Parution : 16/09/2010
ISBN : 978-2-940358-59-5 64 pages 14,8 x 21 cm 16.00 euros Port : 3.20 euros |
Pascal Omhovère
Une vie débutante
Étude pour saint Symphorien
Tout part d’un match de football auquel un jeune homme de treize ans assiste en 1974, ou 1975 peut-être, en compagnie de son camarade Thierry Jehl. Cinq lustres ont passé. Le jeune homme, qui a singulièrement vieilli, traverse ce Metz-St Etienne des années soixante-dix, et revoit vibrer le stade Saint-Symphorien, haut lieu de purgation des passions. Précisément juché dans les populaires, il s’interroge sur ce saint méconnu qui a donné son nom au stade, et tente de déchiffrer la sainteté à la fois cachée et partout présente, dans le langage, sur la pelouse et dans nos vies… Ses réflexions lui font revivre un autre match où il n’était pas spectateur, mais joueur : match catastrophe, événement marquant de sa vie débutante… Cependant le théâtre lui ouvrira ce jour-là ses bras féminins. Il remonte à la source de cet amour du théâtre. A l’adolescence, période de la vie où les choix s’imposent, trois pôles particulièrement l’auront magnétisé : le football, la religion et le théâtre. Aujourd’hui, il les relie, débat avec lui-même et sa solitude. Se projetant dans des tableaux d’Antonello da Messina, d’Ingres et du Pontormo, il réinvente sa propre épopée et celle du FC Metz, dans un langage direct et naïf, sachant que « ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire… » « Le ton prosaïque d’ Une vie débutante, à la fois proche du langage parlé d’un adolescent et de celui du rêveur que cet adolescent est devenu (ou resté) aujourd’hui, est comme un appel au théâtre (dont il est par ailleurs, directement ou indirectement, presque uniquement question dans ce texte). Une vie débutante a été crée le vendredi 7 mai 2010 au théâtre de la Minoterie à Marseille, avec Julien Maret et Pascal Omhovère, dans une mise en scène de Xavier Marchand et des lumières de Marie Vincent. Pascal Omhovère est né le 15 avril 1962 à Metz. Batteur de rythm and blues, puis artiste dramatique. A travaillé comme comédien avec Xavier Marchand (récemment dans Premier amour de Samuel Beckett), Bruno Bayen, Jean-Louis Wilhelm, Paul Laurent, Noël Casale, Corinne Miret et Stéphane Olry, et très régulièrement depuis les années 80 avec Michaël Lonsdale, Jean-Marie Patte, Valère Novarina,…
Il a adapté et mis en scène à ses débuts L’Écume des jours de Boris Vian, puis notamment deux spectacles dans les forêts du sud de l’Oise avec de jeunes comédiens amateurs : Thérèse dans la forêt d’après les écrits de sainte Thérèse de Lisieux, et Sylvie d’après la nouvelle de Gérard de Nerval. Plus récemment Forza Bastia de Noël Casale ; ainsi que la Comédie de Macbeth de Jean-Marie Patte et Hippolyte de Robert Garnier à la Scène Nationale d’Evreux… A animé des stages de théâtre en France et à l’étranger, surtout autour de l’œuvre de Valère Novarina, avec lequel il collabore depuis vingt-cinq ans en tant qu’acteur, assistant, secrétaire, ainsi que dramaturge depuis une quinzaine d’années (L’Origine rouge, la Scène, Lumières du corps, l’Acte inconnu…) Pour entrer dans le stade, la méthode la plus classique, qu’on ait ou non la tchatche, c’est de tricher sur les âges. Et il convient sans doute de le faire toute sa vie de toute façon ; d’être toute la vie ainsi comme ça dans de fausses connaissances et confidences sur nos âges ; par honnêteté devant l’éternité de ces espaces infinis ; par honnêteté et par courage. Mais payer, ça, non ! Et d’abord, avec quoi ? L’argent ne compte pas. N’y songeons pas. Ca n’existe pas. Allez, on se rajeunit, il faut tenter de toute façon. Il faut faire entrer le tout pour le tout dans un stade. Il y a autant de digressions possibles que de mirabelles sur une tarte tiède. C’était plus facile qu’on l’aurait cru, on a surtout évité le grommellement de l’échec, la plaie, la rancœur, la contention. On a franchi un feu, une eau, et le stade s’ouvre à nos yeux. La nature offre son paradis circulaire, ovale et réfléchi : le stade qu’un stade entier contemple ; comme si on installait un stade en pleine campagne et que 18000 personnes venaient s’y regrouper pour regarder l’herbe. Se ressourcer. 9000 ; 7800 ; 17000 vies… « Allez messins ! Allez messins ! Allez messins ! Allez messins ! »…
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