Parution : 27/11/2009
ISBN : 978-2-9153-7899-3 450 pages 14,8 x 21 cm 25.00 euros
Épuisé
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Geoff Emerick
En studio avec les Beatles
Introduction de Elvis Costello
Traduction de Philippe Paringaux En 1962, à l’âge de quinze ans, Geoff Emerick décrocha le job de ses rêves en devenant assistant ingénieur du son aux Studios d’Abbey Road. L’endroit était à l’époque mondialement renommé pour ses enregistrements classiques, mais il hébergeait également un obscur label nommé Parlophone, dirigé par George Martin. Prix du Livre Rock 2010. |
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L'ATELIER DU SON
Après être entré comme assistant aux studios d’Abbey Road en 1962, Geoff Emerick est devenu l’ingénieur en titre du son des Beatles à partir du mythique album Revolver (1966). Il a accompagné la révolution du son des Beatles (et donc de tout un pan du rock), en s’occupant par la suite de Sgt.Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967), du White Album (1968), et d’Abbey Road (1969). Tentatives, innovations, demandes extravagantes des membres du groupes, réussites, nouvelles couleurs, limites techniques repoussées… Voilà de quoi il parlera dans L’Atelier du Son. Geoff Emerick sera en duplex de New York, où il reçoit fin octobre la médaille de l’Audio Engineering Society, remises aux professionnels qui ont contribué par leurs travaux aux avancées de l’audio dans le monde. Geoff Emerick a publié En studio avec les Beatles, avec Howard Massey, prix du livre Rock 2010 (éd. Le Mot et Le Reste). Thomas Baumgartner (production) et Véronik Lamendour (réalisation. THOMAS BAUMGARTNER
FRANCE CULTURE,
28 octobre 2011
Los Beatles: El técnico de sonido del grupo toma la palabra
“Este es, sin lugar a dudas, el título que todos los beatlemaníacos estábamos esperando para cerrar el círculo informativo y divulgativo sobre el tema de cómo se parieron, en lo práctico, las canciones de los Beatles” El libro “En studio avec les Beatles” recoge las memorias de Geoff Emerick, técnico de sonido en práticamente todas las grabaciones del grupo de Liverpool, aportando visiones inéditas del trabajo en estudio y de la gestación de las canciones. Javier de Castro nos cuenta de qué va. (...) Pour lire l’intégralité de l’article : www.efeeme.com Javier de Castro
Efe Eme, diario de actualidad musical,
février 2011
Sous les pavés, la page
CONTRE-CULTURE
L’édition est en proie à une frénésie de rock et de culture underground. Le succès de la biographie de Keith Richards cache le travail en profondeur d’éditeurs indépendants comme Le Mot et le Reste et Camion Blanc. «Les chroniqueurs de rock sont des gens incapables d’écrire, interrogeant des gens incapables de parler, pour des gens incapables de lire.» Placée en exergue du répertoire musical des Editions Allia, la phrase de Frank Zappa prête à sourire. Qu’on ne s’y trompe pas: depuis quelques années, l’édition francophone est en proie à une véritable boulimie de contre-culture. Longtemps négligées, les musiques et cultures underground font l’objet d’un feu nourri, entre (auto)biographies d’artistes – souvent traduites de l’anglais, mais pas seulement – et livres thématiques consacrés aux styles musicaux les plus pointus, aux moeurs les plus marginales et aux visions les plus subjectives d’auteurs souvent eux-mêmes acteurs. On est loin de la sociologie universitaire et de la distance critique journalistique. L’immersion à l’américaine est passée par là – le gonzo-journalisme de feu Hunter S. Thompson, lui-même objet de plusieurs publications (1). Occultés par les figures tutélaires de la critique anglo-étasunienne – Lester Bangs, Nick Tosches, Greil Marcus, Nick Kent, Jon Savage, Nik Cohn –, les Français peuvent tout de même revendiquer quelques exégètes hauts en couleur de la cause rock (Patrick Eudeline, Philippe Manoeuvre, Philippe Garnier, Daniel Vermeille) et une poignée d’apôtres singulièrement éclairés comme Alain Pacadis, Yves Adrien ou Jean-François Bizot, pionnier de la presse underground dès 1970 avec «Actuel» (lire ci-dessous). Fruit d’une évolution générationnelle, tout ce qui touche à la contre-culture, du flower power à la rave party en passant par les mouvement punk et gothique, attire aujourd’hui un lectorat allant de 18 à 60 ans. Sans doute l’accession d’anciens marginaux aux avant-postes médiatiques (TV, radio, magazines) et le gigantesque brassage d’internet ont-ils contribué à aiguiser cette curiosité postmoderne pour ce tout qui est «culte»... Le rock au catalogue A tout seigneur, tout honneur: les Editions Allia, sur l’impulsion de leur fondateur Gérard Berréby, passionné de dadaïsme, de situationnisme et de rock, ont traduit dès 1998 les classiques de Greil Marcus, Nick Tosches et Jon Savage (2). Autre maison exigeante, Tristram ajoute aussi du rock à son catalogue en publiant Lester Bangs ou Patti Smith («Mer de corail», sur les liens entre la chanteuse et le photographe Robert Mapplethorpe). Avant de fermer boutique en 2008, Kargo, spécialisé en anthropologie et en histoire des arts, a apporté une contribution précieuse à la compréhension de courants émergents ou méconnus. Ainsi de «The New Beats. Cultures, musique et attitudes du hip hop» de S.H. Fernando, «Ocean Of Sound: ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther» de David Toop, ou le «Krautrocksampler» de Julian Cope, anthologie amoureuse du rock expérimental allemand des années 1970. La bonne nouvelle est qu’un projet éditorial baptisé Zones Sensibles doit très prochainement succéder à Kargo. On mentionnera encore Le Castor Astral, «animal curieux, têtu et farouchement indépendant», selon sa devise et qui, parallèlement aux romans et essais, publie d’excellents ouvrages sur la musique – parmi les plus récents, «Le Rap est né en Jamaïque» de Bruno Blum, vétéran des revues «Actuel» et «Best» et de Radio Nova. C’est d’ailleurs à un ancien du Castor Astral, Philippe Blanchet, qu’on doit une nouvelle collection déjà indispensable: Rivages/Rouge (chez Payot & Rivages). Libellée «musiques et contre-culture», elle combine visuels guérilla, titres à rallonge et signatures 100% crédibles pour faire mouche. «Culture Clash. Punk, rockers, Big Audio Dynamite, dreadlocks et vidéo» est signé Don Letts, musicien et vidéaste anglais, cofondateur du groupe Big Audio Dynamite avec Mick Jones des Clash. «Manchester Music City 1976-1996», une histoire de la capitale de la brit-pop et de l’acid-house, est dû à John Robb, musicien et journaliste de la BBC et Channel 4. «Hippie Hippie Shake», voyage au coeur des utopies et du psychédélisme des sixties est l’oeuvre d’un pape de la presse underground, Richard Neville. Et pour couronner le tout, «Guitar Army» de John Sinclair compile les écrits d’époque du manager du groupe MC5 et leader du White Panther Party. Un manifeste du flower power révolutionnaire. Effet durable Fondateur des Editions Le Mot et le Reste, à Marseille, Yves Jolivet jette un regard lucide sur cette débauche éditoriale: «J’ai 52 ans, j’ai connu le rock comme adolescent et écrit dans des fanzines. Le temps fait que cette musique devient oeuvre au même titre que la littérature ou le théâtre. Aujourd’hui, on a la distance et les outils pour l’analyser.» Dès 1996, Yves Jolivet a publié des livres d’artistes, de la poésie et des essais. Pourquoi Le Mot et le Reste? «Au départ il y avait les textes, et moi, je m’occupais du reste», résume-t-il. Aujourd’hui, il emploie quatre personnes et tient bon, à condition de réinvestir le produit des ventes. «Contrairement au roman qui subit un effet de mode, le livre rock s’adresse à des accros. L’effet est durable.» Les titres les plus confidentiels sont compensés par des succès qui bénéficient parfois d’un coup de pouce de l’actu: «En Studio avec les Beatles» de Geoff Emerick, récit des sessions d’enregistrement d’albums mythiques comme «Revolver» et «Sgt. Pepper’s», est sorti en même temps que la discographie remasterisée des Beatles. De quoi atteindre les 7000 exemplaires contre 2000 habituellement, ce qui reste modeste comparé au best-seller «Life», de Keith Richards (lire ci-dessous). «Pas sûr que le décès de Captain Beefheart (musicien expérimental mort en décembre, ndlr) ait un impact sur les ventes de la biographie qu’on doit sortir», tempère Yves Jolivet, qui précise que le projet était en chantier depuis un an. Coup de coeur, soin esthétique mais aussi pragmatisme: le modèle économique a changé depuis Speed 17, illustre et éphémère collection que les Humanoïdes Associés avaient confiée à Philippe Manoeuvre, il y a une trentaine d’années de cela. Avant d’échouer dans le jury de Nouvelle Star, l’ancien rédacteur en chef de la revue SF «Métal Hurlant», aujourd’hui à la tête de «Rock & Folk», fut ainsi le premier à publier Bukowski en France avec «Mémoires d’un vieux dégueulasse», en 1977. Chez Speed 17, Hunter S. Thompson et Hubert Selby Jr côtoyaient les Rolling Stones et les Sex Pistols. De «Rock & Folk», Yves Jolivet souligne le rôle pionnier: «Philippe Paringaux (ancien rédacteur en chef ayant précédé Manoeuvre, ndlr) a su façonner et transmettre une écriture au sein de sa rédaction». Son nom figure sur la couverture de deux best-sellers parus chez des poids lourds de l’édition – «The Beatles Anthology» (Seuil, 2000) et «John Lennon. Une vie», de Philip Norman (Robert Laffont, 2010) –, mais il a aussi traduit pour Le Mot et le Reste trois titres promis au statut de classiques: celui de Geoff Emerick cité plus haut, mais aussi «Exile on Main Street. Une saison en enfer avec les Rolling Stones» de Robert Greenfield et «Kind of Blue. Le making of du chef-d’oeuvre de Miles Davis» d’Ashley Kahn. Le Mot et le Reste ne disposant pas «du million qu’il fallait mettre sur la table pour les droits de Life», Yves Jolivet poursuit son travail de fond avec l’aide des subventions – Centre national du livre, Conseil régional – sans lesquelles presque aucun indépendant ne survivrait. Il garde un oeil rivé sur internet: c’est dans ce vivier de passionnés qu’il a déniché Eric Deshayes, animateur de Néosphères, site de référence du rock expérimental et progressif, pour lui commander «Au-delà du Rock. La vague planante, électronique et expérimentale allemande des années 70» et «L’Underground musical en France». Le coté obscur Des biographies des Sex Pistols, The Cure, Motörhead, Throbbing Gristle, Kraftwerk, Serge Gainsbourg, Noir Désir, Johnny Cash et Nirvana; des livres thématiques sur le metal extrême, la musique industrielle et le rock au cinéma; des récits subjectifs sur une scène particulière: depuis près de deux décennies, Camion Blanc est «l’éditeur qui véhicule le rock». La formule va comme un gant (de cuir) à cette petite entreprise phare de l’underground, fondée en 1992 à Nancy. Depuis quelques années, elle se double d’une collection sulfureuse (Camion Noir) qui traite de sorcellerie, d’ésotérisme, de pornographie, de vampires, de serial killers ou encore des «racines occultes du nazisme». Des documents, à l’image de la Bible satanique d’Anton LaVey, publiés sans tabou ni apologie. Difficile de passer à côté de ce catalogue de 300 titres aux couvertures uniformes: photo noir/blanc la plupart du temps, titre sur un bandeau noir et nom de l’auteur dans un rectangle de couleur. L’aventure a commencé quand Sébastien Raizer et Fabrice Revolon ont décidé de publier à compte d’auteur l’ouvrage qu’ils avaient écrit mais qui ne trouvait pas preneur: les 500 premiers exemplaires de «Joy Division. Lumière et Ténèbres» ont été écoulés en trois semaines et le livre est régulièrement réédité depuis. D’inopinée, l’aventure est devenue professionnelle. Issu de Maths Sup, Sébastien Raizer raconte: «Ce premier bouquin, on l’a fabriqué dans une prison où les détenus suivaient un CAP d’imprimerie. Ils étaient contents d’imprimer autre chose que des prospectus et des bulletins de vote! On l’a envoyé à Bernard Lenoir, qui en a parlé sur France Inter, et les disquaires indépendants ont été nos premiers clients. On n’avait fait aucune étude de marché, mais visiblement la demande existait.» Le tandem est rejoint par Gérard N’Guyen, fondateur de l’un des premiers labels indépendants français (les Disques du soleil et de l’acier), vétéran du fanzine «ATEM» qui a soutenu tous les courants novateurs des années 1970. Le quatrième associé, Dominique Franceschi, est à l’origine des récents «Kiss sans fard», autobiographie de Gene Simmons, et «Hell Bent for Leather. Confessions d’un accro au heavy metal» de Seb Hunter. Des plaisirs coupables qui rendent toute résistance futile. Les quatre éditeurs prospectent de manière autonome et gèrent chaque projet de A à Z, promotion incluse. Celle-ci se concentre sur les magazines spécialisés: «Un papier dans Libé ou Les Inrocks a de toute façon un impact très limité pour les domaines que nous traitons.» Les commandes passent essentiellement par le web et les disquaires et libraires indépendants encore existants: «La grande distribution ne fait plus son boulot, déplore Sébastien Raizer. Elle néglige le stock au profit des nouveautés. Dans beaucoup de succursales, les chefs ne se donnent même plus la peine de passer les commandes que leur transmettent les responsables de rayons.» Et Camion Blanc, justement, se targue de n’avoir aucun titre épuisé, «sauf ceux pour lesquels le contrat avec l’ayant-droit n’a pu être reconduit». L’éditeur a trouvé son public: «Depuis 1992, le métier a changé cinq fois. Il faut s’adapter. On ne recherche les coups, les livres qui engloutissent une fortune en publicité et finissent au marteau-pilon au bout de deux mois. Nos atouts sont la singularité et le travail de fond. C’est l’avenir de l’édition. Les généralistes peuvent fermer boutique.» Cette approche sans concession se veut somme toute réaliste: Camion Blanc finance aussi ses titres les plus marginaux avec des succès plus prévisibles – un livre sur Noir Désir, ou «Les Seigneurs du Chaos», oeuvre culte sur la scène black metal scandinave et ses brûleurs d’églises, ou encore la «Bible satanique», trois titres vendus à 10’000 exemplaires chacun. Quant aux préjugés sur ses penchants sulfureux, Sébastien Raizer les minimise: «La vraie censure, c’est le silence. Un curé invité sur un plateau de télé avait brandi en vociférant la Bible satanique. Le lendemain, les ventes explosaient.» En ces temps de rétrécissement pernicieux de la liberté d’expression, l’embellie de l’édition contre-culturelle a de bonnes chances de se poursuivre. Roderic Mounir
Le Courrier,
5 février 2011
[...] Ce livre est une mine pour qui s’intéresse à l’enregistrement (vintage), mais sans être rébarbatif du tout pour les autres. Christian Le Morvan
Blues magazine,
janv-fev-mars 2011
Imaginez. Vous êtes né à Londres dans une maison douillette. En 1962 vous avez quinze ans et vous nourrissez pour la musique une véritable passion suite à la découverte de vieux 78 t cachés au fonds d’une malle. L’école ne vous convient plus et vous décidez de franchir les portes des studios EMI afin d’y postuler pour un emploi. A cette époque, ces studios sont avant tout réservés aux enregistrements de musique classique, mais servent aussi à enregistrer des chanteurs (ou chanteuses) de variété et dans la maison Emi, les ingénieurs du son travaillent en blouse blanche et le personnel de la maintenance, en blouse grise. EMI est à l’image de toutes les sociétés d’après guerre L’ambiance y est assez…fonctionnaire et la discipline, stricte. Votre entretient d’embauche se déroule merveilleusement bien et vous décrochez le poste. Dès votre second jour de travail comme assistant ingénieur du son, on vous charge d’aller retrouver dans un studio de la maison, quatre garçons turbulents qui viennent enregistrer une chanson « Love Me Do ». A partir de là, tout bascule. Geoff Emerick (c’était lui le gamin de 15 ans) va se retrouver au cœur d’une des plus excitantes histoires de la musique rock (et même, de la musique en général) puisqu’il va travailler, sous la houlette de George Martin, à enregistrer pratiquement tout ce que les Beatles ont fait de mieux : Revolver, Sgt Peppers, White Album, Abbey Road. Ses mémoires, rédigées avec la complicité du journaliste Howard Massey et en rassemblant les souvenirs d’anciens collaborateurs de EMI donnent un éclairage nouveau sur les quatre potes de Liverpool. De la frénésie des débuts où la collaboration entre les musiciens et le « staff technique » permit de reculer les frontières du son et d’enrichir les titres de géniales trouvailles musicales, jusqu’au clash final, provoqué par trop de tout (drogue, célébrité, femmes) qui fit que les musiciens, sur les derniers albums, ne se retrouvaient quasiment plus tous ensemble en studio, chacun enregistrant ses parties, seul… Emerick dissèque cette histoire avec une certaine lucidité, dressant un portrait, somme toute assez précis, de chaque musicien, dévoilant aussi les rapports qu’il avait avec chacun d’eux et ne cache pas, qu’au final, il a une vraie admiration pour Paul Mac Cartney (du reste, après le split des Beatles, Geoff Emerick travaillera avec Mc Cartney, notamment sur son album : Band On The Run). Pendant un court moment, on a le sentiment qu’Emerick a tendance à tirer un peu trop la couverture à lui, à savoir que les albums des Beatles n’auraient pas sonné ainsi s’il n’avait pas été là pour apporter toutes ces idées, reléguant même George Martin, le producteur, à un rôle subalterne. Mais bien vite ce sentiment s’estompe, la vraie histoire reprenant pleinement ses droits. D’autant qu’on a droit à quelques anecdotes pas piquées des vers (celle concernant Harrison qui se fait piquer ses gâteaux par Yoko Ono est…croustillante). L’introduction, signée Elvis Costello (Geoff Emerick enregistra son « Imperial Bedroom » pièce majeure dans l’œuvre de Costello) est une pure merveille. Elvis revient sur le rôle prépondérant du producteur et de l’ingénieur du son, sans qui, bien sur, certains chefs d’œuvre musicaux n’auraient pas la même texture sonore. La traduction, signée Philippe Paringaux, est, une fois de plus, irréprochable. Enfin, sachez que ce bouquin a reçu le Prix du Livre Rock, récompense créée par les librairies L’Arbre à Lettres. Mais même sans ce prix, la lecture de ce livre est plus que recommandée. Freewheelin’JeanDo
Xroads,
octobre 2010
Depuis la séparation des Beatles, il y a maintenant quarante ans, les librairies sont régulièrement envahies par tout un tas d’ouvrages plus ou moins pertinents sur les quatre garçons dans le vent, biographies non autorisées, révélations à l’emporte-pièce et témoignages de personnes les ayant croisés un soir, très tard, dans un couloir mal éclairé... ce genre. Paul McCartney racontait il y a encore quelques années sa manière de les juger : il en prenait un, l’ouvrait au hasard et commençait à lire. Après trois erreurs, il le refermait à jamais. Il en aurait beaucoup refermé. On sait aussi qu’il s’est abstenu, tout comme Ringo Star, de commenter le livre de mémoires de Geoff Emerick qui est sorti ces jours. Pourquoi? Simplement par respect pour l’ingénieur du son historique des Beatles. Il faut dire que du haut de ses quinze ans, cet assistant ingénieur, qui rencontre les Beatles lors de son deuxième jour de travail, ne va pas tarder à violer toutes les règles d’enregistrement des studios Abbey Road pour donner un son novateur au groupe qui va révolutionner la pop music. Commençant à déplacer le matériel, à repositionner les micros, à saturer les amplis et à filtrer les voix, prenant de plus en plus d’importance dans le processus d’enregistrement du quatuor. Emerick commence gentiment, à seize ans, à devenir aussi indispensable que le vénérable George Martin, visiblement un peu dépassé par la révolution musicale en marche. Les Beatles refusent de sonner comme tout le monde sonnait à l’époque. Grouillant d’anecdotes de studio aussi passionnantes que véridiques, ce livre est un véritable cadeau pour les fans des Beatles et de musique contemporaine en général. Imaginez, sept ans de vie commune à enregistrer la bande-son d’une partie de l’humanité. Sept ans à observer l’avènement de quatre individus aussi connus que Jésus, l’arrivée des drogues dans le groupe, l’érosion inéluctable de la camaraderie et le début de la fin. Raconté par un homme de soixante-quatre ans, ce livre semble être narré par un jeune homme, preuve que le bonhomme, en plus d’avoir encore toute sa tête et toute sa mémoire, a surtout gardé la passion de ses jeunes années et un dynamisme dont pourrait s’imprégner certains jeunes vieux. A noter une belle préface de Elvis Costello (dont Geoff Emerick a été l’ingénieur du son durant deux décennies) qui résume à merveille les plus de quatre-cent-cinquante pages à venir, en profitant pour glisser toute la tendresse et le respect qu’il éprouve pour ce génie du son un peu oublié mais que cet ouvrage devrait sans peine remettre dans la lumière. Site daily-rock (Genève),
juillet 2010
Les Beatles de l'intérieur
Ils sont nombreux à prétendre au statut de cinquième Beatles. Ceux qui, dans l’ombre de John, Paul, George et Ringo, les ont aidés à accoucher d’une œuvre qui demeure parmi les plus passionnantes du siècle dernier. Il en est un qui n’a jamais revendiqué ce titre mais figure pourtant en bonne place parmi les prétendants au titre. Son nom, Geoff Emerick, est inconnu de la majorité d’entre nous. Seuls quelques passionnés de la lecture de notes de pochette auront remarqué ce patronyme, accolé à des réussites aussi indiscutables que Revolver, Sgt Pepper ou Abbey Road. L’éditeur Le Mot et le reste, qui se dote d’un impressionnant catalogue d’ouvrages musicaux, a eu la riche idée de traduire le livre de souvenirs du bonhomme, initialement publié en Grande Bretagne en 2005. A peine parue, la traduction française, signée par Philippe Paringaux, rédacteur en chef des grandes années de Rock&Folk, s’est vu attribuer le prix du livre rock 2010. Les souvenirs de ce discret gentleman sont préfacés par Elvis Costello, avec qui il collabora sur le meilleur album du binoclard, Imperial Bedroom, en 1982. La saga de ce monsieur, embauché aux studios EMI à l’âge de 15 ans, est proprement fascinante. Promu ingénieur du son quatre ans plus tard, il fit ses armes avec l’album Revolver, un des disques les plus novateurs des sixties sur le plan du son. Les Beatles sont alors sur le point d’abandonner les tournées, et l’équipe de George Martin va les aider à transposer sur disques leurs idées avant gardistes. Sans jamais chercher à tirer la couverture à lui, Emerick décortique le processus créatif des quatre de Liverpool comme nul autre ne l’avait fait auparavant. Il décrit fort précisément l’interaction entre ces quatre amis vite propulsés au sommet, la complexité de leurs relations au fil des ans, et le rôle particulier dévolu à George Harrison: écrasé par Lennon-McCartney au début, le guitariste s’affirma pleinement comme leur alter ego au moment de l’album Abbey Road. Emerick ne nous épargne aucune des tensions qui ont précipité la fin de l’histoire, mais il le fait sans voyeurisme et sans prendre parti pour l’un ou l’autre. Il demeure fascinant qu’un ouvrage comme celui-ci puisse encore nous éclairer sur une aventure qui prit fin avec les années 1960, mais En studio avec les Beatles le fait à merveille. Olivier Nuc
Le Figaro,
29 juin 2010
Même si son nom n’est mentionné nulle part sur la pochette du Sgt Pepper’s des Beatles Geoff Emerick remporta un Grammy pour son travail d’ingénieur du son. Il avait seulement vingt ans à l’époque, mais travaillait régulièrement avec le Fab Four depuis leurs débuts. Son récit d’«homme de l’ombre» est fascinant : à une époque où on peut créer un son vintage grâce à un ordinateur, il faut louer le travail de pionner de ce «pousseux de boutons» céleste qui devait désobéir à ses patrons d’EMI pour obtenir les sons que désiraient les quatre vedettes. En prime, nous avons droit à une vision de l’intérieur sur le processus créateur du groupe, avec ses conflits de plus en plus graves à mesure que la fin approche, même si les quatre amis pouvaient à tout moment retrouver leur complicité tapageuse, ou au besoin dresser un mur infranchissable entre eux et le reste du monde. Le plus incroyable est que cet homme sache rester humble, alors que les mélomanes du monde lui doivent tant, même sans le savoir. Captivant. Stéphane Picher
Le Libraire/ journal des librairies indépendantes,
juin 2010
Les Beatles vandalisés?
Ingénieur du son aux vénérables studios EMI, le Britannique raconte dans ses mémoires les Beatles depuis la console d’enregistrement. Propos analogique et passionnant … la suite dans le Rock & Folk de juillet p66-p72 Entretien P. Manœuvre/G. Emerick
Rock & Folk,
juillet 2010
Le prix du Livre rock récompense “En studio avec les Beatles”
Fondé par les librairies parisiennes L’Arbre à letttres, le prix du Livre rock a été remis le 4 juin à Geoff Emerick et Howard Massey pour En studio avec les Beatles (Le Mot et le Reste). L’ouvrage vient d’ailleurs de faire l’objet d’un retirage à 2 000 exemplaires alors que l’éditeur s’apprête à changer de distributeur pour passer de Vilo à Harmonia Mundi. Clarisse Normand
Livreshebdo.fr,
7 juin 10
Leur ingénieur du son raconte l’étonnant quotidien, riche d’inventions, au sein du studio. (...) (...) Patrick Scarzello
Sud-Ouest,
26 mai 2010
Vous faisiez quoi vous, le 6 avril de vos 19 ans ? Geoff Emerick, lui, prenait officiellement ses fonctions d’ingénieur du son pour les Beatles, l’album s’appelerait Revolver et la première séance serait dédiée à Tomorrow Never Knows. Les indications de John Lennon : «Je veux que ma voix ressemble à celle du Dalaï Lama psalmodiant depuis le sommet d’une lointaine montagne». Inutile de broder, non ? La suite sur Gonzai Vernon
Gonzai,
avril 2010
Corboland78
paperblog.fr,
3 avril 2010
Craquement de chaussure
… Le récit est vif, direct et franc. On y apprend une foule de choses sur la genèse de l’œuvre des quatre garçons dans le vent, un vent créatif, parfois bon et parfois mauvais, mais toujours exceptionnel. Le livre dépasse les habituels clichés trop souvent accumulés à propos des Beatles et nous permet de mieux comprendre le processus créatif du groupe en studio ainsi que la part respective de chacun dans les très nombreux morceaux enregistrés de 1966 à 1969.
JL Tafforeau
jeanluctafforeau.blogspot.com,
28 décembre 2009
Un vrai conte de fées. La fée électricité, la fée pop musique, la fée magnétophone, la fée gravure… A l’âge de 15 ans, en 1962, Geoff Emerick est engagé par les studios de la firme EMI. Lors de sa deuxième journée de travail, il assiste à la première session d’enregistrement d’un groupe encore peu connu, The Beatles. Il s’agit de la mise en boîte de ce qui deviendra un succès énorme, « Love me do », point de départ d’un phénomène unique dans l’histoire de la musique populaire. C’est aussi le début d’un carrière extraordinaire pour le jeune Emerick qui se verra confier par George Martin, le producteur-arrangeur du groupe, la responsabilité de l’enregistrement de l’album Revolver en 1966 (il a donc 19 ans). Ce disque, à plus d’un titre (je ne peux que conseiller de l’écouter très attentivement), est une rupture dans l’histoire des musiques populaires enregistrées. Ce livre, traduit par Philippe Paringaux, nous invite à découvrir presque jour après jour, pour ce disque et les suivants (sauf « Let it be », qui fut massacré par le sinistre Phil Spector), les méthodes de travail, les innombrables astuces destinées à compenser les faiblesses relatives du matériel de l’époque (comment synchroniser des magnétophones limités à deux pistes, monter et coller, comment fabriquer des effets inédits, réaliser des échantillons, mettre en place des boucles, comment gonfler le son, comment utiliser des bruitages, introduire des objets sonores…toutes idées et situations banales aujourd’hui, mais qui faisaient l’objet de découvertes et recherches chez EMI – parfois, on se dit qu’ils auraient pu lorgner du côté de l’ORTF…) pour satisfaire des besoins à la fois démesurés et totalement justifiés artistiquement. Ce livre est indispensable pour les amateurs de ce groupe (cette deuxième période, 66–69, est assez étonnante artistiquement, par son côté flamboyant et une étonnante incohérence qui en a fait certainement le charme : même les albums à thème offrent une multitudes d’entrées), qui au passage auront le loisir de découvrir leurs idoles de jeunesse sous un jour pas toujours sympathique… Pour les musiciens et techniciens, le plaisir de découvrir les modes de fonctionnement en studio, avant le règne du multipiste puis du numérique. Pour tous les lecteurs, il sera possible de découvrir de l’intérieur les articulations de la fabrications des succès mais aussi des réussites (et elles furent très nombreuses), la ringardise du géant EMI, le rôle du hasard et de l’intuition, les deux clés du talent de Mac Cartney et Lennon, mais enfin l’importance de l’investissement de Martin et Emerick. J’ai ré-écouté ensuite ces galettes qui bercèrent mon adolescence : Revolver, Sgt Peppers , White Album, Abbey Road, et les quelques bijoux répartis sur les bandes sonores des films « Magical mystery tour » et « Yellow Submarine » et sur l’indispensable compilation « Past masters » qui rassemble les perles absentes des albums. J’ai pu, amusé, découvrir le secret de fabrication de la chanson « Yellow submarine », sur laquelle mon premier groupe s’arracha les cheveux en 1967 : forcément, ce n’est pas facile de réaliser ce collage en direct… Dino
Revue et Corrigée # 83,
mars 2010
Pendant plus de 400 pages, il n’est question que de musique et de gens qui la font, de part et d’autre de la vitre qui sépare le studio de la cabine technique. (...) Dans un style précis et élégant En studio avec les Beatles est à la fois un formidable roman d’initiation , une ample fresque sur l’invention de la pop moderne, un document précieux et détaillé sur le fonctionnement d’un studio d’enregistrement dans les années 60 et le métier d’ingénieur du son, le témoignage enthousiaste de l’œuvre d’une vie. (...) Surtout, le livre replace au cœur du processus artistique l’intelligence technique et l’imagination bricoleuse que Geoff Emerick mobilise pour donner corps aux idées des Beatles. (...) Quel autre livre peut se prévaloir de jeter ainsi un éclairage neuf sur une discographie aussi aimée et intimement connue? Vincent Théval
Magic,
février 2010
"Here's Geoff the Sun" !
(...) «C’est foutrement génial» dit Lennon, «c’est le Dalaï Lennon !» s’exclame Paul (McCartney, vous l’aurez deviné) «Bien joué Geoff» insiste Georges Martin…. Si les Beatles ont avec ce morceau (puis ensuite avec Revolver tout entier) posé les bases d’une ravissante pop anglaise psychédélique (le sitar et la tambura de Georges Harrison) et involontairement, une partie de la musique électronique (les loops sonores de McCartney, la batterie de Ringo) c’est avant tout à Georges Martin et à Geoff Emerick qu’ils le doivent.Quand le premier est l’entier responsable de l’introduction de sections de cuivres et d’orchestres à cordes dans les chansons des Beatles, le deuxième est assurément l’artisan des expérimentations des Fab Four, celui qui a transformé le rêve en réalité, des samples hétéroclites en véritable instrument et des idées farfelues en révolution musicale. Dans ce formidable bouquin qu’on lit comme un roman d’aventure palpitant,il décrit,avec une subjectivité fort bienvenue dans le nombre incalculable de livres sur le sujet, ses moments passés à enregistrer les Beatles : des longues nuits incroyablement productives de Revolver et Sgt Pepper jusqu’a à Abbey Road, chant du cygne extraordinaire mené par McCartney en passant par la zizanie et la fuite de l’enregistrement du White Album, qui après la lecture de ce livre devient un album maudit,mauvais et malsain tandis qu’on se surprend encore a fredonner Dear Prudence ou à head-banger sur Helter Skelter. (...) Zak Laughed
Fanzine Mange disque,
février 2010
Geoff Emerick est un sujet de sa majesté d’origine modeste dont l’ingéniosité a rendu d’incommensurables services à la nation en travaillant avec la plus célèbre formation pop des années soixante et soixante dix. En effet en 1962 Geoff trouve, à 15 ans, le job de ses rêves : il est embauché à Londres en tant qu’assistant ingénieur du son dans les très réputés studios d’enregistrements EMI. Deux jours plus tard, il assiste à la première séance du groupe de jeunes dont tout le monde parle : les Beatles. Les Beatles qui reviendrons plus tard avec un imaginaire musical novateur, des exigences artistiques et techniques souvent inédites et, il faut bien le dire, parfois incroyablement farfelues. Ces mêmes Beatles rencontreront jusqu’à leur séparation (et pour certains d’entre eux pendant leur carrière en solo), un autre imaginaire capable de répondre à leurs attentes, celui de Geoff Emerick, jeune assistant puis ingénieur qui n’hésitera pas à transgresser les règles d’utilisation du matériel, à bricoler des systèmes d’enregistrements tout à fait expérimentaux et à créer, avec des bouts de ficèles, des inventions soniques tout à fait extraordinaires. Quand John Lennon demande à ce que sa voix ressemble à celle du Dalaï Lama psalmodiant depuis le sommet d’une lointaine montagne, tout le monde se regarde, les uns sont fascinés, d’autres restent dubitatifs pendant que l’équipe technique commence à paniquer, je pense qu’on le serait à moins. Geoff Emerick, lui, sent la pression monter sur ses épaules, il fait l’inventaire du matériel à disposition et très vite imagine utiliser un système d’enceintes tournantes pour donner à la voix de John ce son à priori impossible. Le résultat est impressionnant, les musiciens sont emballés par cette trouvaille. C’est pour l’ingénieur le début d’une certaine reconnaissance de la part des Beatles et de Georges Martin, mais c’est surtout le début d’une carrière extraordinaire au cours de laquelle il n’aura de cesse d’imaginer et de bricoler des inventions qui participeront à la naissance de nouvelles identités sonores aujourd’hui définitivement gravées dans l’histoire musicale du vingtième siècle. Le livre est tout à fait passionnant, il apporte une vision, un témoignage étonnamment précis sur le quotidien des Beatles, de leur entourage avec une constante bienveillance pour les uns et une dent dure mais lucide pour les autres. Elvis Costello, qui travaillera également dans les années 80 avec Geoff Emerick, signe la préface et souligne judicieusement toute la générosité, la simplicité et l’humour de son auteur en mettant en exergue cette phrase délicieuse de Geoff Emerick lorsqu’il écrit «Nous enregistrâmes Tomorrow Never Knows, puis nous rentrâmes chez nous déguster quelques gâteaux secs.» Le livre est un pur moment de culture et d’histoire musicale anglaise, il s’intitule En Studio avec les Beatles, il est édité chez Le Mot et le Reste dans la collection Attitudes, on doit sa traduction à l’excellente plume de Philippe Paringaux. Éric Serva
France Musique / Tapage Nocturne,
février 2010
Hasard du calendrier ou coup bien calculé, ce livre arrive au moment où le plus grand groupe de l’Histoire de la pop subit la plus grande entreprise marketing de l’Histoire de la pop. Réjouissons-nous, car cela pourrait bien profiter aux éditions marseillaises Le Mot et le Reste qui le méritent depuis longtemps pour l’ensemble de leur catalogue. En studio avec les Beatles relate l’expérience — ou plus précisément les expériences sonores — de Geoff Emerick, ingé-son des Fab Four de 1966 à la fin. C’est la meilleure période des Beatles, et le bouquin est passionnant. Préface d’Elvis Costello, traduction de l’éminent journaliste Philippe Paringaux : la totale. Nas/im
Ventilo,
décembre 2009
Captivant. Passionnant. Addictif même. En 1962, Geoff Emerick n’a pas encore 16 ans quand il est embauché comme assistant ingénieur du son aux studios EMI du 3 Abbey Road, à Londres. Pour son deuxième jour de travail, il assiste à l’enregistrement de « Love me Do » d’un groupe de Liverpool dont tout le monde parle. En 1966, Emerick devient l’ingénieur du son attitré des Beatles. Il s’occupera d’eux pour les albums Revolver, Sergent Pepper’s, Abbey Road et pour de nombreux singles mythiques. En 2005, il publie ses souvenirs de cette période. Traduit en français en 2009 (par l’ancien rock critic Philippe Paringaux), son livre et un puits d’informations, d’anecdotes et de détails techniques, un récit sans fioritures, toujours bien écrit et très humble. C’est le genre de livre qui vous apprend quelque chose à chaque paragraphe : le son de la batterie sur « Tomorrow Never Knows », les astuces de George Martin pour obtenir un son inédit, le montage de « This Boy », le jeu limité de George Harrison, etc. En studio avec les Beatles est aussi une fenêtre ouverte sur l’univers très particulier de ces fameux studios EMI. Une ambiance administrative, très hiérarchisée, fonctionnant comme une bureaucratie, en complet décalage par rapport aux sixties débridées, dehors ! Emerick nous fournit également une belle galerie de portraits. Ceux des quatre Beatles bien sûr, parmi lesquels l’auteur nouera une vraie complicité avec McCartney, mais aussi du producteur George Martin, grand anglais digne et sévère à l’ancienne, et Norman Smith, le premier ingénieur du son, plus en phase avec la pop-music. Arnaud Devillard
Suite 101,
janvier 2010
Ce n’est pas un hasard si on le surnomme “Oreilles d’Or” chez EMI. Dès son arrivée, à l’âge de 16 ans, dans les studios d’enregistrement d’EMI, Geoff Emerick fait grande impression. Naturellement doué, mélomane, passionné et pointilleux, il fait vite des merveilles en studio d’enregistrement. Embauché comme stagiaire en 1962, il assiste aux premières séances d’enregistrement des quatre garçons dans le vent. Évoluant rapidement grâce à son sens du détail, il assiste l’ingénieur du son Norman Smith sur les albums des Beatles. Jusqu’à Revolver, en 1966. Smith étant parti s’occuper des prometteurs Pink Floyd, George Martin désigne comme Emerick ingénieur du son officiel des Beatles. Il n’a que 19 ans. C’est à ce moment-là, rempli d’angoisse et d’excitation (prémonitoires de la suite des événements), que débute En studio avec les Beatles. Même après les Beatles, la vie continue. Emerick revient sur la construction puis le naufrage des studios Abbey Road puis ses multiples collaborations avec McCartney, notamment avec les Wings. Ces expériences seront le ciment d’une longue amitié, renforcée lorsque McCartney et Emerick perdent respectivement leurs épouses emportées par le cancer. L’ingénieur du son se souvient aussi de son rôle dans les enregistrements des Badfinger et d’Elvis Costello. C’est ce dernier qui signe la préface de l’ouvrage, louant les qualités d’écoute – dans tous les sens du terme – d’Emerick. Costello ne cache pas sa joie de voir enfin la vie de studio des Beatles révélée, réaction compréhensible lorsqu’on sait que les Beatles, à leur manière, réinventèrent, de manière pérenne et révolutionnaire, la musique. Sophie Rosemont
nonfiction.fr,
janvier 2010
Agnès Léglise
Rock & Folk,
janvier 2010
Parmi les plus intéressants, ce recueil fleuve de presque 500 pages ressort du lot. Dans cet ouvrage incontournable, Geoff Emerick nous permet de découvrir qu’il mit au point des méthodes qui donnèrent au son des Beatles une nouvelle couleur. Raymond Serini
Nouvelle vague,
janvier 2010
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