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Lyberagone
« Nous, le Peuple des États-Unis… »
Parution : 15/10/2004
ISBN : 2-7489-0029-4
476 pages
12 x 21 cm
22.00 euros
Howard Zinn
« Nous, le Peuple des États-Unis… »
Essais sur la liberté d’expression et l’anticommunisme, le gouvernement représentatif et la justice économique, les guerres justes, la violence et la nature humaine
Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton

Édition en poche, Désobéissance civile et démocratie, 2010, collection Éléments.

Notre manière de penser n’est pas un sujet de controverse intellectuelle mais une question de vie ou de mort. Si ceux qui tiennent les rênes de la société – politiciens, chefs d’entreprise et magnats de la presse – se montrent capables de contrôler nos idées, ils sont à peu près assurés de conserver leur pouvoir. Nul besoin de soldats dans les rues. Nous nous contrôlerons nous-mêmes. On est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société « pluraliste ». Nous avons bien deux grands partis, mais les autres ne sont pas encouragés et encore moins financés. Nous avons bien une « presse libre », mais elle est dominée par l’argent. Nous vivons dans une société où le catalogue des idées disponibles se trouve limité quand certaines autres dominent le débat. La prédominance de cette idéologie n’est pas le fait d’un groupe de conspirateurs diaboliques qui aurait réussi à imposer à la société un point de vue particulier. Il s’agit d’un processus de sélection non naturelle au cours duquel certaines idées orthodoxes sont promues, financées et mises en avant par le biais des plus puissantes machines culturelles du pays. Nous devons réexaminer ces croyances et réaliser qu’elles ne sont pas le produit de nos vœux les plus chers, qu’elles ne naissent pas d’une réflexion indépendante et qu’elles ne correspondent pas à l’expérience que nous avons du monde réel. Nous serons alors en mesure de questionner et de contester l’idéologie dominante. C’est ce que je me propose de faire dans ce livre.

Howard Zinn (1922–2010) a enseigné l’histoire et les sciences politiques à la Boston University, où il était professeur émérite. Son œuvre (une vingtaine d’ouvrages dont Une histoire populaire des États-Unis) est essentiellement consacrée à l’incidence des mouvements populaires sur la société américaine.

> Tous les livres d’Howard Zinn aux éditions Agone

Revue de presse
- Consulter SUR LES ONDES
- Consulter « Parvenir à la justice sociale en faisant l’économie de la guerre » Lémi et JBB Article 11, 05/06/2009
- Consulter « Les Etats-Unis reconnaissent enfin qu'ils sont une société multiculturelle » Martine Laval Télérama, 22/10/2008
- Consulter Mes chers concitoyens Martine Laval Télérama, 22/10/2008
- Consulter Compte-rendu Christophe Patillon Le Monde diplomatique, Avril 2005
- Consulter Compte-rendu David Leloup Imagine, 03-04/2005
- Consulter Un vieux Nouveau Monde Christophe Patillon L’Humanité, 10/02/2005
SUR LES ONDES
France Inter – « Là-bas si j’y suis », dans la série USA
Histoire populaire des USA (10 décembre 2003, rediffusion janvier 2010)
Radio Grenouille (88.8 FM)Sans actes de désobéissance civile, Obama ne mènera pas de politique de gauche,
série d’entretiens avec Howard Zinn (du 20 au 22 janvier 2009, rediffusion du 4 au 6 février 2010)
France Inter – « Là-bas si j’y suis », dans la série USA
Howard Zinn – 1 (14 septembre 2004, rediffusion mars 2008)
France Inter – « Là-bas si j’y suis », dans la série USA
Howard Zinn – 2 (14 septembre 2004, rediffusion mars 2008)
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« Parvenir à la justice sociale en faisant l’économie de la guerre »
Retranscription de l’intervention d’Howard Zinn à la librairie Quilombo le mardi 2 juin 2009.
> lire en ligne sur le site d’Article 11
Lémi et JBB
Article 11, 05/06/2009
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« Les Etats-Unis reconnaissent enfin qu'ils sont une société multiculturelle »
> lire en ligne l’entretien d’Howard Zinn à propos des élections américaines
Martine Laval
Télérama, 22/10/2008
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Mes chers concitoyens
> à lire en ligne sur le blog de Martine Laval
Martine Laval
Télérama, 22/10/2008
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Compte-rendu

Après Une histoire populaire des États-Unis, l’historien américain apporte de quoi déciller les yeux de ceux qui considèrent le Nouveau Monde comme la terre de la liberté. Il s’en prend ainsi au si célébré premier amendement et au dogme du « laisser-faire »... Mais Howard Zinn n’entend pas seulement réveiller les consciences américaines engourdies par des décennies de pseudo-bipartisme. Il rappelle que « nulle constitution, nulle déclaration de droits, nul système électoral, nulle loi ne peuvent garantir la paix, la justice et l’égalité. Tout cela exige un combat permanent, des débats incessants impliquant l’ensemble des citoyens et un nombre infini d’organisations et de mouvements qui imposent leur pression sur tous les systèmes établis ».

Prenant appui sur son expérience militante, l’auteur se fait farouche défenseur de l’action directe : une action directe non violente, qui s’exprimerait par « la grève, le boycott, le refus de coopérer, la manifestation de masse et le sabotage autant que par les appels à la prise de conscience au niveau mondial et individuel des groupes opprimés », une action directe menée par « des collectifs d’individus engagés, acceptant collectivement de faire des sacrifices et de prendre de nombreux risques au service d’une juste cause ». Une leçon de vie, tout autant qu’une leçon d’histoire.

Christophe Patillon
Le Monde diplomatique, Avril 2005
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Compte-rendu
Cette traduction française de Passionate Declarations. Essays on War and Justice, initialement publié en anglais en 1990, constitue une excellente introduction à la pensée de Howard Zinn, historien progressiste et auteur du livre majeur Une histoire populaire des États-Unis. Il s’agit ici d’une série d’essais presque intemporels – sur la liberté d’expression, la démocratie, les guerres « justes », la nature humaine, etc. – inspirés par les principes, souvent très théoriques, inscrits dans l’autre bible des Étasuniens : leur Constitution. En filigrane, l’histoire du XXe siècle et un personnage dont les idées ont irrémédiablement marqué l’époque contemporaine : Machiavel.
Afin de revivifier la démocratie, Zinn invite le lecteur à « agir personnellement, écouter avec scepticisme les intellectuels et les experts et penser de manière autonome les grandes questions que pose aujourd’hui le monde. […] Nous devons rédiger de nouvelles Déclarations d’indépendance vis-à-vis de tous les États, partis et programmes – de tous les dogmes figés ». En ce sens, Zinn est un héritier transatlantique des Lumières. Un livre éclairant, donc.
David Leloup
Imagine, 03-04/2005
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Un vieux Nouveau Monde
Ce livre, d’une écriture limpide, se compose de neuf chapitres qui sont autant d’armes à même de déciller les yeux de tous ceux qui considèrent le Nouveau Monde comme la Terre des Libertés. Car c’est à l’idéologie dominante et au « sens commun » que Howard Zinn s’en prend.
Il rappelle ainsi que la « Constitution fut conçue par 55 hommes, tous blancs et pour la plupart fortunés, qui représentaient une élite spécifique de la nouvelle nation » dont l’état d’esprit est parfaitement illustré par les propos d’Alexander Hamilton, le plus proche conseiller de Georges Washington : « Toute communauté se compose d’une élite et de la multitude. La première est formée des riches et des gens bien nés, et la seconde de la masse du peuple. (…) Il faut donc concéder à l’élite un rôle spécifique et stable dans le gouvernement des affaires. »
Il fait également un sort au si célèbre Premier Amendement sur la liberté d’expression, rappelant aussi bien la répression de l’athéisme que le maccarthysme, le plan Cointelpro (contre les militants afro-américains). Et, nous dit-il, « les lois répressives n’ont pas besoin d’être appliquées à un grand nombre de personnes pour créer une atmosphère dans laquelle les esprits potentiellement critiques à l’égard du gouvernement hésitent à s’exprimer ». Il rappelle enfin qu’au pays de la libre entreprise « le dogme du laissez-faire est exclusivement réservé aux pauvres alors que les riches bénéficient pleinement de l’interventionnisme gouvernemental ».
Mais ce livre n’entend pas seulement réveiller les consciences sociales engourdies. Howard Zinn nous convie à l’action : « Nulle constitution, nulle déclaration de droits, nul système électoral, nulle loi ne peuvent garantir la paix, la justice et l’égalité. Tout cela exige un combat permanent, des débats incessants impliquant l’ensemble des citoyens et un nombre infini d’organisations et de mouvements qui imposent leur pression sur tous les systèmes établis. »
Howard Zinn se fait le farouche défenseur d’une action directe non violente qui s’exprimerait par « la grève, le boycott, le refus de coopérer, la manifestation de masse et le sabotage autant que par les appels à la prise de conscience au niveau mondial et individuel des groupes opprimés qui pourraient ainsi se défaire de leurs chaînes » ; une action directe entreprise par « des collectifs d’individus engagés, acceptant collectivement de faire des sacrifices et de prendre de nombreux risques au service d’une juste cause » : « Ceux qui ont fait cette expérience savent que, contrairement au simple acte de voter, s’inscrire collectivement dans un grand mouvement en faveur de la justice sociale ne donne pas seulement vie à la démocratie mais également à ceux qui se sont engagés. »
Nous touchons peut-être là au cœur de son message. Howard Zinn n’est pas idéologue. Il cite fort peu et ne se laisse pas aller à de grandes digressions philosophiques ; il décrit le « monde américain » tel qu’il le voit et, surtout, explique que si l’on veut changer ce monde, cela ne tient qu’à nous, à notre capacité à nous rendre acteurs de nos propres vies et non de simples spectateurs de celles-ci.
Ne faisons cependant pas d’Howard Zinn un révolutionnaire au sens où nous l’entendons d’ordinaire. Dans ces pages à destination du public américain, il se présente sous un jour très pragmatique et défend des idées que ne renieraient pas nombre de socialistes authentiques (pacifisme, rejet de la violence révolutionnaire, justice sociale). En ce sens, Howard Zinn est bien un réformiste, mais un réformiste qui a construit sa pensée en empruntant à Marx sa critique du capitalisme et son humanisme, à l’anarchisme l’action directe et le « rejet de toutes formes d’autorité qui s’imposeraient par intimidation », et à Thoreau la non-violence et la désobéissance civile ; un réformiste qui nous propose, en lieu et place du Matin du Grand Soir, la constitution de contre-pouvoirs locaux et nationaux, indépendants des partis et susceptibles d’éroder la domination des élites ; un réformiste qui ne se focalise pas sur les échéances électorales et qui a foi dans la capacité des individus en lutte à penser de nouveau le monde et à agir sur lui. Ce livre remarquable nous offre une leçon de vie autant qu’une leçon d’histoire…
Christophe Patillon
L’Humanité, 10/02/2005
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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net