Parution : 22/05/2009
ISBN : 978-2-940358-36-6 304 pages 13 x 19 cm 20.00 euros Port : 4.00 euros |
Áron Tamàsi
Ábel dans la forêt profonde
Traduit du hongrois par Agnès Járfás
Avant-propos de Thierry Sartoretti Étonnant dans ça façon de traiter des sujets profondément dramatiques au cœur d’un récit empreint de gaîté, Ábel dans la forêt profonde est un texte majeur de la littérature hongroise. Roman d’apprentissage, il est animé par une prose enjouée et baroque. Sa langue emprunte largement au dialecte local ; les dialogues, pleins d’humour, s’articulent autour de traits d’esprit et de jeux de mots. Il est parmi les textes les plus attachants et les plus lus aujourd’hui en Hongrie. « Après quoi je me dis : quelle créature mystérieuse que l’homme ! Le jour, il lutte contre ce qui est, et la nuit il lutte contre ce qui n’est pas. Et lorsque le jour et la nuit passent, ce qui avait existé devient parfaitement identique à ce qui n’avait pas existé. Quelle curieuse créature ! Il a tant d’intelligence, qu’il est capable de fabriquer une arme en acier, comme il est capable d’inventer le diable du néant, mais il ne pourra jamais deviner ce qui arrivera demain, pourtant, il aurait été facile de deviner avant-hier ce qui allait arriver hier. » Agnès Járfás Ouvrages traduits Dezsö Kosztolányi. L’Œil-de-mer. Traduction collective sous la direction de Jean-Luc Moreau. Presses Orientalistes Françaises, 1986–1988. 2 vol. « Cap sur l’Est. Laissez derrière vous la vaste plaine pannonienne, franchissez la Tisza par un jour sans crue et remontez les méandres de la Mures. Coupez ensuite par la montagne où les lacs portent des noms d’ours et rejoignez d’autres flots turbulents, ceux de l’Olt qui auraient vu le diable même mourir gelé. C’est là, dans le comté forestier de la Hargita, où l’on salue en hongrois, mais règle ses dettes en lei roumains, qu’est née la légende d’Ábel. Áron Tamási est parfois comparé à Giono ou Ramuz pour la saveur de sa langue, ses dialogues si proches des roublardises du parler sicule, et son attachement jamais démenti à sa terre natale. Il ne saurait toutefois être réduit au rang d’auteur régionaliste, toute son œuvre – ses romans, ses nouvelles comme son théâtre – tendant en effet vers une dimension humaniste et universaliste souvent proche de la féerie ou du conte oriental. Resté à Budapest durant les années de plomb du stalinisme, ce démocrate à l’esprit trop indépendant fut mis au ban de la littérature sous l’accusation – faute de mieux – de déisme, avant de se voir réhabilité tant le succès de ses écrits dépassait les tentatives de censure. Une première traduction francophone du roman vit le jour en 1944 en Suisse, alors que Budapest guettait l’arrivée des chars soviétiques. Publié à Lausanne par la Guilde du livre, Ábel dans la forêt sauvage fut traduit par un étrange duo réuni quelques semaines durant à Genève par les circonstances de la guerre. Jeune boursier de Budapest et futur grand œil du Parti sur les lettres hongroises, Péter Nagy s’était lié avec l’anarchiste français en exil André Prudhommeaux. Savoureuse, mais éloignée du texte original par ses nombreuses corrections, cette première traduction s’est perdue dans le chaos de la fin de la guerre. Il a ainsi fallu attendre plus de soixante ans, pour que ce récit extraordinaire ressurgisse des forêts du Hargita dans une nouvelle traduction plus fidèle au texte originel. » Thierry Sartoretti |

