Parution : 22/05/2009
ISBN : 978-2-940358-15-1 96 pages 14,8 x 21 cm 22.00 euros Port : 4.40 euros |
David Lespiau
Ouija Board
Traduction en anglais de Cole Swensen et en allemand de Cosima Weiter
5 collages de Tom Raworth Captant les messages de la police, la radio installée dans sa Chevrolet (la machine à écrire fixée dans le coffre), Arthur Fellig voulait toujours être parmi les premiers sur les lieux (du crime, de l’incendie, de l’accident…). Et il voulut rapidement qu’on l’appelât Weegee, contraction de ouija board, cet appareil à lire l’avenir composé d’un petit chariot à roulette surmonté d’une flèche, placé au centre du cercle des lettres de l’alphabet – se déplaçant sous les mains des spirites en herbes, désignant successivement des lettres composant bientôt un nom, un mot, une phrase. Il s’agissait d’un travail, c’est-à-dire, pour les sciences physiques ou la psychanalyse, d’un déplacement (Weegee dormait et d’ailleurs vivait dans sa voiture) ; un travail de photographe de presse, à la recherche d’un événement.
David Lespiau Bibliographie : L’épreuve du Prussien, Le Bleu du ciel, 2003 ; La poursuite de Tom, Farrago- Léo Scheer, 2003 ; La mort dans l’eau l’âme download (85 polaroïds de plage), Spectres Familiers, 2003 ; Spirit II, Contrat Maint, 2004 ; [Autocuiseur], éditions de l’Attente, H.C., 2004 ; La poule est un oiseau autodidacte, éditions de l’Attente, 2005 ; Réduction de la révolution la nuit, Contrat Maint, 2005 ; De l’électricité comme moteur, éditions de l’Attente, 2006 ; Quatre morcellements ou l’affaire du volume restitué, Le Bleu du ciel, 2006 ; [Or est un mot minuscule], éditions de l’Attente, H.C., 2006. Cole Swensen Cosima Weiter Tom Raworth « Rejoignant en 2001 le projet de la revue ISSUE, je voulais à la fois travailler à l’élaboration commune d’un objet – la conception de la revue, le temps passé sur les textes, le montage des cinq numéros prévus – comme au projet personnel d’un feuilleton, qui deviendrait Ouija Board, et ses quinze épisodes. Je travaillais à l’époque sur un ensemble composé de vingt-trois sections, alternant des vers de cinq et sept pieds, et dont le titre provisoire était Cœur noir. Ce titre fixait pour moi des notions de centre, d’architecture, de squelette – le poème se serait voulu structure d’un récit absent, hors champ – corps absent d’une aventure que j’imaginais noire, dont la tonalité devait être celle d’un polar. Mais l’ensemble posait problème, et ne trouvait pas de solution. J’avais finalement décidé d’utiliser une partie du matériau de Cœur noir pour en faire quelque chose d’autre. Je m’étais procuré le Weegee’s New York, Photographs 1935–1960, chez Schirmer Art Books, 1992, avec ses 335 photographies légendées en américain, allemand et français – traductions parfois approximatives dans ces deux dernières langues. Une connexion s’était faite en 2000, alors que je remettais à plat l’édifice de Cœur noir pour voir si je pouvais m’en sortir. J’avais feuilleté la veille le Weegee, resté sur la table, et je le repris pour essayer d’échapper au problème. La connexion possible des deux livres apparut alors distinctement, chacune des légendes du Weegee semblant s’avancer pour éclairer, contre-dire ou compléter chaque ligne du poème en construction. Quelque chose se passait, je commençais à prélever les légendes de chaque photographie, dans leur succession, de chapitre en chapitre (les titres des chapitres du Weegee deviendraient les titres de ce livre), et à les incorporer au poème existant. La première version du travail devait prendre environ un mois ; la seconde et toutes les versions ultérieures – durant lesquelles chaque ligne du poème original fut modifiée – prirent environ quatre ans, rythmés par les cinq parutions d’ISSUE de 2001 à 2004. À partir du n°2, la série s’ouvrait par un résumé des épisodes précédents : collage de Tom Raworth réalisé à partir de fragments de photographies de Weegee dont les légendes avaient été utilisées. Ce livre – dans son respect des trois langues du Weegee original, son format, son utilisation des couleurs… – doit sa configuration à Alain Berset ; et la reconstruction des versions américaines et allemandes respectivement à Cole Swensen et Cosima Weiter. L’ensemble – texte français remanié depuis les versions parues dans la revue – est devenu quelque chose de différent. Un nouveau ouija board. » David Lespiau |

