Parution : 28/10/2010
ISBN : 978-2-7489-0133-7 224 pages 11 x 17 cm 12.00 euros |
Pierre Caminade
Comores-Mayotte : Une histoire néocoloniale (réédition)
Nouvelle édition revue et actualisée
En 1975, lors de la décolonisation des Comores, la France viole le droit international en arrachant Mayotte à son archipel. Condamnée plus de vingt fois par l’ONU, avec l’approbation de nos partenaires européens, cette occupation reste illégale.
Depuis 1995, les Comoriens des trois autres îles se sont vu imposer un visa les empêchant de se rendre librement à Mayotte – situation qui sera encore renforcée par la départementalisation de l’île en 2011. Dans le même temps, des tribunaux expulsent des Comoriens de la métropole vers… Mayotte. Ce « Dossier noir » propose un examen des motivations à la présence – notamment militaire – française dans cette région où passent deux tiers du pétrole exporté du Moyen-Orient. On y voit à l’œuvre la « démocratie du coucou » qui, selon la formule de Jean-Marie Tjibaou, « s’installe chez vous puis demande un référendum pour savoir à qui appartient la maison ». Il analyse le processus de « domtomisation » puis ses conséquences, notamment pour le reste de l’archipel, chasse gardée d’une clique de mercenaires, feu Bob Denard en tête. Militant à Survie et enseignant, Pierre Caminade est également l’auteur du Dossier noir n°15 : Bolloré, monopoles, services compris (L’Harmattan, 2000).
Extrait de l’introduction
En 1975, lors de la décolonisation du Territoire des Comores, la France viole la règle internationale du respect des frontières en arrachant Mayotte à cet archipel. « Conformément à la volonté des Mahorais », n’auront de cesse de répéter les chantres de « Mayotte la Française ». Une « volonté » assise sur les intérêts de quelques familles métisses de notables, qui ont tiré toutes les ficelles, et sur la crainte d’un « épouvantail » monté de toutes pièces par Paris – qui a su diviser les îles en créant rivalités et rancoeur. Condamnée plus de vingt fois par l’ONU, cette situation reste illégale. Les Comoriens des trois autres îles, chez eux à Mayotte en droit international, en sont expulsés par des gendarmes français. Mayotte : territoire d’outre-mer ou territoire occupé ? Quel intérêt la France y trouve-t-elle ? Après s’être autoproclamée héraut international du droit face à la force dans les prémices de la guerre d’Irak, peut-elle continuer à s’enfermer dans ses contradictions néocoloniales ? |
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SUR LES ONDES
• France Inter – Là-bas si j’y suis – Cycle « À Mayotte » du 9 au 13 janvier 2006 1. Mayotte : Sur les hauteurs de Kaweni / 2. Mayotte : un confetti explosif / 3. Mayotte : un confetti explosif / 4. Mayotte : un confetti explosif / 5. Mayotte : un confetti explosif Mayotte, enjeu colonial actuel
Le référendum de mars dernier a changé le statut de l’île de Mayotte. Simple réforme institutionnelle ? Progrès vers davantage d’égalité ? Nous avons voulu en savoir plus en interrogeant Pierre Caminade de l’association Survie. Ce groupe a trois objectifs principaux : réinventer la solidarité internationale par la promotion des biens publics mondiaux ; ramener à la raison démocratique la politique de la France en Afrique, combattre la banalisation du génocide. La surprise fut générale à l’annonce d’un référendum, début 2009, qui allait consacrer un cent-unième département français, un cinquième « DOM ». Surtout de la part de notre république de l’Identité nationale, puisque l’heureuse élue est l’île de Mayotte, dans l’archipel des Comores, où l’on peut être légalement polygame et Français, dont tant d’habitant(e)s ne parlent pas français, où l’état civil de la moitié de la population est des plus confus, où par la grâce d’un statut personnel, on suit un enseignement à l’école coranique, on ne dépend ni des tribunaux ni des notaires ni des maires pour les mariages, mais du cadi, juge islamique, etc. Le comble étant que, en droit international, Mayotte appartient à l’Union des Comores depuis 1975, et que l’occupation illégale de ce territoire par la France a été condamnée, avec l’approbation de nos partenaires européens, plus de vingt fois par l’ONU ! Cette situation est un facteur de déstabilisation des Comores. Saboter: la balkanisation des Comores Le malheur des Comores est d’être situées en un lieu hautement stratégique. Non seulement les deux tiers des tankers pétroliers provenant du Moyen-Orient circulent dans les eaux du canal du Mozambique, mais le positionnement de l’archipel permet à son pays de tutelle d’avoir une prise sur tout l’ouest de l’Océan Indien. En pleine guerre froide, la France a tenu à garder, lors de la décolonisation des Comores en 1975, un bout de cet archipel, Mayotte, avec le projet d’y implanter une base militaire navale dotée d’un port en eau profonde. Ce projet ne verra pas le jour, mais sera compensé par l’implantation d’une station d’écoute du réseau satellitaire français d’espionnage des communications, mise en service en 2000. Protéger : Mayotte sous administration française La situation créée en 1975 reste illégale. En droit international, Mayotte, territoire comorien, est sous occupation française. Et la départementalisation n’y changera rien. La stratégie de la division s’est d’abord traduite dans les années 1960, avant l’indépendance, par le transfert de la capitale de l’archipel de Mayotte vers Moroni, dans l’île la plus éloignée. Parallèlement, depuis la cellule africaine de l’Élysée, Jacques Foccart plaçait Ahmed Abdallah, sa créature, à la tête des Comores. Celui-ci s’est évertué à brimer les Mahorais, leur faisant craindre l’administration comorienne. Loin des fables inlassablement ressassées sur l’attachement dès Mahorais à la culture française, les leaders mahorais expliquaient sans détour en 1975 combien le régime Abdallah les effrayait et en quoi cela déterminait leur position contre l’indépendance. Conserver un bouc émissaire Les Comoriens non mahorais (donc non français) deviennent des étrangers à Mayotte. Et les préfets français d’attiser des haines ethnistes : Jean-Jacques Brot, dans une interview au Quotidien de la Réunion, le 12 novembre 2003, a eu le culot de dénoncer « l’invasion migratoire » et « le viol de notre maison par des gens qui n’ont rien à y faire ». Il venait de faire détruire plusieurs des embarcations sur lesquelles des Anjouanais tentaient la traversée, et s’en vantait. Y a-t-il une justice internationale ? Qualifiés par erreur d’« immigrés » ou de « clandestins », les Anjouanais ne franchissent pourtant aucune frontière, en droit international, lorsqu’ils vont à Mayotte-la-comorienne. En conséquence, l’État français commet, par ces « reconduites à la frontière », des « transferts forcés de population » au sens des statuts de la Cour pénale internationale (CPI), qui relèvent du Crime contre l’humanité (articles 7.1.d et 7.2.d). Combien de leçons de droit et de morale la France va-t-elle encore donner au monde entier cette année ? Pierre Caminade
Le Sarkophage,
mai 2011
Comores-France : l’insoutenable légèreté du pouvoir
Le président comorien sortant tient des discours de fermeté pour la restitution de Mayotte, et la fin du visa Balladur-Pasqua, mais il signe un accord de défense avec la France. Pendant ce temps, le processus (illégal) de départementalisation de Mayotte progresse au parlement français, où quelques voix s’élèvent pour dénoncer divers aspects de ce scandale. Mais pas encore celui de la spoliation des terres. > Lire l’intégralité sur le site de Survie Pierre Caminade
Billets d'Afrique (Survie),
03/10/2010
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