Parution : 19/04/2012
ISBN : 978-2-36054-050-1 272 pages 148 x 210 23.00 euros |
Joël Bastenaire
Back in the USSR
Une brève histoire du rock et de la contre-culture en Russie
Back in The USSR est une étude habitée et érudite de la naissance et de l’évolution de la musique rock en URSS. Après un rapide retour sur les courants artistiques des premières années du régime puis sur l’irruption du jazz, on entre de plain pied dans l’histoire fascinante du rock russe : sa géographie, de la tranquille Estonie à la remuante Georgie ; ses personnages, des bardes révoltés aux groupes autorisés ; ses conflits ou ses renoncements face au pouvoir de l’État soviétique.
Cet ouvrage permet la découverte de cet espace-temps culturel longtemps resté ignoré de l’Occident, il comporte une sélection commentée de groupes et d’albums. Né à Paris en 1957, ancien administrateur de l’IRMA, attaché culturel à Moscou puis conseiller culturel en Georgie jusqu’en 2011, Joël Bastenaire est un fin connaisseur de la Russie mais aussi du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. En 1987, il créé une structure de production dédiée aux artistes de rock russe lui permettant d’être un acteur privilégié de cette histoire.
EXTRAIT
Sidérés par l’ampleur du marché des enregistrements interdits en même temps que rassurés par le peu de discours vraiment politiques, les stratèges du contrôle décident de généraliser l’expérience tentée depuis 1981 à Leningrad : « un rock club, puis deux puis trois, des rocks clubs partout ! » S’il n’est pas possible d’entraver le flux de circulation des bandes enregistrées de musique interdite, mieux vaut essayer de contrôler en amont la production même de ces musiques. Et même, si possible, suivre au plus près les échanges de produits importés, objets d’un marché noir intense et très fructueux. C’est ainsi que la principale bourse aux disques rock et pop d’occasion s’établit à Moscou dans le souterrain de la place Loubianka, aux pieds du siège du KGB (…). |
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Comment le rock a changé l'Union soviétique
Une contre-culture avait émergé en URSS dans les années 1980. Retour sur une épopée mal connue. c’est une histoire peu connue : celle des groupes de rock qui ont commencé à secouer le conservatisme soviétique dès le début des années 1980, avant l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev en 1985. Le mouvement naît à Saint-Pétersbourg, qui se nommait alors Leningrad. Le groupe Kino, dirigé par un Russo-Coréen, Viktor Tsoï, se produit discrètement dans quelques appartements, caves et cafés branchés de la ville, et connaît très vite un grand succès. Sur de mauvaises cassettes, les jeunes copient ses tubes, qui brocardent et bravent le régime finissant de Brejnev. Dix ans plus tard, le pouvoir politique s’étant révélé incapable de maîtriser ce qui paraissait une «dégénérescence » aux vieux apparatchiks, Viktor Tsoï accueillera lui-même le groupe Noir Désir à Saint-Pétersbourg. Claude-Marie VADROT
POLITIS,
3 mai 2011
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