Parution : 01/10/2006
ISBN : 978-2-9168-6204-0 96 pages 15 x 23 cm 20.00 euros |
Armand Robin
Lettres à Jean Guéhenno suivi de Lettres de Jules Superveille
Préface de Jean Bescond
Document de première importance, ces Lettres à Jean Guéhenno nous révèlent un jeune Armand Robin (1912–1961), extraordinairement lucide, déterminé, et envisageant déjà, presque au détail près, ce que sera son destin humain et littéraire.
Il est alors un jeune étudiant, convaincu de ses échecs à venir, de la « non-carrière » qui l’attend. Jean Guéhenno est alors son professeur attentif, admiratif déjà de ce jeune homme des plus doués. Armand Robin confie à ce « maître » ces projets et ambitions, le traducteur déjà, le poète surtout et l’auteur du Temps qu’il fait naît sous nos yeux. Le plus étonnant c’est de voir Robin décliner l’offre que lui fait Guéhenno de devenir un collaborateur de la revue Europe : il revient d’un séjour en URSS, est révolté de la souffrance physique et spirituelle qui y règne et de la victoire de cette « fausse parole » qu’il dénoncera toute sa vie durant. Il dresse un plan précis de son avenir, de refus de toute forme de pouvoir, d’être, toujours, d’où qu’ils soient, au côté des persécutés. D’être cette voix par laquelle passent toutes les voix de poésie véritable, des plus humbles, comme ces paysans bretons qui l’ont élevé, aux plus grands poètes de par le monde. Armand Robin est né en 1912 dans les Côtes d’Armor d’une famille de cultivateurs. Romancier, poète et traducteur prodigieux (il connaissait plus de vingt langues), il publie ses premiers poèmes en 1935. Ma Vie sans moi est édité par Gallimard en 1940. 1942 est l’année des traductions, notamment Pasternak, mais aussi l’année où il publie chez Gallimard Le Temps qu’il fait. Très vite, il rompt avec ce milieu de l’édition traditionnelle pour rejoindre la Fédération anarchiste où il publie les Poèmes indésirables en 1945. Par la suite, il collabore aux revues Combat et Le Libertaire et continue son travail de traducteur tout en créant en 1951 une émission de radio, « Poésie sans passeport », consacrée à la poésie étrangère. Inépuisable découvreur de poètes, il montrera le plus grand souci éthique quant à l’acte poétique. Il meurt le 27 mars 1961.
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