Parution : 15/10/1998
ISBN : 2-9512313-1-8 96 pages 12 x 20,5 11.43 euros
Épuisé
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Marco Antonio de la Parra
La Secrète Obscénité de tous les jours - Héroïne - Héros
Recueil inédit de trois pièces de théâtre
Traduit de l’espagnol (Chili) par Denise Laroutis et André Delmas Illustration de couverture : Emmanuelle Rostaing La secrète obscénité de tous les jours
Devant à un collège de jeunes filles, deux hommes en imperméable convoitent le même banc. Un dialogue s’engage entre S et K, habile mélange de sous-entendus et d’insinuations… Qu’attendent-ils vraiment, pourquoi craignent-ils tant d’être vus ? Dans cette farce macabre sur le pouvoir des idéologies perverties qui mènent le monde, Marco Antonio de la Parra opère la destitution des idoles. Cette pièce livre un combat sans merci contre le dogmatisme qui s’érige en loi. Cette pièce est une réflexion pleine d’humour et de dérision sur la difficulté de vivre dans un pays qui fut soumis à une dictature féroce pendant tant d’années. Héroïne En huit tableaux brefs et discontinus, où la parole génère l’image, Héroïne erre sur les décombres de notre civilisation, en quête de ses origines, et du héros. Héros Dans un langage de bande dessinée, en courtes séquences, le lecteur spectateur voit se dérouler sous ses yeux notre monde post-moderne mais aussi la solitude, l’impuissance, le désarroi de l’homme contraint à la performance, médiatisé, déshumanisé. Marco Antonio de la Parra est né en 1952 au Chili.
Psychiatre de formation, il exerce toujours tout en étant auteur de romans et d’une œuvre théâtrale importante, dont il est parfois metteur en scène et interprète. Il est considéré comme le leader de la nouvelle dramaturgie chilienne. Certaines de ses pièces ont été censurées par le pouvoir militaire. « S. : Et que savez-vous de ces choses, vous n’êtes qu’un espion…
K. : Vous feriez mieux de laisser tomber… S. : Menaçant, hein! A quoi vous sert-il de me menacer puisque je vous ai percé à jour ? K. : Laissez tomber s’il vous plait… S. : Je vous ai percé à jour, vous m’entendez ? Je vous ai percé à jour ! Qu’attendez-vous pour appeler vos gorilles, la voiture, le camion, la camionnette, le bateau à roulettes du marchand de cacahuètes ? Vous utilisez quoi en ce moment ? K. : Laissez tomber, je vous en supplie… S. (Complètement hors de lui) : MAIS JE VOUS AI PERCE A JOUR ! Allez-y, tabassez-moi, ficelez-moi dans un sac, torturez-moi, mettez-moi les menottes, dynamitez-moi, égorgez-moi. Vous utilisez quoi en, ce moment ? Hein ? Allez, je vous ai percé à jour… Vous vous croyez tous très malins, mais je vous ai percé à jour immédiatement, ce n’était qu’un déguisement, une ruse. Allez-y ! Assouvissez votre perversion, sûrement beaucoup plus immorale et sadique que la mienne ! Allons ! Je sais que vous en êtes ! » |
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"La secrète obscénité de tous les jours" : Littérature, psychologie et théâtre
Marco Antonio de la Parra, écrivain et psychologue chilien, vient d’être publié par une maison d’édition locale. Son livre mêle l’irréalisme, le rêve et la douleur.
C’est en présence d’une quarantaine de personnes que la jeune maison d’édition vénissiane "La Mauvaise Graine", a présenté, vendredi soir, sa dernière publication. Il s’agit d’une pièce de théâtre, La secrète obscénité de tous les jours, de l’écrivain, et ancien psychiatre chilien, Marco Antonio de la Parra. Une pièce qui, comme beaucoup d’œuvres, d’auteurs d’Amérique latine mêle le rêve et l’irréalisme à une situation souvent politiquement et humainement douloureuse, mais, hélas, bien réelle. Ce spectacle met donc en scène deux personnages dont la personnalité, déroutante de prime abord, semble déceler de multiples et surprenantes autres facettes. La révélation de leur identité plonge d’ailleurs totalement le lecteur dans le délire, puisqu’il s’agit en fait de Sigmund Freud et de Karl Marx, fin prêt pour une séance de psychanalyse dans un bistrot. Une schizophrénie qui permet à l’auteur de mettre l’accent sur toutes les attitudes qu’il a pu rencontrer en période de dictature, et de dénoncer, tant la collaboration à un régime totalitaire, que l’absence de réaction face à cela. Oublier la dictature… Le contexte de la rencontre des deux personnages est un pays qui s’éveille lentement et péniblement d’une dictature; un contexte où les personnages ne savent plus réellement qui ils sont, ce qu’ils ont fait durant ces périodes troublées, en qui ils peuvent encore avoir confiance, et comme le dit si bien la pièce : "Si le pays était foutu, est-ce qu’il faudrait le dire ou ne pas le dire ?" Cette sombre farce pleine d’humour, parfois légère mais souvent cynique, dénonce avec force le pouvoir que les idéologies possèdent dans le monde contemporain. La soirée, qui avait donc débutée par une lecture de la pièce, s’est prolongée avec une intervention d’un réfugié politique chilien venu parler de l’auteur, de son œuvre, et surtout donner des nouvelles du Chili à qui l’arrestation du général Pinochet a donné l’espoir que la prise de conscience mondiale leur permette d’avancer et de se relever de ce drame. Puis c’est autour d’un verre de l’amitié et au rythme chaleureux de la musique chilienne, jouée par le Trio Tanka, que la soirée s’est achevée sur une note optimiste et joyeuse. Le Progrès,
28 février 1999
Révolte contre un père obscène
Marco Antonio de la Parra, 45 ans, "non militant proche de la gauche", est à la fois psychiatre et dramaturge. Il a signé une vingtaine de pièces. Après le coup d’Etat, il a connu la censure : "Une sensation de mort, de ne plus pouvoir penser, la hantise de se transformer, de façon kafkaïenne, en pinochettiste, renforcée par l’autocensure et en sentiment de culpabilité." Comment réapprendre à écrire librement après une dictature que l’on a ni choisie ni combattue ? En mars dernier, lorsque le général à la retraite a prêté serment comme "sénateur à vie", Marco Antonio de la Parra, complice passif, parfait exemple de la majorité silencieuse, ne supportait plus son propre silence, ni "Son" silence (majuscule réservée à celui qui s’est considéré comme le dieu du Chili, ou son ange exterminateur). C’est dans la fureur qu’il a écrit sa "Lettre ouverte à Pinochet", avec ce sous-titre ironique : "Monologue de la classe moyenne chilienne avec son père" (éd; du Serpent à plumes). Rédigé à la première personne, c’est à la fois un acte d’accusation et de contribution. Il interpelle l’insubmersible Pinochet qui avait remplacé la démocratie par la dictature, tourné l’armée contre le peuple, utilisé la terreur contre le droit, proclamé le déclin définitif de la parole et instauré le culte du libre marché. "Vous avez fait de moi un malade rongé par la peur et ses parasites : la haine, la culpabilité, l’amertume et la fuite obsessionnelle. Vous m’ave transformé en lâche. Vous avez foutu ma vie en l’air." Aujourd’hui où la peur à changé de camp, l’écrivain s’apprête à écrire une suite à sa lettre. Et évoque l’espérance : "Elle se transmet de père en fils, de mère en fille, comme une prière par où coule la véritable histoire du Chili." Quant à la question de savoir si le docteur de la Parra pourrait soigner le "patient anglais", traiter son "indisposition mentale", la réponse est catégorique : "Physiquement, je serais incapable d’approcher ce père obscène et castrateur, imposé par la force, aujourd’hui en train de pourrir."
Ruth Valentini
Le Nouvel Observateur,
décembre 1998
Un duo qui nous mène à un dénouement inattendu. Une réflexion pleine d’humour sur les compromissions auxquelles le pouvoir soumet l’idéologie. *Né en 1952, au Chili, Marco Antonio de la Parra est psychiatre de formation. Si certaines de ses pièces sont à l’époque censurées par le pouvoir militaire, il s’impose néanmoins, dès les années 70, comme l’un des leaders de la dramaturgie de son pays. Quatre de ses pièces ont déjà été crées en France. Théâtral,
1999
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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net


