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L'Insurrection prolétarienne de 1830 en Belgique
Parution : 15/09/2005
ISBN : 2-9304-021-3-X
180 pages
11,5 x 17 cm
10.00 euros
Bologne Maurice
L’Insurrection prolétarienne de 1830 en Belgique
Avec les textes d’Emile Vandervelde, José Fontaine, Robert Devleeshouwer, Guy Desolre.
S’il faut en croire les livres scolaires, la Belgique serait née un soir d’été 1830, lorsque quelques types excités par un opéra organisent une émeute et chassent les Hollandais. Cette version caricaturale de la naissance de la Belgique empêche d’en saisir les enjeux politiques... En effet, la période qui court de 1789 à 1848 a été « la plus grande mutation de l’histoire humaine ». Elle combine les effets de deux révolutions : la révolution française et la révolution industrielle.
Bien que n’étant pas des opéras, ces deux faits majeurs auront un impact indéniable sur la création de la Belgique. A ce titre, le livre de Maurice Bologne est précisément un «pavé dans la mare». La version qu’il nous propose contredit, terme à terme, celle écrite et sanctionnée par les tenants de l’histoire officielle car il restitue la dimension cachée de la révolution : sa dimension plébéienne.
Au-delà de la Belgique, ce livre dévoile la composante populaire et prolétarienne des révolutions bourgeoises du XIXe siècle. Il permet de saisir l’ampleur de la lame de fond qui allait secouer l’Europe en 1830 et qui annonçait la naissance du socialisme moderne.
Maurice Bologne (1900-1984) est le fondateur de la Société historique pour la Défense et l’Illustration de la Wallonie (1938) qui devient l’Institut Jules Destrée en 1960.
Revue de presse
- Consulter « La révolution confisquée » Frédéric Saenen Parutions.com, 26/01/2006
« La révolution confisquée »

L’essai de Maurice Bologne L’Insurrection prolétarienne de 1830 en Belgique fut publié en 1929 et sombra rapidement dans l’oubli. Il constitue néanmoins une contribution des plus détonantes à l’historiographie des mois qui précédèrent l’indépendance de ce petit pays que Marguerite Yourcenar disait «tombé dans un trou de l’histoire».

Le bref texte de Bologne (à peine 100 pages) vise à l’essentiel en vue d’étayer une thèse peu répandue auprès des historiens consacrés de cette période, tel Henri Pirenne. Il s’agit en effet d’admettre ici la prépondérance du rôle joué par le Peuple dans un mouvement que l’on identifie généralement comme émanant des seules aspirations de la bourgeoisie. Bologne rappelle le clivage social qui, durant les premières décennies du XIXe siècle, amena cette classe à la prospérité tandis que le triomphe de l’ère industrielle, l’avènement concurrentiel de la mécanisation et une kyrielle d’impôts drastiques, réduisirent les couches laborieuses à une condition aussi lamentable que celles de l’Angleterre de Dickens. Certes, dès 1828, des germes de revendication éclorent dans le camp bourgeois, dont les deux principales tendances, libérale et catholique, se réconcilièrent afin d’imposer au Royaume des Pays-Bas leurs exigences en matière linguistique, scolaire, administrative, etc. Ce combat fut cependant mené sur le terrain strictement politique et diplomatique, sans remise en cause du pouvoir monarchique ni proclamation de séparatisme ou d’autonomisme.

Mais Bologne prouve que «la situation critique du prolétariat transforma l’agitation constitutionnelle de la bourgeoisie contre le ministère en une action révolutionnaire des masses contre le gouvernement hollandais et la bourgeoisie belge modérée». Une impressionnante vague contestataire allait naître spontanément, portée par les proches événements de Paris et soutenue par quelques intellectuels, démocrates extrêmes (De Potter) et autres agitateurs publics (l’imprimeur Schavye). On «réapprend» d’ailleurs au passage que la Belgique fut le cadre de maints débordements à caractères luddites, avec le saccage d’usines ou la destruction de machines.

En réponse à cette chienlit, une garde bourgeoise s’organisa et les couleurs françaises furent remplacées par le drapeau brabançon, celui de la République des États Belgiques de 1789-1790. La «confiscation de la révolution», selon l’expression de Gendebien, pouvait commencer. Malgré un siège de Bruxelles en septembre 1830 qui n’eut rien à envier à l’acharnement de la Commune de Paris, le Peuple se verra gentiment reconduit vers sa bauge, hypnotisé par un ronron parlementariste consensuel et lénitif qui, 175 ans après sa naissance, berce encore les institutions de la Belgique.

Très richement documenté (l’ouvrage est notamment rehaussé d’une brillante préface de José Fontaine, critique républicain), cette réédition est d’ores et déjà l’un des classiques du catalogue d’Aden.

Frédéric Saenen
Parutions.com, 26/01/2006
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