceux qui ont été à l’origine du mouvement ; avant que n’arrive la relève, la nouvelle génération, puis d’autres pistes à explorer, comme les multisons, ou ces grandes expéditions en dehors de l’Europe. Et ce grand récit à plusieurs voix se laisse lire. Car même si, comme votre serviteur, on ne s’est intéressé que de très loin à toutes ces fêtes et tous ces teknivals qui ont fait bouger la France, l’Europe, le Monde, dans les quinze ou vingt dernières années, il est difficile de ne pas être intrigué par les expériences peu banales vécues par tous les gens que Kosmicki laisse s’exprimer. Ici ou là, on se passionne pour leurs galères (ces ennuis mécaniques, ces déboires avec les flics, les aléas de la précarité, ces maladies chopées en Afrique), comme pour leurs anecdotes savoureuses (ce curé en soutane haranguant les teufeurs au milieu d’une fête, ce teknival dans les steppes avec des cavaliers, des Hell’s Angels et des lutteurs mongols au beau milieu du dancefloor…). Bref, si nous avons tous d’inoubliables souvenirs de guerre, quand bien même nous avons préféré les fêtes de village aux free parties, ceux-là se montrent quand même particulièrement truculents. Et puis, même si l’auteur s’interdit de le faire, rien ne prive le lecteur de tirer ses propres enseignements de ce qu’ont été les free parties au temps de leur splendeur. On peut le faire, par exemple, avec la grille de lecture que Simon Reynolds appliquait à la rave music et à ses suites, dans son fondamental Energy Flash. Le célèbre critique anglais y disait que tout était parti de l’ecstasy, que cette drogue, même si on pouvait parfaitement apprécier les musiques électroniques sans la consommer, avait été l’élément déclencheur, qu’elle avait lancé un mouvement qui prendrait successivement des formes très distinctes, à mesure qu’il conquérait d’autres pays, d’autres classes sociales, d’autres communautés… et que d’autres psychotropes venaient se mêler à tous cela. En lisant Free Party, on situe mieux à quel moment de l’histoire de la techno, de la house et de leurs cousines, ces fêtes libres et champêtres ont pu surgir. Les interlocuteurs de Kosmicki le disent bien, ou tout du moins une bonne partie d’entre eux : ils n’ont pas été des pionniers des musiques électroniques. Il y eut d’abord l’univers des branchés et des clubs, premiers à s’intéresser aux musiques des boites gay et black américaines. Ensuite, est venue la masse, avec le phénomène des raves sédentaires. Ceux qui allaient devenir travellers et balader leurs sound systems sur les routes n’y étaient pas encore impliqués. A l’occasion, avant d’être à la tête de cette troisième vague, ils regardaient même cela avec hostilité et défiance, ils étaient plutôt branchés punk, ou rock alternatif, voire hip-hop. Les free parties, dans leur version française au moins, c’est la rencontre entre une certaine marginalité, celle des squats et des saltimbanques, avec le mouvement rave. Ses acteurs, c’était ceux qui avaient été autrefois des hippies tardifs, puis des punks tardifs, en retard mais plus impliqués. Ce n’était plus l’univers des branchés et des danseurs bariolés, mais de la tekno qui tape fort et des gens piercés et habillés en kaki. Ce n’était plus des hédonistes apolitiques, mais des hommes et des femmes engagés dans la gauche alternative, dans l’écologie, ou simplement des asociaux. Ce n’était plus le domaine du seul ecstasy, c’était aussi celui de la LSD, la drogue psychédélique par excellence, ou de la kétamine. C’était tout ça, plus la musique électronique, et plus le nomadisme. Bien sûr, toutes ces généralités n’excluent pas les exceptions. De nombreux contre-exemples abondent, les acteurs du mouvement étant souvent les premiers à combattre les automatismes, les caricatures et les orthodoxies qui menaçaient leur mouvement. Les parcours, Kosmicki le rappellerait encore, sont individuels. Comme l’indique le sous-titre de Free Party, il n’y a pas qu’une histoire, mais des histoires, qui se croisent ou divergent en permanence, et qui gagnent à être connues, quand bien même on n’a jamais vu en tous ces gens qu’une bande de hippies crasseux new age arrivés après la pluie dans le grand bain des musiques électroniques. Car ce que Free Party raconte, au-delà des teknivals, des sound systems et de tout ce folklore, c’est aussi la grandeur, les décadences et les métamorphoses que connaît fatalement tout mouvement musical d’importance. codotusylv
Fake for real,
11 février 2011
Free party
La forme de l’ouvrage ne pouvait mieux coller au sujet : des dizaines d’entretiens éclatés et réagencés en une somme de plus de 700 pages (en comptant les annexes ; le livre est également accompagné d’un cd de 14 titres). Trois grandes parties structurent tout de même chronologiquement l’ensemble : “la découverte”, “franchir le pas”, “et après…”. Un travail de synthèse plus conventionnel aurait sans doute permis plus de concision et de clarté, mais le résultat aurait forcément été partial, moins riche. Ici c’est l’énergie brute des entretiens qui est préservée. FREE PARTY, ce sont des parcours personnels qui se rejoignent lors de rassemblements aux rythmes des sound systems dans le but de kiffer la vibe, de s’abandonner à la transe avec ou sans adjonction de substances psychotropes. L’impression de vivre collectivement quelque chose d’extrêmement fort est relaté à de nombreuses reprises, tout comme l’impression de vivre une utopie transperçant le réel. On croise et recroise tel ou tel participant et peu à peu se dessine l’histoire touffue de la free party, de l’emblématique équipe anglaise de Spiral Tribe, qui organisa ses premières fêtes en France en 1993, aux activistes de Teknokrates, OQP, Sound Conspiracy, Alliés-Nés, et bien d’autres. On se familiarise, au sens propre, avec eux à travers leurs témoignages apportant des angles de vue contrastés sur les free parties et teknivals (Beauvais, Millau, Tarnos, Vitry-le-François, Courcelles…). L’engouement pour cette culture alternative est tel qu’à la fin des années quatre-vingt dix ce ne sont plus seulement quelques dizaines ou centaines de personnes qui se rassemblent mais souvent des milliers. Alors même qu’au sein des organisateurs les motivations ont pu évoluer, alors que le son des free parties se fait plus hardcore, les politiques s’en mêlent pour “mettre de l’ordre”. Cela débouche sur l’adoption de la Loi sur la Sécurité Quotidienne et son fameux amendement Mariani en octobre 2001, qui marque la fin d’une époque. La loi n’est pas seule responsable des désillusions. Il y a aussi le business de la drogue aux accents mafieux, la défonce sans conscience, le manque d’ouverture musicale… Les témoignages sont particulièrement francs et directs sur ces aspects. Et puis le mouvement continue tout de même. Pour quelques-uns ce sont de nouveaux départs, des voyages aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Afrique, en Europe de l’Est, la Mongolie… Ce sont aussi de nouvelles manières de vivre l’alternative qui se dessinent, notamment en rejoignant des squats autogérés et créatifs. Guillaume Kosmicki nous avait livré un excellent Musiques électroniques, retraçant l’histoire de ces musiques, et offrait donc une approche plus “théorique”. FREE PARTY en est en quelque sorte le pendant pratique. Il permet une violente plongée dans le réel, dans des vies portées par la musique et donc, ce n’est pas un paradoxe, très sincèrement ancrées dans le monde contemporain. Eric Deshayes
Néosphères,
février 2011
Essai en février : travellers, raves et free parties
Un musicien free universitaire… Musicologue, conférencier et universitaire, Guillaume Kosmicki est aussi musicien. Membre du collectif öko system, groupe punk/electronique marseillais, il a également participé de près à la scène des free parties et des teknivals. Il continue d’ailleurs de se produire sous le nom de Tournesol dans des événements alternatifs, des free parties ou des squats, dans un registre moins hardtek/hardcore qu’à ses débuts mais plus techno acid et dancefloor. On a lu qu’il avait fait ses études de 2ème et 3ème cycle en courant « les raves, les free parties et les teknivals équipé d’un appareil photo, d’un carnet de notes et d’un magnétophone pour recueillir des témoignages » … On a donc été que peu étonné en voyant le titre de son nouvel ouvrage, paru lui aussi chez Le Mot et le Reste, éditeur, qui comme Allia, propose désormais une collection impressionnante d’ouvrages musicaux de qualité. La free party appréhendée à travers les témoignages Free party mur Ces témoignages recueillis, Guillaume Kosmicki a ensuite décidé de les découper, de les réorganiser autour de thèmes, évènements, histoires d’un sound-system particulier : le teknival de Millau, le label Kanyar, les premières expériences de rave, le collectif des teknocrates, le chill out, la scission rave/free party, les drogues, la musique jouée… etc. Chaque sous-chapitre est ainsi raconté par diverses voix qui défendent parfois des avis différents. La partie sur les raves vs free parties donne ainsi à entendre la voix de la Tribu des Pingouins à l’origine d’une des plus grosses raves (entendez payante) du sud de la France, Borealis, celles des teufeurs qui passent des free (entendez sur donation) aux raves sans distinction, d’autres qui pestent quand le public de ravers débarque dans les free… Et la force du livre est de ne pas hiérarchiser ces différents témoignages mais de leur laisser à tous une place équivalente « à l’image de l’utopie de la free party » ainsi que le suggère la quatrième de couverture. NO SACEM INSIDE Et comme l’histoire des free est aussi une histoire musicale, Guillaume Kosmicki a choisi de glisser un disque à la fin de son ouvrage afin de donner un aperçu sonore des différents musiciens, des divers styles et des différentes époques de la free party. On notera que le disque, en accord avec les principes des acteurs de la free party, ne contient que des morceaux non déclarés à la SACEM. Des histoires individuelles Free habiter-le-nomadisme-exemple-habitat-mobile-travellers-mouvement-techno3Dans la dernière partie du livre, Et après, on retrouve nos travellers, ravers et free parteux à un moment différent de leurs existences : désillusion pour certains, mais surtout activisme encore pour la plupart d’entre eux. Même si les actions ont souvent changé. D’aucuns montent des sound-systems sédentaires, d’autres quittent l’Europe et partent avec leurs camions sur d’autres continents, d’autres encore s’inscrivent dans un mouvement plus général de squat artistique (voir l’excellent chapitre sur « La Villa » rennaise et L‘élaboratoire). Les Rennais y découvriront aussi le parcours d’un disquaire aux oreilles sans angle mort, ou celui de sound-systems bretons nés après « la loi » (2001, l’amendement Mariani impose aux organisateurs des free parties une déclaration préalable en préfecture sous peine de saisie de matériel) mais qui existent et alternent fêtes légales et illégales. Pourtant, note Guillaume Kosmicky, « si diverses soient-elles, bien des voies choisies par les acteurs de la free au sortir de cette période de leur vie sont pour eux une suite logique de leur investissement et (…) ils y retrouvent les valeurs auxquelles ils ont adhéré » . On suit ces voies et ces parcours avec un intérêt grandissant au fil des pages, heureux d’appréhender cette réalité par des voix multiples, différentes, qui donnent toute son épaisseur à ce mouvement complexe. Alors, la free party, une histoire ? Non, résolument, des histoires. Isa
Alter1fo,
10 février 2011
Soirée "Free Party"
En trois mois, les free parties sont devenues LE marronnier de Let’s Motiv. Mais que voulez-vous, c’est une question d’actualité : après avoir évoqué We Had A Dream, émouvant documentaire de Damien Raclot-Dauliac au sujet des Heretik, le sound system qui a cramé la capitale, puis signalé la parution de l’ouvrage passionnant de Guillaume Kosmicki (Free Party : Une Histoire, des Histoires), on ne peut passer sous silence la soirée organisée à l’Hybride le 18 février. Entre deux mixes assurés par Dfazé (LE sound system nordiste évoqué dans le bouquin), les auteurs présentent leurs œuvres et répondent à vos questions. Nous, on en a déjà deux sous le coude : pourquoi Kosmicki a-t-il passé sous silence la scène breakcore et un crew comme Peace Off ? Et plus prosaïquement : c’est où l’after ?
18.02, 19h : warm up Dfaze, 20h30 : We Had A Dream, 21h30 : table ronde avec G. Kosmicki, Dyna, D. Raclot-Dauliac, 22h30 : DJ set. Lille, L’Hybride, 4 euros. +33 320 88 24 66 Thibaut Allemand
Let's Motiv,
février 2011
www.nouvelle-vague.com Marc di Rosa
Nouvelle Vague,
février 2011
Partysan
[...] … robuste ouvrage dans lequel dans lequel Guillaume Kosmicki agrège les témoignages de nombreux activistes d’un mouvement à la fois hédoniste (Vive la fête…) et anticapitaliste (...libre et gratuite). Dans le vrillant sillage des Spiral Tribe – séminal sound-system anglais qui répandit cette nouvelle fièvre en Europe continentale (et au-delà) – et autres aventuriers de l’extase en rythme(s), toute une utopique épopée revit sous nos yeux, d’immenses espérances en cruelles désillusions. J. P.
Mouvement,
janv-fev-mars 2011
soirée de lancement, table ronde et musique
Cette émission de Canal B a été diffusée à plusieurs reprises durant le mois de décembre. Elle présente notamment des extraits de la table ronde qui s’est tenue le 27 novembre au Jardin moderne à Rennes, en ouverture de la nuit festive organisée pour le lancement de l’ouvrage. Cette discussion d’un peu plus d’une heure a été animée par Gaël Cordon, responsable du Centre de Ressource du Jardin Moderne, et a rassemblé Jeff 23 (Spiral Tribe), Minh-Thu (Kanyar), PY (Mandragore), Mat (Epsylonn), et Guillaume Kosmicki, l’auteur du livre. Ces témoins, par la particularité de leurs approches, ont offert un condensé de la diversité des quarante témoignages qui forment le livre. Voici l’enregistrement de cette table ronde dans sa quasi-intégralité, réalisé par Erwan, de Canal B (seuls les échanges avec le public, à la fin, ont été un peu écourtés): - intégrale Canal B - format court (15’) Canal B - les photos de la soirée : 18–55.org Erwan
Canal B,
nov-déc 2010
Quelques semaines après la parution d’un DvD retraçant la folle épopée du Sound System Heretik, cette somme définitive revient sur vingt ans de rave, de la naissance des Spiral Tribe à la diaspora électronique (France, Italie, République Tchèque…). La grande force du musicologue (et DJ) Guillaume Kosmicki réside dans le refus de l’histoire froide et monolithique : la parole est donnée aux acteurs de la fête. Sporadiquement, l’auteur de Musiques électroniques : Des avant-gardes aux dance floors (2009) recontextualise ces souvenirs empreints de nostalgie. Certes, les free parties, dernier mouvement underground de grande ampleur (oxymore ?) du siècle dernier sont enterrées. L’esprit originel, lui, pourrait bien renaître sous d’autres formes. Espérons. Thibaut Allemand
Letsmotiv (nord),
novembre 2010
Vient également de sortir le passionnant livre de Guillaume Kosmicki Yanick Philipponat
midi libre.com,
novembre 2010
Entretien avec Guillaume Kosmicki: Entretien / Dominique Jeuvrey
Radio Campus,
novembre 2010
Le livre du mois
Ils s’appellent Tomahawk, Heretik, UFO, Spiral Tribe, Psychopat, Defcore, Kanyar. Des noms barbares pour les uns, des tribus mythiques pour les autres. Des collectifs, des sound systems, la somme de trajectoires singulières qui s’entrecroisent depuis vingt ans, pour écrire un large chapitre de la contre culture: celui des free parties. Ayant vécu le mouvement de l’intérieur, Guillaume Kosmicki met en perspective, dans Free party, une histoire, des histoires, une quarantaine de témoignages, deux générations d’électrons libres qui racontent leurs tribulations tribales. Autant de récits qui jalonnent la grande histoire des free, au fil des Teknivals (Millau 1994, Tarnos 1995, Vitry 1996… jusqu’à la génération 2.0). Alors que beaucoup pensent que la fête s’est achevée avec les années 90, des collectifs comme Epsylon témoignent aujourd’hui d’une nouvelle vivacité. Des anciens, des nouveaux, des figures historiques, des anonymes, des utopistes, des résistants, des activistes… En confrontant ces parcours complémentaires, Kosmicki remet cette scène de l’ombre en pleine lumière, en montrant sans masque ce que les free ont amené aux gens, comment elles ont parfois orienté leur vie, façonné leur être et boosté leurs élans.
Stéphanie Lopez
Tsugi,
octobre 2010
Des vies en Free Parties
Musicologue et enseignant, spécialiste du phénomène des raves et des free party, Guillaume Kosmicki est l’auteur de Free Party, une histoire, des histoires. Trax: Comment est née l’idée de ce livre? Trax: Comment cet ouvrage est-il structuré? Pour compléter ce panel, j’ai réalisé des interviews d’autres activistes du mouvement: Marko (radio Éko des Garrigues, label Kanyar), Ziggy (bookeuse), Gino (Cirkus Road System), Benji (sculpteur sur metal), Foo (musicien live, ancien traveller), DFI0 et Gonzo (du site Internet Défcore), Olive (musicien, organisateur). Trax: Comment le mouvement rave s’est-il transformé en mouvement free party? Trax : Quelle a été la meilleure période du mouvement free party? Trax :A-t-il été facile de traiter le sujet de la drogue avec vos interlocuteurs? Trax : L’histoire du mouvement free party est peu connue, et paraît enfouie dans une mémoire pourtant proche… Trax: Le livre est accompagné de documents inédits… Trax: Quel enseignement principal tirez-vous de l’ensemble des témoignages recueillis? Entretien O. Pernot/G. Kosmicki
Trax,
septembre 2010
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||


