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Lyberagone
L'Ordre moins le pouvoir (poche)
Parution : 28/11/2008
ISBN : 978-2-7489-0097-2
224 pages
11 x 18 cm
10.00 euros
Normand Baillargeon
L’Ordre moins le pouvoir (poche)
Histoire et actualité de l’anarchisme
Édition revue & augmentée
Préface de Charles Jacquier

« Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste. Or, il faut bien le dire : rien n’est plus faux que ce contre-sens qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l’idée d’anarchisme. En première approximation, disons que l’anarchisme est une théorie politique au cœur vibrant de laquelle loge l’idée d’antiautoritarisme, c’est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d’autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la Guerre d’Espagne disait le plus simplement du monde : “Je suis anarchiste : c’est que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres.” On le devine : cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l’a donc ni pardonné ni admis. »

> on retrouve Normand Baillargeon dans le film Chomsky et Compagnie des Mutins de Pangée (sorti le 26 novembre 2008)
> voir le programme des projections

> Cessions/Notiz auf Deutsch

Militant anarchiste, Normand Baillargeon enseigne les fondements de l’éducation et la muséologie à l’université du Québec à Montréal.
Revue de presse
- Consulter Hélène Fabre L'Émancipation syndicale et pédagogique, mai 2009
- Consulter HF Gavroche n°158, avril-juin 2009
- Consulter Nicolas Soguel, Libraire, Payot-Neuchâtel Chronique de Payot, mars 2009
- Consulter Guillaume Davranche Alternative Libertaire n°182, mars 2009
- Consulter Histoire et actualité de l'anarchisme Régis Vlachos Zibeline n°15, février 2008
- Consulter Histoire et actualité de l’anarchisme Paco Le Mague, 21/11/2008

Faute de pouvoir imaginer l’ordre sans la férule de l’autorité, la propagande a rendu le mot “anarchie” synonyme de désordre. Le Canadien Normand Baillargeon, dans la quatrième édition revue et augmentée de son petit manuel sur l’histoire et l’actualité de l’anarchisme, remémore à l’intention des nouvelles générations les racines et l’essence de cet idéal anti-autoritaire.

Les “pères fondateurs”
Si bien des noms – Diogène, Spartacus, Louise Michel… – attestent de la permanence innée de la révolte contre l’injustice, le mouvement se revendiquant de l’anarchisme a un passé historique et des territoires privilégiés. Dans de brefs chapitres, l’auteur retrace avec clarté le parcours des principaux théoriciens et les différentes formes d’anarchisme. En France, pendant la révolution de 1789, le Directoire qualifie d’“anarchistes” le groupe des Enragés qui dénoncent le despotisme des nouvelles lois en faveur de la bourgeoisie. L’Anglais William Godwin (1756–1836) formule les bases rationalistes, anti-autoritaires et anti-étatiques de l’anarchisme. Dans L’Unique et sa propriété, le philosophe allemand Max Stirner (1806–1856) complète d’un préalable d’éducation et de pédagogie l’anarchisme social. Selon lui, la formation de ”personnalités libres et de caractères souverains” permettra alors une libre association des égoïsmes individuels pour une société comportant un minimum d’entraves. Proudhon (1809–1865) définit des principes d’autogestion et de mutualisme propres à générer un bien-être économique et une organisation fédéraliste garantissant l’affranchissement politique.
Des exilés russes enrichissent l’anarchisme de dogmes souples d’une révolution sociale dans la liberté jamais dépassés. Bakounine (1814–1876) se réclame de la filiation de Proudhon dont il garde le fédéralisme et s’en distingue par un athéisme et un anticléricalisme prononcés. Sa critique du socialisme autoritaire provoque son affrontement avec Marx au sein de la Première Internationale. Kropotkine (1842–1921) crée un anarcho-communisme qui synthétise l’associationnisme de Stirner, le mutualisme de Proudhon et le fédéralisme de Bakounine. Partisan d’une économie au service des besoins réels de la population, Kropotkine réfute la pseudo loi de la jungle, dévoyée des théories de Darwin, pour démontrer une règle naturelle d’entraide et de solidarité. Ses appels à ”la révolte permanente par la parole, par l’écrit, par le poignard, le fusil, la dynamite” lancent une période de propagande par le fait qui suscite toujours la controverse. À la fin du XIXe et au début du XXe siècles, les idées libertaires séduisent le mouvement ouvrier international à jeu égal avec le socialisme révolutionnaire dans les pays d’Europe du Sud.

Parcours idéologiques et historiques de l’anarchisme
Ces pères fondateurs essaiment de nombreux continuateurs sur tous les continents. Aux États-Unis, H. D Thoreau (1817–1862) y introduit la notion de désobéissance civile tandis qu’Emma Goldman (1869–1940) et Voltairine de Cleyre (1866–1912) ”ancrent le féminisme dans l’anarchisme”. En Italie Malatesta (1853–1932) lutte contre l’entrée des anarchistes dans les syndicats dont il anticipe l’enlisement corporatiste. Le géographe communard Élisée Reclus (1830–1905) anticipe sa dimension écologique qui se développe aux États-Unis avec Murray Bookchin (1921–2006), figure de l’anarchisme écologique et pionnier du municipalisme libertaire. À la tête de la CGT, Émile Pouget (1860— 1931) joue un rôle majeur dans l’anarcho-syndicalisme français. Jean Grave (1854–1939) anime Le Révolté, un journal qui sera un des ”hauts lieux de la rencontre entre artistes, écrivains et militants anarchistes”. Dans les années 60, l’Internationale situationniste avec Guy Debord (1931–1994) et Raoul Vaneigem (né en 1934) renouvellent dans une même effervescence créatrice les rapports entre l’art et les luttes sociales.
De nombreux faits et lieux, volontairement limités aux plus emblématiques, jalonnent le parcours de l’anarchisme, de la Commune de Paris (1871) qui, comme l’observe Kropotkine, échoue de ne pas avoir confortée la commune par la révolution, à l’épopée de Makhno en Ukraine, de 1919 à 1921, qui s’avère incompatible avec la dictature du prolétariat de Lénine. La Première Guerre mondiale rallie seize personnalités de l’anarchisme dans un manifeste en forme de reniement. De 1936 à 1939 en Espagne se produit la plus grande révolution sociale du XXe siècle. Forte d’un million d’adhérents, gagnés par des années de préparation des esprits par des actions éducatives, culturelles et syndicales, les militants de la C.N.T-F.A.I. ”s’emparent de l’économie pour tuer le pouvoir”. Huit millions de personnes participent à des collectivités agraires et industrielles, augmentent la production et améliorent les services publics sans patrons ni compétition. Ces tentatives ”d’élimination des structures coercitives, autoritaires et hiérarchiques illégitimes” soulèvent contre elles tous les pouvoirs qui les écrasent par la force.
En mai 68 les idées libertaires resurgissent et apportent en Occident la liberté de mœurs souhaitée par Stirner et Albert Libertad. Le suffrage universel, désavoué par les anarchistes, sape pour longtemps encore la mobilisation populaire et la grève généralisée ne bascule pas dans la grève générale expropriatrice.

L’anarchisme aujourd’hui
Dans sa préface, Charles Jacquier souligne les perspectives actuelles favorables offertes par la conjoncture à l’anarchisme, entre la double impasse d’un capitalisme suicidaire et la vacuité d’une socialdémocratie ”aux préoccupations partidaires et électoralistes”.
Normand Baillargeon achève son manuel sur la critique des faux frères qui entretiennent la confusion entre libéraux et libertaires. Sa conclusion alerte sur l’insuffisance d’un militantisme cantonné au seul mode de vie. Pour gagner en crédibilité l’anarchisme doit mettre en avant son mode d’organisation économique, politique et social basé sur la solidarité et l’intérêt général.
Par son propos, cet ouvrage complété d’une utile bibliographie s’avère un point de départ sans rival pour une connaissance plus approfondie des fondamentaux de ”la science de la liberté” (Proudhon).

Hélène Fabre
L'Émancipation syndicale et pédagogique, mai 2009
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Faute de pouvoir imaginer l’ordre sans la férule de l’autorité, la propagande a rendu le mot « anarchie » synonyme de désordre. Normand Baillargeon, dans la quatrième édition revue et augmentée de son livre, remémore à l’intention des nouvelles générations les racines et l’essence de cet idéal anti-autoritaire.
Ce mouvement a un passé historique et des territoires privilégiés. Dans de brefs chapitres, l’auteur retrace avec clarté le parcours des principaux théoriciens et les différentes formes d’anarchisme. L’Anglais William Godwin (1756-1836) formule les bases rationalistes, anti-autoritaires et anti-étatiques de l’anarchisme. Dans L’Unique et sa propriété, le philosophe allemand Max Stirner (1806-1856) complète d’un préalable d’éducation et de pédagogie l’anarchisme social. Proudhon (1809-1865) définit des principes d’autogestion et de mutualisme propres à générer un bien-être économique et une organisation fédéraliste garantissant l’affranchissement politique. Bakounine (1814-1876) se réclame de Proudhon dont il garde le fédéralisme et s’en distingue par un athéisme et un anticléricalisme prononcés. Sa critique du socialisme autoritaire provoque l’affrontement avec Marx au sein de la Iere Internationale. Kropotkine (1842-1921) crée un anarcho-communisme qui synthétise les apports de ses prédécesseurs. Partisan d’une économie au service des besoins réels de la population, il réfute la pseudo loi de la jungle pour démontrer une règle naturelle d’entraide et de solidarité. Au début du XXe siècle, les idées libertaires séduisent le mouvement ouvrier à jeu égal avec la social-démocratie dans les pays d’Europe du Sud.
Ces pères fondateurs essaiment de nombreux continuateurs. Aux Etats-Unis, H.D Thoreau (1817-1862) introduit la notion de désobéissance civile ; Emma Goldman (1869-1940) et Voltairine de Cleyre (1866-1912) « ancrent le féminisme dans l’anarchisme ». En Italie, Malatesta (1853-1932) lutte contre l’entrée des anarchistes dans les syndicats dont il anticipe l’enlisement corporatiste. Le géographe Elisée Reclus (1830-1905) lui donne sa dimension écologique, développée aux Etats-Unis avec Murray Bookchin (1921-2006), pionnier du municipalisme libertaire.
De nombreux faits et lieux, volontairement limités aux plus emblématiques, jalonnent le parcours de l’anarchisme, de la Commune de Paris à l’épopée de Makhno en Ukraine, incompatible avec la dictature du prolétariat de Lénine. De 1936 à 1939 en Espagne se produit la plus grande révolution sociale du XXe siècle : les militants de la C.N.T-F.A.I. tentent de s’emparer de l’économie au moyen des collectivités agraires et industrielles.
Dans sa préface, Charles Jacquier souligne les perspectives actuelles favorables offertes par la conjoncture à l’anarchisme, entre la double impasse d’un capitalisme suicidaire et la vacuité d’une social-démocratie « aux préoccupations partidaires et électoralistes ».
Normand Baillargeon achève son manuel sur la critique des faux frères qui entretiennent la confusion entre libéraux et libertaires. Pour gagner en crédibilité l’anarchisme doit mettre en avant son mode d’organisation économique, politique et social basé sur la solidarité et l’intérêt général.
Par son propos, cet ouvrage complété d’une utile bibliographie s’avère un point de départ sans rival pour mieux connaître « la science de la liberté » (Proudhon).

HF
Gavroche n°158, avril-juin 2009
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Nombre de discours approximatifs ont amalgamé anarchisme et chaos. L’anarchie cependant ne revendique pas le désordre, mais le refus de toute forme illégitime d’autorité, ce qui n’est pas du tout la même chose ! Co-réalisateur récemment du film Chomsky & Cie, le libertaire québécois Normand Baillargeon propose ici une fine synthèse de l’histoire de l’anarchisme et de ses propres réflexions. Tout est dans le titre : L’ordre moins le pouvoir : Histoire & actualité de l’anarchisme. Partant du principe que l’anarchisme est un courant d’idées constructif, faussement assimilé au désordre et à la destruction, Baillargeon brosse le tableau de deux cent cinquante ans d’histoire, tord le cou à de nombreux préjugés, et replace ce courant d’idées dans le contexte actuel. L’intérêt de ce petit livre est donc multiple : excellente référence sur l’histoire de l’anarchisme, il invite chacun à remettre en cause les rapports d’autorité dans lesquels il se trouve pris (en tant que citoyen, salarié, étudiant…), offrant enfin une revigorante bouffée d’espoir au lecteur qui rêve d’un monde plus juste.
Nicolas Soguel, Libraire, Payot-Neuchâtel
Chronique de Payot, mars 2009
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Cette quatrième édition du petit ouvrage à succès de Normand Baillargeon, L’Ordre moins le pouvoir, a été purgée de bon nombre d’erreurs factuelles et d’approximations qui entachaient l’édition initiale de 1999. Qu’est-ce qui fait que, malgré tout, on éprouve un certain malaise en lisant cet opuscule de 200 pages qui prétend présenter l’anarchisme aux néophytes ? Sans doute son aspect kaléidoscopique et désincarné.

Pourquoi kaléidoscopique ? Parce que hormis lorsqu’il fustige la posture « lifestyle » ou le « repli sectaire » qui menacent parfois l’anarchisme, il semble manquer à Baillargeon un véritable point de vue critique sur son sujet. L’architecture très classique du livre (1. Les grands penseurs ; 2. Les grands événements ; 3. Les grandes thématiques) le conduit à juxtaposer de façon trop neutre des auteurs (réputés) anarchistes. Un tel a dit cela. Signalons qu’un tel a dit le contraire. L’auteur ne s’engage pas. Il badine avec une distance de bon aloi, à la manière d’un politologue qui ne veut vexer personne. Il y aurait d’ailleurs à redire sur la façon dont il érige Noam Chomsky (penseur de grande valeur par ailleurs) en « rénovateur de l’anarchisme », alors que Chomsky lui-même se définit plus comme un sympathisant libertaire, et qu’il a pris position à plusieurs reprises pour une économie de marché régulée par l’Etat...

Pourquoi désincarné ? Parce que Baillargeon, se conformant en cela à une tradition hélas bien établie, ne s’intéresse guère aux débats, aux stratégies et aux organisations du mouvement libertaire existant. Or, en n’ancrant pas le mouvement libertaire dans un ensemble plus large que serait le socialisme ou le mouvement ouvrier, Baillargeon lui donne par défaut l’aspect d’une construction idéologique sui generis, presque a-historique. Ce n’est sans doute pas la meilleure façon de le comprendre.

Guillaume Davranche
Alternative Libertaire n°182, mars 2009
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Histoire et actualité de l'anarchisme
Même si l’on n’y croit pas, à tout le moins on peut se dire que l’anarchisme est une formidable école d’espérance de rationalité, de lucidité ; d’humanisme, en fait.

C’est toujours le premier piège à lever quand on parle de l’anarchie ou du communisme : ce sont des utopies. Le mérite de ce petit livre fort abordable, sans aucune obscurité, ce qui n’est pas le moindre de ses mérites, est de nous rappeler que l’anarchie est avant tout une théorie de l’émancipation ; et à moins de se dire que l’on aime ses chaînes ou que l’on ne veut pas les voir, qui peut dire qu’il n’a pas envie d’être libre ? Voir l’anarchie comme un non-sens (un non-lieu, une utopie donc) tient moins à son caractère irréalisable qu’au désir de vivre dans ses illusions, et penser que l’on est libre ; ce qui est plus confortable et épargne de lutter pour se libérer.

Car l’auteur le rappelle d’emblée, et il faut toujours le dire, « an-archie » n’est pas l’absence d’ordre ou d’organisation mais l’absence de pouvoir. Cette théorie est synthétisée poétiquement par deux artistes, Ferré rappelant que l’anarchie c’est l’ordre moins le pouvoir, et Brassens disant qu’il était tellement anarchiste qu’il traversait dans les clous !

Mais par delà son caractère indispensable pour l’esprit, qui invite à comprendre le mode de coercition inhérent à toute société où il y a un pouvoir, ce livre nous rappelle l’utilité pratique et l’efficience historique de l’anarchie, notamment dans le syndicalisme où ses militants étaient en pointe de tous les combat ; c’est à une répression brutale et une condamnation ubuesque de ses membres lors d’une manifestation à Chicago le premier mai 1886 que l’on doit la fête du travail. Le lecteur pourra aisément avoir une limpide synthèse des conflits épiques au sein de la première internationale, des implications anarchistes lors de la Commune de Paris, de la Révolution de 1917, de la guerre d’Espagne, etc.

Pour revenir à la théorie, il n’en est guère en fait de plus indispensables qui selon les mots de Chomsky permettent d’identifier les structures coercitives et les mettre à l’épreuve de leur légitimité ; en ce sens l’anarchie est dans le droit fil des théories du contrat social, de Grotius à Rousseau, qui permettent aux sociétés d’un peu moins marcher sur la tête, ou de se rappeler ce que l’euphémisme -ou oxymoron ça dépend ! – « société vraiment humaine » veut dire.

Régis Vlachos
Zibeline n°15, février 2008
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Histoire et actualité de l’anarchisme

Militant anarchiste et enseignant à l’Université du Québec à Montréal, Normand Baillargeon a publié en 1999 L’Ordre moins le pouvoir. Après avoir donné une première version en 2001, les éditions Agone ont la bonne idée de rééditer ce livre instructif.

Voici un livre qui tombe à pic. La tragi-comédie que le pouvoir et les médias nous jouent à propos de l’arrestation d’épiciers-ultra-anarcho-autonomes-ennemis publics n°1 nous prouve que la connerie et l’ignorance se portent bien.

En guise de contrepoison, l’étude de Normand Baillargeon est un parfait petit vade-mecum pour les jeunes qui aimeraient en savoir plus sur l’anarchisme. Avant de porter un joli tee-shirt avec un grand A cerclé, il peut être bon d’en savoir un peu plus sur cette philosophie… À l’occasion, les journalistes, aussi incultes que pressés, pourront aussi s’informer sur un mouvement qu’ils n’arrêtent pas de déformer ou de dénigrer.

« Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir », disait Léo Ferré. Le titre de Normand Baillargeon fait écho à ce long texte enregistré en 1973 sur l’album Il n’y a plus rien. De quel « ordre » parle-t-on ? « L’anarchie est la plus haute expression de l’ordre », précisait le géographe libertaire Elisée Reclus. Tout un programme.

Dans les médias et dans les discours politico-policiers, le mot anarchiste est toujours utilisé à la manière d’un épouvantail pour faire peur aux « bons citoyens ». « Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste, explique Normand Baillargeon. Or, il faut bien le dire, rien n’est plus faux que ce contre-sens qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l’idée d’anarchisme. En première approximation, on peut dire ceci : l’anarchisme est une théorie politique au cœur vibrant de laquelle loge l’idée d’anti-autoritarisme, c’est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d’autorité et de pouvoir. J’ai rencontré une vieille dame ayant combattu lors de la Guerre d’Espagne qui me disait le plus simplement du monde : “Je suis anarchiste parce que je n’aime ni recevoir, ni donner des ordres”. On le devine, cette idée est impardonnable, cet idéal est inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l’a donc ni pardonné ni admis. »

C’est ainsi que celles et ceux qui osent lutter contre le capitalisme et son lot de barbaries deviennent des « criminels ». Curieux renversement de valeurs. Mais qui sont les coupables des grands désordres du monde, des guerres, des crises financières, des crimes contre l’humanité, de la pollution de la planète ? Les anarchistes ou les maîtres du monde ?

Pour illustrer l’amour passionné des anarchistes pour la liberté et l’égalité, Normand Baillargeon revient avec un regard critique sur quelques figures et grands moments historiques tout en parlant de l’anarchisme contemporain. Proudhon et le mutualisme, Bakounine et le fédéralisme, Kropotkine et l’anarcho-communisme, la Commune de Paris, la révolution russe, la guerre d’Espagne… se partagent ainsi les pages du livre avec divers thèmes (écologie, arts, éducation, féminisme, non-violence…) et quelques voix actuelles comme celle de l’américain Noam Chomsky.

> lire sur Le Mague une interview de Normand Baillargeon par Paco

Paco
Le Mague, 21/11/2008
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