Cent pages
Diffusion/Distribution
Nouveautés
À paraître
Red le démon
Parution : 04/02/2010
ISBN : 978-2-9163-9012-3
240 pages
12,5 x 19,5 cm
20.00 euros
Gilbert Sorrentino
Red le démon
Traduit de l’anglais par Bernard Hœpffner avec la collaboration de Catherine Goffaux
Au moins une fois par jour, pour un oui ou pour un non, Mémé, la grand-mère de Red, lui flanque une telle raclée (avec louche, presse-purée, cuillère en bois, poêlon, ceinture, etc.) que la morve jaillit de son nez. Voici donc, réunis pour le meilleur du pire dans un miteux appartement new yorkais pendant la Dépression, Mémé, loqueteuse et machiavélique harpie frustrée ; Pépé, veule et sentimental (Lucky Strike et whiskey) ; coureur, raté complet ; enfin Red, bouc-émissaire et héros malgré lui de cette conjuration des imbéciles.
On l’aura compris, c’est un livre dur, violent et sombre. Et ça n’arrête pas. Jusqu’à la fin, le bombardement est continu. Mais c’est sans doute dans cette noirceur sans espoir que l’on peut trouver un aspect comique : il est vrai que l’espèce de jubilation évidente ressentie par grandma lorsqu’elle planifie ses pires coups ou les aspects définitivement pervers des contre-attaques progressivement mises en place par Red poussent le lecteur tellement loin de ce qu’il considère normal qu’il ne peut s’empêcher de ricaner, si ce n’est de franchement rire. C’est d’ailleurs cette exagération dans l’horreur qui signale clairement que Red the fiend, contrairement aux apparences, n’est pas un livre réaliste – ce qui aurait surpris de la part de Sorrentino. Au-delà de leur méchanceté et de leur brutalité, il n’y a, ni chez grandma, ni chez Red, d’autre émotion. Ils ne sont que ça. Ils sont, en quelque sorte, des clichés poussés à leur extrémité.

Gilbert Sorrentino (1929–2006) a publié une vingtaine de livres (critique, poésie et romans). Bien que son œuvre soit en partie plongée dans le Brooklyn de son enfance dont il sait si bien faire revivre la langue, elle est également très proche de la culture européenne et de certaines recherches formelles. Il a lui-même énuméré quelles nécessités sous-tendaient son écriture : « un souci obsessionnel de la structure formelle, une aversion pour la répétition de l’expérience, l’amour de la digression et de la broderie, un grand plaisir à donner des informations fausses ou ambiguës, le désir d’inventer des problèmes que seule l’invention de formes nouvelles peut résoudre, et la joie de se faire une montagne d’une taupinière ».

Son œuvre en français:

La Folie de l’or (traduit par Bernard Hœpffner, Cent pages, 2010)
Steelwork (traduit par Bernard Hœpffner avec la collaboration de Catherine Goffaux, Cent pages, 2010)
Salmigondis (titre original : Mulligan Stew, traduit par Bernard Hœpffner, Cent pages, 2007).
Petit casino (traduit par Bernard Hœpffner, Actes Sud, février 2006)
Le ciel change (traduit par Philippe Mikriammos, Les Belles Lettres, 1991)

Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net