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La RTBF est aussi la nôtre
Parution : 20/01/2006
ISBN : 2 930402 30 X
208 pages
14 x 21 cm 
15.00 euros
Bernard Hennebert
La RTBF est aussi la nôtre
Aux citoyens d’agir auprès des décideurs politiques pour que la RTBF redevienne un vrai service public
Préface de Marc Vandercammen, Directeur du CRIOC. Dessins de Esdé
Ce qui différencie la RTBF d’une chaîne privée, c’est le fait que ses auditeurs et téléspectateurs peuvent en influencer l’évolution, et pas uniquement en gonflant son audimat ! Tous les cinq ans, lorsque son contrat de gestion est renégocié, les citoyens peuvent convaincre les responsables politiques d’y inclure telle ou telle proposition.
Au cours des négociations précédentes, l’auteur du livre a ainsi conquis plusieurs avancées démocratiques : la RTBF doit répondre aux plaintes « de manière circonstanciée », la mise à l’antenne de trois émissions (Les Niouzz, Qu’en Dites-vous ?, Ça bouge), etc.
Pour les obligations de 2007-2012, les usagers et le secteur associatif doivent s’exprimer dès maintenant afin que la RTBF redevienne un vrai service public. En effet, puisque sa dotation lui est assurée une fois pour toutes, sa direction oriente l’essentiel de ses efforts vers la conquête de nouveaux apports publicitaires en favorisant des programmes destinés à des « cibles » prisées par les annonceurs.
La RTBF est aussi la nôtre propose un diagnostic sévère et inventorie les mesures à prendre pour rendre le service public plus citoyen.
Bernard Hennebert soutient depuis une trentaine d’années les intérêts des usagers du temps libre (culture, médias et loisirs). Il collabore actuellement au Ligueur et coordonne le site et la newsletter de < www.consoloisirs.be >.
Revue de presse
- Consulter Le Monde Diplomatique , juin 2006
- Consulter RTBF : le débat interdit? Laurent Arnauts Le Journal du Mardi , 14/03/2006
- Consulter Zone 2, 01/02/2006
- Consulter « La RTBF appartient à tous » Jean-Fraçois Lauwens Le Soir, 31/01/2006
- Consulter « RTBI-TVF ? » Jean-François Dumont Le Vif / L’Express , 27/01/2006
- Consulter Debout, citoyens, la RTBF est à vous! P.-F.L. Libre Belgique , 06/01/2006
- Consulter « L’emmerdeur de service… » Imagine, Janvier-Février 2006
Bernard Hennebert n’aime pas la publicité. Son rêve ? Une « consommation culturelle » dont les « Goliath des détergents et autres sucreries » ne viendraient pas troubler le « confort » et où les « usagers » seraient aussi bien « protégés que ceux qui achètent des surgelés ou des tranches de jambon ». Alors, profitant de la négociation en cours du prochain contrat de gestion de la chaîne publique belge francophone, il sort sa fronde et invite ses concitoyens à mener bataille avec lui. Face au danger d’une « absurde dictature économique », celui qui se présente sur son site Internet comme l’« emmerdeur » du PAF belge prône, pour « lutter contre les votes extré-mistes », une télévision culturelle, pédagogique et... bien souvent paternaliste. Ainsi, sur la question de la construction européenne et le vote du 29 mai 2005, il rappelle que « la pédagogie est nécessaire, si on ne veut pas céder le terrain à la démagogie ». Il aurait donc fallu « commenter l’actualité européenne de manière attrayante » (sic) ou « réaliser davantage de sujets sur l’Europe » afin d’éviter de laisser « s’installer l’ignorance ». Bernard Hennebert ne résiste pas au plaisir de citer un expert en la matière : Patrick Sabatier, éditorialiste à Libération...
Le Monde Diplomatique , juin 2006
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RTBF : le débat interdit?
Le nouveau contrat de gestion de la RTBF se négocie en ce moment. Ce document fixera les obligations que ce service public doit remplir en échange de son énorme dotation (60 % du budget de la culture!) à partir de 2007. Mais curieusement, alors que le public est à la fois le destinataire de l’activité de la RTBF et son contribuable, rien n’est fait pour le consulter ou lancer un débat public. Seul est donc pris en compte l’indice de satisfaction… des annonceurs, c’est à dire l’audimat. Inadmissible !

La négociation du contrat de gestion quinquennal de la RTBF est cruciale à plus d’un titre. D’abord, parce que comme son nom ne l’indique pas, ce document traite de bien davantage que la « gestion » au sens strict. Les objectifs du service public de radio et télévision y sont consignés, de même que certaines missions précises et parfois même les moyens concrets d’y parvenir. C’est la contrepartie de l’autonomie dont cette institution, financée à 75 % par la Communauté française, dispose. La discussion d’un nouveau contrat de gestion est, en pratique, le seul moment ou les téléspectateurs – les « usagers » de ce service public, si l’on préfère – peuvent faire valoir leurs vues autrement qu’en votant avec leurs pieds. Pour le monde politique également, c’est le moment où jamais : même la ministre de l’Audiovisuel, Fadila Laanan (PS), n’a aucun droit de regard sur les décisions de la direction de la RTBF. Pour autant que celle-ci respecte, précisément, son fameux contrat de gestion. On pourra évidemment relever que le caractère très politisé du conseil d’administration permet à la majorité absolue socialiste qui y règne de faire valoir ses vues avec un certain poids, mais c’est une autre histoire, qui n’est d’ailleurs pas aussi simple qu’il n’y paraît. On l’a encore vu récemment avec le caviardage clochemerlesque des propos critiques du sénateur libéral Alain Destexhe à propos du Plan Marshal : accusée d’être partisane, la RTBF a pu répliquer qu’elle avait contribué à révéler le scandale de la Carolorégienne, entre autres…

Les objectifs et missions de service public qui doivent être définis dans le contrat de gestion de la RTBF dépassent cependant, et de loin, les petites querelles partisanes. Malheureusement, si ces dernières font facilement la « une » des (autres) médias, il n’en va pas de même du débat de fond, qui reste désespérément relégué (dans le meilleur des cas) aux pages « médias » de certains quotidiens. C’est qu’en réalité, hormis les usagers, peu ont envie qu’il démarre vraiment. Et ce, parce que des logiques contradictoires parasitent le processus. Au premier rang desquelles, la logique budgétaire.

C’est un secret de polichinelle : même si la RTBF est une « grosse » institution, ses moyens financiers sont faméliques. La priorité de son administrateur général, Jean-Paul Philippot, est de les augmenter afin de recouvrer des marges de manœuvre. Comme il ne lui est pas permis de toucher à des sources d’économie évidentes mais qui sont autant de chasses gardées politico-régionales (les centres régionaux maintenus à prix d’or), il n’y a pas trente-six solutions. Soit il obtient davantage d’argent de la Communauté française, soit il augmente les recettes publicitaires. Du coté de la Communauté française, ça coince : la RTBF devrait recevoir une légère augmentation de sa dotation (2% hors indexation) pour couvrir l’inflation des coûts, notamment salariaux, mais c’est tout. C’est donc de concert avec le Gouvernement de la Communauté que Jean-Paul Philippot espère faire sauter un autre verrou: le plafonnement de ses recettes publicitaires à 25 % de son budget. Mais ce n’est pas gagné. Ce plafonnement a une raison d’être historique, qui n’a rien perdu de son actualité : éviter une distorsion de concurrence avec les opérateurs privés (principalement RTL-TVi et AB 3), qui, eux, ne reçoivent pas de subsides et redoutent une baisse de leur chiffre d’affaires publicitaire au profit de l’opérateur public. Sans compter que ledit opérateur public veut, avec cet argent, aller les « chercher » sur leur terrain : le divertissement.

Bien sûr, il y avait une deuxième raison pour limiter le volume de la publicité à la RTBF : le souci de sauvegarder un espace audiovisuel sans matraquage commercial, et d’éviter une course à l’audience génératrice de « télé-poubelle ». Mais cette préoccupation, qui est toujours d’actualité en Flandre (où la VRT ne diffuse pas de pub) ou à l’étranger (comme aux Pays-Bas, où il est question d’interdire la pub), ne semble plus à l’ordre du jour en Communauté française. La compétition avec le privé, puisque compétition il y a nécessairement, ne se joue plus sur la diversité de l’offre ou sa valeur ajoutée : ce sont les chiffres implacables de l’audimat qui sont appelés à départager les protagonistes. C’est à dire, les chiffres qui intéressent les publicitaires, et rien qu’eux… Car comme le démontre un chapitre du livre du spécialiste des médias Bernard Hennebert, que nous publions ci-après (voir page 11), ils ne reflètent pas la réalité de l’audience pour un programme donné, et encore moins les souhaits des téléspectateurs (sans parler de ceux, dégoûtés, qui ne la regardent plus ou peu et sont d’office exclus des statistiques !).

En acceptant l’audimat comme mètre-étalon, le service public cède à la facilité (les chiffres sont disponibles gratuitement) et crédite ce système d’une objectivité qui n’est apparente. Mais cette apparence lui suffit, car la course à l’audimat rejoint les intérêts à court terme de son portefeuille, qui a besoin d’argent publicitaire frais. A moyen terme, c’est à voir : rien ne dit que ce genre de « Ministère du divertissement » (selon l’expression de Théo Hachez) soit capable de battre le privé dans son core business… En réalité, en voulant le beurre (la dotation publique) et l’argent du beurre (des recettes publicitaires en augmentation grâce au divertissement), la RTBF risque bien de se retrouver au pain sec et à l’eau, rétive qu’elle serait de remplir ses missions de service public, et incapable de réellement concurrencer le privé. Un peu comme les quotidiens de qualité, trop dépendants de l’argent de la pub (70 % pour certains), et malades d’avoir fait trop longtemps le choix de contenter les annonceurs plutôt que les lecteurs.

Cette question publicitaire gangrène littéralement la discussion du contrat de gestion 2007-2011. Dès lors que la RTBF considère la dotation publique comme un acquis, ses efforts visent surtout à pouvoir engranger des recettes publicitaires. Et elle voit les fameuses « missions de service public » qu’on veut lui assigner comme une charge à alléger, afin d’avoir les coudées franches pour puiser à pleines brassées dans l’Eldorado supposé du divertissement. C’est le sens de l’audition récente de M. Philippot par le Parlement de la Communauté française, au cours de laquelle il a demandé qu’on lui fixe seulement des objectifs généraux, tout en le laissant libre des moyens à employer. Implicitement, cela revient à mettre sous le boisseau un certain nombre d’exigences très concrètes que sa ministre de tutelle, Fadila Laanan, avait annoncé vouloir inclure dans le contrat de gestion il y a trois mois. On pourrait accorder cette « confiance » à la direction de la RTBF, si ce n’est qu’elle l’a déjà déçue à plusieurs reprises par le passé (certaines obligations expresse des précédents contrats de gestion n’ont pas été remplies ou l’ont été de mauvaise grâce), et si ce n’est que la logique intrinsèque du système la poussera encore davantage à l’avenir à trahir cette confiance au nom d’impératifs commerciaux et financiers.

Faut-il pour autant démoniser M. Philippot ? Non. Il ne fait en réalité que ce que doit faire tout bon chef d’entreprise : essayer d’attacher son nom à une réussite commerciale et à une bonne santé financière plutôt qu’à un enlisement fatal de type Sabena. En réalité – c’est aussi ce que M. Philippot rétorque à ses détracteurs- la balle est dans notre camp à nous, citoyens, ainsi que nos représentants politiques. Il n’y a pas trente-six façons de sortir de sortir du problème : il faut mettre la main au portefeuille. Afin que comme la VRT, une RTBF mieux dotée puisse produire du contenu – et du divertissement – de qualité, dont la valeur ajoutée permettrait même, comme en Flandre, damer le pion au privé.

Mais pour que la société civile et politique puisse choisir en connaissance de cause entre les inconvénients d’une télé publique davantage commerciale et par exemple un impôt communautaire pour sauvegarder un vrai service public (quel tabou !), encore faut-il qu’il soit informé, que le débat puisse avoir lieu. Or tout indique que la RTBF et le monde politique ne veulent pas de ce débat, afin de mieux pouvoir entériner avec un maximum de discrétion un compromis boiteux.

Pourtant, à l’époque du sondage-roi, pourquoi se baser uniquement sur les informations biaisées de l’audimat ? Pourquoi ne pas organiser à des heures de grande écoute quelques émissions sur cette question tellement importante pour tous (comme le récent mini-débat sur la pub dans les émissions pour enfants vient opportunément le rappeler) ? Pour la RTBF, ce serait l’occasion de resserrer les liens avec son public existant ou potentiel, de faire de la proximité intelligente. Pour le monde politique, ce serait une façon de responsabiliser le citoyen et de mettre en valeur le travail parlementaire. Et pour les journalistes de la RTBF, étonnamment silencieux pour l’heure, ce serait l’occasion de se manifester autrement que par l’exercice du droit de grève pour la défense d’intérêts catégoriels. Tandis qu’en accueillant dorénavant une chronique de Bernard Hennebert (voir le portrait dans une précédente édition et l’interview ci-après), qui permettra de décortiquer les nombreux enjeux de ce contrat de gestion tellement important pour l’éducation à la démocratie des adultes et pour l’éducation tout court des jeunes, le JDM apportera – avec d’autres médias- son modeste caillou à l’édifice. Chiche !
Laurent Arnauts
Le Journal du Mardi , 14/03/2006
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Traitez-le d"'emmerdeur professionnel", de "Saint Bernard" ou de "simple citoyen agitateur d'idées". Qu'importe : depuis 30 ans, Bernard Hennebert trace à travers tout pour défendre les consommateurs de loisirs que nous sommes. Au risque d'en bousculer plus d'un (dont la RTBF) sur son passage.

Vous souhaitez que la Communauté française adopte la Charte de respect des usagers culturels dont vous êtes l'initiateur. De quoi s'agit-il ? Bernard Hennebert : C'est un texte pouf protéger le public, qui rencontre toute une série de problèmes lors de ses sorties culturelles.

Lesquels ? Je pense surtout aux conditions tech-niques déplorables, aux affiches trom-peuses ou incomplètes et aux change-ments de programme qui ne sont pas annoncés.

Quelle démarche devraient suivre les plaignants ? C'est là tout le problème ! Actuellement, il n'existe pas de mode d'emploi pour se plaindre. Il n'y a d'ailleurs aucune tradition de la plain-te dans le domaine culturel. La culture n'a jamais été considérée comme un produit ordinaire.

Elle devrait l'être ? Oui et non. C'est pour cela que je pré-fère parler "d'usagers" culturels plu-tôt que de "consommateurs". Pour défendre la diversité, le secteur cultu-rel ne peut pas être mis sur le même pied que les autres N'empêche. Les droits du public doivent être respectés. Or, la mythification de l'artiste a eu pour conséquence que les specta-teurs ont été relayés au second rang des préoccupations politiques et médiatiques.

Et la critique de spectacles dans la presse, alors ? Elle porte sur le contenu, rarement sur les pratiques qui, elles, sont au cœur de mes préoccupations.

Concrètement, que proposez-vous ? Que les organisateurs subventionnés soient obligés de respecter les droits du public et que celui-ci puisse se plaindre par voie officielle.

Et les puissants organisateurs pri-vés comme Clear Channel ? Petit à petit, la charte pourrait rejaillir sur eux, car un public sensibilisé devient critique, plus exigeant. C'est comme cela que les produits bio sont entrés dans les supermarchés. Pourquoi le spectateur passerait de la passivité à l'action ? Je ne suis pas cynique comme certains pour moi, 51% des gens sont de bonne volonté. Le problème, c'est qu'ils sont sous-informés.

Un exemple concret ? Aujourd'hui, on doit parfois payer 15 mois avant l'événement. Cet argent fructifie sur les comptes bancaires des organisateurs. Le public oublie qu'auparavant, on ne réservait que maximum trois mois à l'avance. Ça n'empêche pas, par exemple, Robbie Williams de remplir deux fois le Stade Roi Baudouin en quelques heures et... neuf mois à l’avance ! A nouveau, c'est une question d'information à calquer sur les autres produits commerciaux : il faudrait indiquer le prix des billets sur toutes les affiches ; ce qui permettrait aux passants de visualiser les différences de tarifs d'un spectacle ou d'un lieu à l'autre.

Où en est la charte ? Des représentants du public (Test Achat, le CRIOC...) et des artistes ont planché pendant un an pour aboutir à un texte définitif. La charte est maintenant entre les mains de la Communauté française. Ce qui semble acquis, c'est que toutes les salles de spectacles subventionnées devront afficher le texte. En outre, l'organisateur sera obligé d'indiquer dans sa communication l'adresse où le public peut déposer plainte. Une réponse circonstanciée devra être envoyée dans les 30 jours. La plainte sera expédiée aux instances officielles pour per-mettre au monde politique de faire évoluer la régulation du secteur. Puis, surtout, le public doit pouvoir disposer d'une voie de recours s'il n'obtient pas satisfaction auprès de l'organisateur. Cela implique la création d'un service de médiation, donc des moyens financiers. La, ça coince encore.

REVALORISER LES MUSÉES

Vous menez un autre combat sur le terrain des musées... Les grands musées sont financés à 80, voire 90% par la collectivité. Il est donc important que beaucoup de gens s'y rendent. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Pour attirer du monde, je pré-conise une gratuité qui touche le grand public. Mais l'accès aux musées fédé-raux est déjà gratuit chaque pre-mier mercredi du mois... Oui... après 16h ! Ça ne sert donc qu'à une minorité: les enfants pour les-quels c'est déjà gratuit et pour leurs grands-parents qui bénéficient d'une réduction.

Qu'est-ce que vous voulez ? Que le grand public bénéficie d'une gratuité mensuelle, soit en nocturne, soit le week-end. Je veux également la mise en exergue d'une œuvre, une fois par mois. Cela permettrait non seulement d'éduquer artistiquement le public mais aussi de donner envie aux gens de revenir. Et puis, les médias auraient de la matière à traiter pour rappeler cette gratuité. A l'image des Journées du patrimoine.

Votre première victoire, c'était au Musée d'Ixelles... Oui, depuis un an et demi, ce musée est accessible gratuitement le premier dimanche du mois.

Et la suite ? L'été dernier, j'ai rencontré trois directeurs d'institutions fédérales. Mes interlocuteurs se sont déclarés partants pour des actions concertées. Hormis ces trois responsables, j'ai constaté des résistances dans le secteur. On m'a notamment servi un argument stupide : le risque de voir des gens débarquer dans les musées uniquement pour faire pipi.

AU BAC, L'AUDIMAT !

Vous venez de publier La RTBF est aussi la nôtre, sous-titré : Pour que la RTBF redevienne un vrai service public. Ce n'est plus le cas ? La RTBF est financée à 75% par la Communauté française. Les 25% restants viennent de la pub. Donc, il faudrait qu'au moins trois quarts du contenu correspondent à des intérêts citoyens. Ce n'est pas le cas.

Que sont les "intérêts citoyens" ? Il s'agit de servir le bien commun des habitants de a Communauté. Entre un film diffusé quelques jours avant les autres chaines et une émission sur "comment bien éduquer ses enfants", je choisis la seconde option.

Ça n'améliorerait pas l'audimat... Des émissions comme Strip-Tease, Au Nom de la Loi, Autant Savoir ou L'Ecran témoin fonctionnaient très bien en prime time. Elles ont été interrompues, non pour des raisons d'audimat, mais parce que la nouvelle direc-tion ertébéenne a souhaité mieux servir les intérêts publicitaires.

Il y a encore C'est la vie... Cette émission ne montre que des destins individuels, pas des actions collectives qui font évoluer la société. Influencée par la télé réalité et le libéralisme forcené, la RTBF, en prime time ne s'intéresse plus qu'aux individus. C'est profondément dangereux pour notre pluralisme et notre avenir.

Attendez : la RTBF diffusa toujours des émissions dites "de service public". Oui, mais elles sont reléguées en fin de soirée... Quant à Ça bouge, agenda du monde associatif prévu dans le contrat de gestion de la RTBF, il a mis deux ans et demi à être créé. Et ce, avec des moyens ridiculement bas. Au même moment C'est du Belge, émis-sion sur la royauté et l'aristocratie, reçoit énormément d'argent, alors que, selon moi, elle est inutile car elle existe déjà sur RTL.

Pourtant, vu ses résultats d'audience, C'est du belge semble correspondre à une demande des téléspectateurs. L'audimat n'a rien à voir avec la gestion de l’Etat. Si les contribuables donnent de l'argent à une télé, c'est pour qu'elle remplisse des besoins essentiels auxquels les chaînes privées ne répondent pas. Si on décide que la société humaine est régie par l'audimat, on rétablit tout de suite la peine de mort!

Le corollaire à votre raisonnement c'est le retour à une télé publique sans pub. La publicité influence négativement le contenu des programmes Puisque l'Europe s'apprête à nous gaver "à l'américaine" avec davantage de "réclames", créons des lieux qui en soient épargnés, par respect de la diversité culturelle et des droits des minorités.

Donc, la pub est un mal ? Non, je ne suis pas un anti-pub: qu'il y en ait un maximum sur les chaînes privées! Cela ferait leur fortune et il suffirait alors de mettre en place une rétrocession partielle de ces bénéfices qui permettrait d'augmenter la dotation de la RTBF.

L'ÉLECTRON LIBRE

Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, salue votre coté "empêcheur de tourner en rond", mais se demande qui vous représentez... Je ne représente que moi-même. Le monde politique doit tenir compte d'associations mais aussi d'individus lorsque ceux-ci émettent des idées utiles au bien commun. C'est pour cela que je ne m'adresse pas à la RTBF mais à nos élus. Le nouveau contrat de gestion de la RTBF est en prépara-tion. A cette fin. je serai auditionné par les parlementaires, au même titre que M. Philippot. Ce qui me donne une légitimité. Vous savez, ça fait 30 ans que je travaille sur le sujet.

Pourquoi vous intéressez-vous tellement à nos loisirs ? Parce que la culture et les médias constituent notre école jusqu'à la fin de la vie. Et comme par hasard, ce moteur de formation de la société ne dispose pas de contre-pouvoirs.

Pourquoi n'êtes-vous pas affilié à un parti politique ? J'ai essayé. Je me suis rendu compte que mon combat était plus efficace si je restais à l'extérieur des partis. Cela me permet de mieux les aiguillonner.

Dès lors, pourquoi ne pas rallier un mouvement altermondialiste et apolitique comme Attac ? Attac et les autres associations pro-gressistes ont besoin de la télé pour diffuser leurs idées. Du coup, ils sont incapables de se montrer concrète-ment critiques envers les médias audiovisuels, de peur que ceux-ci ne parlent plus d'eux.

Qu'est-ce qui vous a mené au militantisme ? J'ai été élevé dans une famille très... trop conventionnelle ! J'ai eu la chance de m'en rendre compte. J'ai trouvé mon bonheur dans l'évolution du bien commun, c'est-à-dire l'inverse de ce que prônait ma famille.

Pourquoi agissez-vous toujours en électron libre ? C'est dû à une faiblesse de mon caractère: je suis incapable de diriger d'autres personnes. En plus, je ne parle que le français. Du coup, mon combat n'est pas international. Je compose avec mes limites…

Zone 2, 01/02/2006
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« La RTBF appartient à tous »

AGITATEUR de service public, Bernard Hennebert veut que le citoyen s'exprime sur la RTBF.

Bernard Hennebert a un jour été qualifié dans ces colonnes d'« emmerdeur de service... public » (Le Soir du 7 mai 2005). Une formule diverse-ment interprétée mais que l'hom-me apprécie puisqu'il la cite à plu-sieurs reprises dans son ouvrage, La RTBF est aussi la nôtre. Il le dit lui-même : « J'aime la RTBF». Et c'est à ce titre que l'animateur de Consoloisirs sou-haite faire entendre sa voix dans le débat qui précède la négocia-tion du contrat de gestion de la RTBF. « Certains disent que je ne représente que moi, ce qui est vrai, mais il est tout de même pi-quant que la commission de l'Au-diovisuel du Parlement de la Communauté française souhaite m'auditionner dans ce contexte, glisse-t-il. »

Vous appelez le public à s'expri-mer auprès du politique sur le contrat de gestion. Quel est le sens de votre démarche ? Il n'y a pas d'associations d'usa-gers de la culture pour la raison que le secteur associatif rechigne à critiquer les médias dans la me-sure où il en a besoin pour promo-tionner ses activités. Pour établir le contrat de gestion, la ministre de l'Audiovisuel, Fadila Laanan, n 'a écouté que la RTBF et le lobby culturel. Nous sommes en démo-cratie et le public a le droit de s'ex-primer sur ce qu'il attend de la RTBF. Je l'invite donc à le faire. La RTBF devrait le faire savoir : cela lui rendrait une popularité.

Vous êtes opposé à la requête de Jean-Paul Philippot, l'adminis-trateur général de la RTBF, qui souhaite un contrat plus sou-ple ? Oui. Parce que chaque fois qu'il y a une souplesse ou une faiblesse dans le contrat de gestion, la RTBF s'y engouffre et l'exploite. Elle doit faire de la médiation mais affirme qu'elle ne fait pas de médiation de conflit. Elle a supprimé les émissions de radio pour enfants parce que le contrat a oublié de les exiger. Etc.

On imagine encore plus que vous refusez que la RTBF fasse sauter le verrou des 25 % de re-cettes provenant de la pub... Il faut, au minimum, ne pas augmenter la présence publicitaire et ne pas réinstaurer la pub autour des programmes pour enfants comme le veut la ministre. Pourtant, s'il y a 25 % de recet-tes publicitaires, c'est parce que la Communauté ne peut finan-cer la RTBF qu'à hauteur de 75%. Je ne suis pas contre la publicité, mais contre la pub sur le service public. Je propose que le secteur privé reçoive toutes les recettes pu-blicitaires mais qu'au niveau européen, on imagine un procédé qui permette à l'Etat d'opérer une ponction financière sur les recet-tes du privé afin de redistribuer une partie de ces recettes au servi-ce public. La RTBF recevrait ain-si un peu moins qu'aujourd'hui mais un peu plus que sa dotation publique actuelle.

Moins d'argent, c'est moins de moyens pour les programmes... De fait mais la disparition de la publicité permettrait d'évacuer un certain nombre d'émissions qui ne sont à l'antenne que pour satisfaire les publicitaires ou les sponsors. Je ne vois pas autre-ment que pour des raisons publi-citaires l'utilité d'une émission hebdomadaire consacrée à la royauté et à l'aristocratie. En re-vanche, je verrais très bien la fonction sociale d'émissions consacrées aux problèmes qui se posent aux parents : l'obésité, la violence... La RTBF ne doit pas grossir, elle ne le fait que pour sa-tisfaire des intérêts publicitaires. Que la RTBF fasse son travail de service public, ce qui ne veut pas dire être mortellement sérieuse, et elle ne devra pas participer aux enchères pour l'acquisition des droits des films, des séries, du sport...

On peut avoir l'impression que le service public que vous prô-nez est fait d'émissions que per-sonne ne regarde. Or, une télé de service public n'a plus de rai-son d'être alors... Je crois que c'est la situation ac-tuelle qui fait perdre à la RTBF son public. En mettant un tunnel de pub entre le JT et « Questions à la une», la RTBF perd 100.000 téléspectateurs chaque mercredi. Quand la RTBF ne pro-posait que des programmes de service public, elle n'avait pas ces pertes. Pourquoi constate-t-on que, globalement, le public belge préfère l'info ? Parce que, juste-ment, il a été, durant des décen-nies, formé par la RTBF à regar-der « Strip-tease » ou d'autres.

En en appelant au politique, vous ne craignez pas de renfor-cer l'image d'une RTBF politi-sée? L'ancien administrateur général Robert Stéphane m'a dit l'autre jour : « De mon temps, on vou-lait éviter que le politique n'interfère ; aujourd'hui, on compte sur lui. » Je ne souhaite pas que le po-litique s'immisce dans le contenu des programmes ni que le gouvernement contrôle lui-même la RTBF tous les trois mois mais je veux que le politique donne des directions à suivre.

Jean-Fraçois Lauwens
Le Soir, 31/01/2006
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« RTBI-TVF ? »

Qu'est-ce qui distinguera le service public de la chaîne privée ? Le contrat de gestion du premier. Belle occasion pour Bernard Hennebert d'enfourcher ses chevaux de bataille préférés.

A priori, cela ressemble à une erreur de programmation. La RTBF et RTL-TVI viennent, chacune, de lancer une nouvelle création en télévision. Mais c'est le service public qui produit une fiction (le très décevant feuilleton Septième Ciel Belgique) et la chaîne privée, une émission politique (Le Grand Défi). En réalité, toutes les deux sont dans leur rôle, là aussi. La RTBF investit dans la production audiovisuelle conformément à ses obligations, et RTL-TVI renforce son pôle « information » dont elle n'a plus à rougir. Mais la vieille question demeure : qu'est-ce qui différencie vraiment les deux télévisions ? « Les audiences », répondent les cyniques, puisque la RTBF est devenue l'éternelle seconde derrière sa concurrente. « La nationalité», disent les juristes, depuis que RTL-TVI a choisi de naviguer sous le seul pavillon luxembourgeois.

Mais dans les programmes ? Les réponses sont écrites, pour l'essentiel, dans le contrat de gestion de la RTBF. La version 2007-2011 de ce contrat en est à la phase exploratoire. Ainsi, la semaine dernière, Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, était longuement entendu au parlement de la Communauté française. Il a plaidé, une nouvelle fois, pour un contrat qui fixe de larges objectifs en lui laissant les coudées franches pour les atteindre.

Par ailleurs, une pièce intéressante vient d'être versée au débat sous forme d'un petit livre, écrit par Bernard Hennebert. L'infatigable Zorro du paysage audiovisuel, ex-animateur de la défunte Association des Téléspectateurs Actifs, a noirci 200 pages pour illustrer son combat : les usagers du petit écran ont leur mot à dire et ils peuvent influencer l'évolution de la RTBF (2). Fort de quelques croisades victorieuses dans le passé, Hennebert fustige, pourfend, dénonce. Et propose, aussi. Haro sur la publicité et le sponsoring, oui à un contrat de gestion le plus contraignant possible, gare à la surdose de sport alors que les questions européennes ou éducatives sont à la traîne. Oui à un vrai service de médiation avec les téléspectateurs...

Bibiane Godfroid ? Jean-Paul Philippot lira-t-il le livre de Bernard Hennebert ? Pas sûr. Son souci du moment, c'est la recherche d'un directeur des antennes (qui coiffera les 2 chaînes), une fonction créée voici deux mois. La RTBF pensait avoir trouvé la perle rare en la personne de Bibiane Godfroid. Ancienne de RTL, elle a fait un parcours exemplaire au sommet de l'audiovisuel français (Canal +, France Télévisions) et elle dirige aujourd'hui la société de production FremantleMedia France. Hélas, quelques questions délicates ont compliqué son arrivée Boulevard Reyers. Figure-t-elle parmi les candidatures clôturées le 17 janvier dernier ? Le conseil d'administration de ce 27 janvier devrait entériner la procédure de nomination. Après quoi, c'est tout l'organigramme de la télévision publique qui pourrait bien être bousculé à sa tête...

Jean-François Dumont
Le Vif / L’Express , 27/01/2006
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Debout, citoyens, la RTBF est à vous!
En vue de la renégociation du contrat de gestion RTBF, Bernard Hennebert bat le rappel. Ce « citoyen et usager engagé », consommateur culturel avisé, tient la RTBF à l’oeil. Son nouvel opus est sorti.

Bernard Hennebert est sur le pied de guerre ! Imaginez donc : la haute direction de la RTBF s’apprête à croiser le fer, au cours des prochains mois, avec son principal bailleur de fonds (la Communauté française). L’enjeu ? Elaborer le nouveau cahier des charges de la radio-télévision publique pour les cinq années à venir (2007-2012). Soit le document qui fixe les devoirs de la RTBF en contrepartie de la dotation publique que la Communauté lui verse chaque année.

Changer de cap

Bernard Hennebert est un provocateur ! Nous n’inventons rien... Ce sont les premiers mots de la préface - signée par le directeur du Crioc - qui ouvre son nouvel opus (1). On pourrait y adjoindre d’autres qualificatifs : activiste monomaniaque, empêcheur de tourner en rond... journaliste-animateur (notamment au « Ligueur »), citoyen et usager engagé, consommateur culturel avisé.
Depuis plusieurs années, M.Hennebert tient la RTBF à l’oeil. Rien ne lui échappe. Au moindre manquement, il interpelle, dénonce, propose. Il lui arrive aussi de pinailler, provoquant alors les plus vives irritations au boulevard Reyers. Mais peu importe la manière ; pour ce Bruxellois quinquagénaire, seule compte la vigilance des citoyens-usagers à l’égard de l’entreprise publique culturelle autonome. Et si l’on en juge par ces combats successifs (du JT pour enfants à la signalétique), il faut bien admettre que la méthode Hennebert est efficace.
Son combat actuel se focalise donc sur la renégociation du contrat de gestion ertébéen. Un moment clé, assène-t-il, tout au long des 200 pages de son livre. « Il est vital que la société civile se mobilise, en présentant ses revendications par rapport à l’évolution qu’elle souhaite imprimer (à la RTBF). » Vital !? Bernard Hennebert n’y va pas par quatre chemins: « C’est peut-être la dernière fois où le public pourra se manifester face à l’évolution de la RTBF, tellement sa situation est précaire en termes de volume de personnel, de perte d’audience, d’évolution déplorable de ses programmes et de respect aléatoire de ses obligations. »
La RTBF est-elle à ce point au bord du gouffre? M.Hennebert n’est pas loin de le penser, même s’il lui reconnaît quelques (rares) mérites. Il faut changer de cap, martèle-t-il, en redonnant à la RTBF une dimension citoyenne « qui l’écarterait définitivement du modèle privé ». Et pour y parvenir, seule la force de proposition des usagers de la société civile parviendra à infléchir la trajectoire.
Prenant appui sur sa propre expérience en 2001 lors de la précédente renégociation du contrat de gestion, l’auteur multiplie les exemples visant à démontrer qu’il est possible de se faire entendre. Il y va d’ailleurs de nouvelles propositions en vue de la prochaine négociation où il espère bien faire entendre sa voix. Et, qui sait, sa démarche servira peut-être d’exemple à d’autres usagers de la RTBF.
P.-F.L.
Libre Belgique , 06/01/2006
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« L’emmerdeur de service… »
Bernard Hennebert se veut avant tout citoyen. « Si je suis actif, c’est parce que ça donne du sens à ma vie. Tout le monde devrait utiliser une partie de ses loisirs à exercer sa citoyenneté. C’est peut-être un hasard, mais je ne fume pas, je n’ai pas de voiture, je vis assez simplement. D’autre part, je m’informe sur les multiples dysfonctionnements de notre société et je mets en place des moyens d’action afin d’appliquer concrètement mes idées. Tout ce travail de militance me prend beaucoup de temps, du coup je n’ai pas vraiment besoin d’avoir des loisirs onéreux pour être heureux. Si mon travail produit des résultats, je suis de bonne humeur et pas dépressif ! »
La culture, les médias et les loisirs sont aujourd’hui devenus des commerces comme les autres, alors qu’il n’existe dans ces domaines, que peu de droits protégeant les consommateurs. Dans les salles de cinéma par exemple, si le son des publicités est trop fort, où se plaindre ? « Des associations d’usagers doivent servir de contre-pouvoir dans ces secteurs-là. » Si aucune limite n’est fixée, seuls les intérêts économiques se développeront. Bernard Hennebert a ainsi notamment créé un site où il recueille les plaintes des consommateurs (1).
Être citoyen, pour lui, c’est aussi lutter contre le fatalisme. « Je veux montrer qu’il est possible de bouger des montagnes avec pratiquement pas d’argent. Le tout, c’est d’avoir de l’imagination, de l’énergie et surtout de la détermination. » Parfois les résultats sont concrets ! Un exemple récent : c’est son action qui est à la base de la décision prise par la ministre de la culture de la Communauté française d’ouvrir gratuitement les musées une journée par mois.
Son principal cheval de bataille : la RTBF, où certains l’appellent « l’emmerdeur de service ». « Jusqu’à Pâques 2006, explique-t-il, la population peut s’exprimer sur le contrat de gestion 2007-2012. C’est donc maintenant qu’il faut débattre du contenu et des pratiques du service public. » Pour nourrir le débat, il vient de publier un livre aux éditions Aden : la RTBF est aussi la nôtre.

(1) www.consoloisirs.be
Imagine, Janvier-Février 2006
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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net