Parution : 10/04/2000
ISBN : 2-910846-32-6 216 pages 12 x 21 cm 16.00 euros |
Jean Bernier
La Percée
Roman d’un fantassin 1914-1915
Préface de Charles Jacquier
Acteur méconnu des avant-gardes politiques et littéraires françaises, Jean Bernier (1894-1975) a nourri La Percée (1920) de son expérience de fantassin de la Première Guerre mondiale.
« Maintenant que le silence est retombé sur ce premier hiver pour la raison très simple que presque tous les fantassins qu’il crucifia furent tués par la suite, maintenant que la victoire laisse tout de même les moins sensibles hagards devant notre monceau de morts enfin avoué, ne faut-il pas au survivant qui, pour sa torture n’a rien oublié, crier ce qu’il n’a pu crier pendant la guerre sans être qualifié de fou ou de traître ? Ne faut-il pas venger ceux qui ne tombèrent pas « pour la France » mais pour l’entêtement ou l’amour-propre imbécile de quelques généraux ou de quelques ministres ? »
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BCLF,
26/11/2000
Plein d’enthousiasme guerrier et de haine pour l’ennemi allemand, voilà comment Favigny arrive au dépôt… Mais les assauts glorieux ne sont pas au programme : la réalité suinte une misére de boue, de détonations et d’ennuis. Puis vient l’heure des tranchées où le jeune caporal « prisonnier de la terre » éprouve la vanité de ses fonctions au milieu d’une escouade venue accomplir « son holocauste pour la satisfaction de quelque chef ». Pourtant il sera encore sergent, puis adjudant… mais, défloré désormais de son ignorance, c’est douloureusement qu’il devient homme. Une conscience neuve rapidement mise à l’épreuve pendant une permission, où Favigny affronte un salon parisien intoxiqué du mensonge patriotique. Une demi-défaite qui le laisse « révolté de l’ignorance crasse de l’arrière, de cette arrière-là surtout qui, tâchant à conserver l’état d’âme du début, n’avait, depuis août 1914, rien appris, rien compris, à rien compati ». De retour au front, tandis que l’assaut final approche, mis à la tête d’autres hommes aussi perdus que lui, Favigny est hanté par l’idée que la vérité meurt avec les combattants. Au milieu du chaos des corps lancés pour rien, le récit s’achève sur un cri. Béatrice Vincent
Chronic'art,
04/2000
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