Parution : 17/03/2009
ISBN : 978-2-9149-6855-3 336 pages 14 x 20,5 cm 22.00 euros
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11.00 euros |
Collectif
Enfermés dehors
Enquête sur le confinement des étrangers
coordonné par Carolina Kobelinsky et Chowra Makaremi
Préface de Didier Fassin Centres et locaux de rétention, centres d’accueil pour demandeurs d’asile, zones d’attente, prisons… En France, comme ailleurs en Europe, la mise à l’écart des étrangers dans des lieux d’enfermement ou de résidence provisoires est devenu de plus en plus courante. Quelle est la vie réelle de ces lieux qui sont à la fois des espaces de relégation et des espaces transitoires de la circulation ? Quelles frontières physiques, symboliques et morales se (re)configurent à travers ces dispositifs de gestion des étrangers “indésirables” ?
Les auteurs de cet ouvrage – anthropologues, sociologues, historiens, politistes – proposent une série d’études empiriques qui apportent de nouvelles données sur une réalité difficile d’accès. Leurs enquêtes s’interrogent sur les enjeux politiques du confinement, mais aussi sur son traitement institutionnel et ses modalités concrètes dans les pays européens. Elles proposent une réflexion sur la réalité de nos pratiques migratoires en partant des nouveaux espaces qu’elle crée et de la situation vécue par ceux qui y transitent. Cette constellation de zones, de centres, de structures d’hébergement sont des noeuds dans des trajets d’exil de plus en plus compliqués et ambigus. Le quotidien de l’attente, de la détention et de l’expulsion des étrangers doit en effet être resitué plus largement dans des itinéraires et les expériences de vie qui sont le plus souvent méconnus, parce que ceux qui les font restent tenus à distance. Au-delà de l’enfermement, les dispositifs de gestion orchestrent une expérience de relégation – hors d’une communauté – et d’emprise intime de l’État – sur des non-citoyens – en engageant de nouveaux modes d’être. Quelles conditions d’existence ces nouvelles façons de gouverner produisent-elles dans le contexte global dans lequel nous vivons ? Comment se repose la question de l’identité, de l’identification et des valeurs ? Dans les colonies pénitentiaires – Préface de Didier Fassin Le voyageur avait eu l’intention de poser plusieurs questions ; mais il demanda seulement : « Connaît-il son verdict ? – Non, dit l’officier prêt à poursuivre aussitôt ses explications, mais le voyageur l’interrompit : Il ne connaît pas le verdict prononcé contre lui ? – Non, répéta l’officier, il serait inutile de le lui annoncer. Puisqu’il va l’apprendre dans son corps. » (Franz Kafka, Dans la colonie pénitentiaire) Qu’un domaine de recherche se constitue en sciences sociales autour du confinement des étrangers ; que des sociologues, des anthropologues, des politistes, des juristes, des géographes, des démographes travaillant dans les différents pays européens aient pour objet commun de leur investigation la manière dont on criminalise l’absence de titre de séjour et dont on enferme les immigrés en situation irrégulière ; que des conférences, des séminaires, des livres collectifs, des numéros spéciaux de revues soient consacrés à des enquêtes portant sur les camps, les prisons, les centres de rétention, les zones d’attente et plus généralement sur les dispositifs d’incarcération et d’expulsion de personnes dont le seul délit est d’être des sans-papiers : voilà qui ne devrait pas être considéré comme anodin. Et ceci pour deux raisons. D’abord, parce que la banalisation de l’internement comme mode de gouvernement des frontières est un phénomène sinon inédit, du moins remarquable par son actualisation dans un contexte de paix et de démocratie. Ensuite, parce que la multiplication des travaux sur ce phénomène atteste l’existence d’une forme de résistance à ce qu’on voudrait imposer comme une évidence, à savoir que le contrôle des flux migratoires passe nécessairement par la privation de liberté et la restriction des droits. L’ouvrage collectif dirigé par Carolina Kobelinsky et Chowra Makaremi témoigne de cette double réalité. Sa publication a donc en soi une signification sociale. |

