Parution : 01/06/2011
ISBN : 978-2-84303-215-8 120 x 201 mm 11.00 euros |
Collectif
Eau et féminismes
Petite histoire croisée de la domination des femmes et de la nature
Avec les contributions de Sylvie Chaperon, Claudine Cohen, Jules Falquet, Sandrine Goldschmidt, Émilie Hache, Rose-Myrlie Joseph, Janine Mossuz-Lavau, Sylvie Paquerot, Évelyne Peyre, Marie-Dominique de Suremain, Joëlle Wiels
Le rapport des femmes à l’eau et à l’environnement reste souvent compris à partir de l’idée de leur identité naturelle : l’eau symboliserait « la nature » des femmes, qui seraient de toute éternité les « gardiennes » de l’eau.
Les auteures de ce livre sont des intellectuelles et des militantes qui analysent cette question à l’aune du combat mené pour l’émancipation par le féminisme. Elles convoquent ainsi la critique féministe des discours à propos de la nature, des rapports de domination Nord-Sud, de la division sexuelle du travail, et font entendre le point de vue des femmes les plus discriminées parce que femmes, du tiers-monde, noires ou ouvrières. Les analyses féministes du rapport des femmes à l’eau et à l’environnement replacent ainsi la perspective de leur libération conjointe ailleurs que dans le discours naturalisant et dans la charité organisée des femmes et hommes du Nord à l’égard des femmes des pays pauvres. Le féminisme apparaît dès lors non seulement comme un combat pour la libération des femmes, mais aussi comme une arme pour comprendre et agir pour la préservation de l’eau et de l’environnement en tant que biens communs. Sylvie Chaperon est historienne, spécialiste de l’histoire du genre et de la sexualité, directrice de recherches à l’université de Toulouse-Le Mirail.
Claudine Cohen est philosophe et historienne des sciences, spécialiste de l’histoire de la paléontologie et des représentations de la préhistoire, elle enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales, où elle dirige, avec Henri Atlan, le programme de recherches « Biologie et société ». Jules Falquet est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Paris-VII Diderot, elle est membre du Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques (CSPRP), co-responsable du Centre pour la documentation, la recherche et les études féministes (CEDREF) et responsable du master-recherche « Genre et développement ». Sandrine Goldschmidt est journaliste et animatrice du blog « À dire d’elles », présidente du festival féministe de documentaires « Femmes en résistance ». Émilie Hache est philosophe politique de l’environnement, maîtresse de conférences à l’université Paris Ouest-Nanterre La Défense. Rose-Myrlie Joseph est doctorante en études féministes à l’université de Lausanne et en sociologie à l’université Paris-VII Diderot, elle travaille sur le thème de l’articulation des rapports sociaux de sexe, de classe et de race dans la migration et le travail des femmes haïtiennes. Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences-Po, CEVIPOF, chargée de cours en histoire, théorie politique et genre, féminisme et sociétés. Sylvie Paquerot est docteure en sciences juridiques et politiques de l’université Paris-VII Diderot, professeure à l’École d’études politiques de l’université d’Ottawa, où elle dirige le LERSS-Eau. Évelyne Peyre est chercheuse au laboratoire éco-anthropologie et ethnobiologie du CNRS, co-fondatrice et vice-présidente de l’Institut Émilie du Châtelet pour le développement et la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre. Marie-Dominique de Suremain est urbaniste, spécialisée en études de l’Amérique latine, a dirigé l’ONG Enda Colombie (Environnement et développement du tiers monde) pendant huit ans. Joëlle Wiels est généticienne, directrice de recherches sur le cancer à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif, vice-présidente de l’Institut Émilie du Châtelet. Sommaire Ouverture. S’abreuver d’eau, de politique et de féminisme, Sylvie Paquerot Partie I. Les femmes, les sciences et la nature : quand le féminisme bouscule le discours dominant Chapitre 1. Déconstruction du discours savant sur la nature propre aux femmes, Évelyne Peyre et Joëlle Wiels Chapitre 2. L’homme préhistorique était aussi une femme. Regards sur la femme des origines, Claudine Cohen Chapitre 3. Des égouts et des femmes : l’hygiénisme au XIXe siècle, Sylvie Chaperon Partie II. Les femmes, la politique et l’environnement : de l’aide au développement à l’écoféminisme Chapitre 4. Des technologies au service des femmes : une ONG en Colombie, Marie-Dominique de Suremain Chapitre 5. Féministes et écologistes : quand le sacré est politique, Émilie Hache Chapitre 6. Écoféminisme : naturalisme ou révolution ?, Jules Falquet Partie III. Les femmes, l’eau et le travail : servitudes et émancipations Chapitre 7. Entre libérations, violences et stéréotypes persistants, Janine Mossuz-Lavau Chapitre 8. L’eau et les femmes dans la division du travail : de la corvée à l’esclavage domestique, Rose-Myrlie Joseph Chapitre 9. Pour le bien commun, Mercedes Galano et Anne Le Strat, deux femmes dans les services publics de l’eau, Sandrine Goldschmidt Les Mardis de l’eau en 2010 Les conférences Femmes et environnement : « Les empêcheuses de tourner en rond » Bibliographie sélective |

