La Fabrique
Qui sommes-nous ? Diffusion/Distribution Lettre d'information La Chronique
Nouveautés
À paraître
L'Histoire cachée du nihilisme
Parution : 19/09/2008
ISBN : 978-2-91-337279-5
224 pages
18.30 euros
Port : 1.83 euros
Michèle Cohen-Halimi - Jean-Pierre Faye
L’Histoire cachée du nihilisme
Jacobi, Dostoïevski, Heidegger, Nietzsche

Quel est donc ce mot, d’allure « absurde », qui, au fil des temps, a désigné tout à la fois, en des moments différents, les futures victimes et les bourreaux en action ?

Nihilisme, sorte de signifiant flottant, a une histoire mal connue dont ce livre restitue les étranges méandres. Elle commence pendant la Révolution française, et son premier locuteur est Anacharsis Cloots, « Allemand, baron, millionnaire, athée, hébertiste, candide » selon Victor Hugo. Député à la Convention, autoproclamé orateur du genre humain, il finira dans la même charrette qu’Hébert, après avoir déclaré que « la république des droits de l’homme n’est ni théiste ni athée : elle est nihiliste ».
Mais la véritable irruption du mot dans le territoire de la philosophie date de la querelle entre Jacobi et Fichte, autour de 1800. Jacobi, sorte de contre-philosophe ennemi des Lumières, choisit le vocable « nihilisme » pour confondre l’athéisme et pour dénoncer Kant, à travers Fichte et ses amis, s’attirant les foudres de Hegel : ainsi le nihilisme se trouve-t-il au carrefour de la critique kantienne et du romantisme naissant.
On le retrouve un peu plus tard dans le milieu cosmopolite des révolutionnaires russes : chez Bakounine, puis chez Dostoievski – qui invente par le roman la scène métaphysique de la tragédie du nihilisme – et dans les romans de Tourgueniev.
Dernière étape du nihilisme au XIXe siècle : Nietzsche, qui va « séparer les fils, dénouer les affinités truquées, analyser la composition de l’explosif pour dissocier différentes formes du nihilisme ».
Après ce parcours, magistralement retracé par Michèle Cohen-Halimi, la deuxième partie du livre, écrite par Jean-Pierre Faye, est consacrée à l’utilisation du nihilisme par Heidegger. Méthodiquement, Faye démonte les contradictions, les références fautives à Nietzsche, les « mises en faux » qui servent à Heidegger à sa propre justification et à celle d’un nihilisme d’État.
« Peut-être ces nihilistes ironiques et pourtant redoutés – Pyrrhon, Montaigne, Nietzsche – sont-ils les seuls à tenter de trouver la clef vraiment. De cette lourde masse transformable de dangers, qui ont pris tour à tour le pseudonyme, ou le nom vrai, de nihilisme. »

Michèle Cohen-Halimi est philosophe, maître de conférences à l’université de Paris X-Nanterre. Elle a écrit : Entendre raison, Vrin, 2005 ; Seul le renversement, éditions de l’Attente, 2006. Elle a aussi traduit de nombreux textes de langue allemande (Kant, Kleist, Nietzsche, Warburg …). Dernière traduction à paraître : Werner Hamacher Anataxe, virgule, équilibre, éditions Eric Pesty.

Jean-Pierre Faye est l’une des grandes figures de la philosophie française d’aujourd’hui. Derniers ouvrages parus : Nietzsche et Salomé, la philosophie dangereuse (2000) et La Philosophie désormais (2004).

Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net