Parution : 15/09/2005
ISBN : 2 930402 15 6 288 pages 14 x 20 cm 20.00 euros |
Danielle Bleitrach - Maxime Vivas - Victor Dedaj
Les États-Unis de mal empire
Ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud
« Dans le confort douillet de ses certitudes distillées au quotidien, l’opinion publique occidentale ne reçoit que des échos déformés d’une résistance qui s’organise. Un président est élu au Venezuela et décide de reprendre le contrôle des richesses de son pays ? Le voilà aussitôt affublé de qualificatifs péjoratifs. Il augmente le prix du pétrole ? Les hauts fonctionnaires étatsuniens parlent de mesures «agressives» à leur encontre. Comme si les États-Unis se laissaient dicter par d’autres le prix de leur pétrole...
Pour tous ceux-là, une grande variété de qualificatifs est prévue : populistes, dictateurs (parfois « en puissance »), etc. Mais qu’importe le terme, puisque leur véritable point commun est celui de ne pas courber l’échine devant l’autoproclamé maître du monde. Un maître du monde militairement puissant, donc dangereux, mais économiquement au bord du gouffre et qui, en réalité, ne maîtrise plus qu’un dernier domaine. Un domaine qui est son terrain de prédilection, et grâce auquel il réussit encore à entretenir l’illusion : les moyens de communication. Dans cette levée des résistances des peuples du Sud, et particulièrement sur le continent américain, le jeu qui s’est engagé est exceptionnellement riche et complexe. Nourris de toutes leurs expériences passées – des batailles perdues, des victoires éphémères, des résistances qui perdurent malgré tout jusqu’à devenir symboles – tous ces peuples apportent à leur manière les pièces qu’ils ont récupérées sur les champs de bataille. Dans ces contrées lointaines et mystérieuses ignorées par nos médias, et qui ne sont pourtant que les foyers de tous ces autres «nous», les esprits, les mains et les coeurs s’activent pour reconstruire un avenir de la planète qui ne repasserait pas par la case «départ». Alors, si vous entendez quelques rumeurs, si vous percevez quelques mouvements, ne vous laissez pas duper par le système de propagande qui vous entoure. Dites-vous que c’est simplement l’Histoire qui redémarre. » • Danielle Bleitrach, professeur de sociologie (à l’université d’Aix-Marseille), spécialiste de l’Amérique latine et écrivain, a été membre du Comité central du PCF. Elle a notamment écrit L’Exclusion ou la Défaite ouvrière (avec Mustapha El Miri, L’Harmattan, 2000)
• Maxime Vivas, écrivain et chroniqueur littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse, est à l’initiative de deux recueils (collectifs) de nouvelles publiés suite à la catastrophe d’AZF : Toulouse, sang pour sang (Le Corbeau, 2001) et AZF, Toulouse sang dessus dessous (Loubatières, 2001). • Victor Dedaj est un actif du Cuba Solidarity Project et a écrit avec Danielle Bleitrach Cuba est une île (Le Temps des Cerises, 2004). Au sommaire
États-Unis : une question d’images Mondialisation de l’agression : à qui le tour ? Globalisation des résistances : l’exemple du Sud L’art de la résistance Une résistance qui n’a pas droit à l’erreur L’irruption de la Chine Le sommet des Amériques et la rébellion L’intégration bolivarienne: ALCA ou ALBA ? L’Amérique du Sud résiste au mal empire Les méthodes de l’Empire : quelques exemples De l’assassinat et de la responsabilité des dirigeants Médias occidentaux : le rideau de fumée Mythes, contes et légendes de la forêt magique de Médialand La presse libre (de se taire) Les machines à mentir Un cas d’étude : le rôle de Reporters Sans frontières Europe: des principes affichés et de la (triste) réalité L’Europe: contrepoids, concurrent ou vassal des États-Unis |
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Réponse de RSF
• HALTE À LA DÉSINFORMATION ! RSF souhaite rectifier les propos inexacts tenus par Maxime Vivas, dans une interview intitulée Le Sud, front de refus, parue dans Metro, hier, en p. 5.
• M. Vivas affirme, tout d’abord, que RSF “ne s’occupe que de la presse pauvre dans les pays pauvres”. C’est faux. Nous sommes la seule organisation dans le monde à avoir publié, par exemple, un rapport détaillé sur des cas de journalistes emprisonnés par les Etats-Unis (cf. “Quand l’Amérique emprisonne des journalistes” sur notre site : www.rsf.org). Autre exemple : depuis le début de l’année 2006, nous sommes intervenus à plusieurs reprises pour dénoncer des atteintes à la liberté de la presse en Allemagne, en Australie, au Canada, en Espagne, aux Etats-Unis, en France, en Italie, au Japon, au Portugal et en Suisse. Des pays que l’on peut difficilement qualifier de… pauvres ! • Ensuite, M. Vivas prétend que RSF a “félicité” Pedro Carmona après son coup d’Etat contre Hugo Chavez, en avril 2002. C’est une invention. Si, à l’époque, nous avons critiqué l’autoritarisme du Président envers la presse, nous avons également dénoncé les “excès de l’anti-chavisme” et la dérive de certains médias qui n’hésitaient pas à publier de fausses informations, mettant parfois en danger des journalistes proches de Chavez. • Enfin, il conclut en disant que RSF est une “ONG financée par des officines écrans de la CIA”. Diffamation pure et simple. Les comptes de notre organisation – reconnue d’utilité publique – sont certifiés par des commissaires aux comptes indépendants et publics. En 2005, 52% de nos ressources provenaient de la vente de nos albums photos, 20% du mécénat d’entreprise, 14% de subventions publiques et privées et 7% de dons. Le détail de ces comptes est consultable sur notre site. • Au-delà de ce droit de réponse, RSF se réserve le droit de poursuivre M. Vivas en justice. Métro ,
06/04/2006
Le Sud, front de refus
Coauteur de l'ouvrage Les États-unis de mal empire. Ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud, Maxime Vivas revient sur l'actuel dynamisme politique d'une Amérique latine en plein bouleversement. Comment expliquez-vous le basculement à gauche de l'Amérique latine ? Ces peuples ont connu au cours des dernières décennies, une succession d'expériences tragiques. D'un côté, des régimes civils corrompus partis à l'étranger avec la caisse, comme en Argentine ou à Haïti avec Bébé Doc, et de l'autre, des régimes militaires d'une férocité inouïe ont reçu l'aide des États-unis. Ce grand voisin trop proche a également soutenu le renversement de régimes démocratiques au Nicaragua, au Gua-temala et, en 2002, au Venezuela. La faillite en Argentine, les échecs de l'Alena ont également décrédibilisé le modèle néolibéral. Un front de refus de l'hégémonie américaine a ainsi émergé. De Castro à Bachelet, en passant par Lula, Morales et Chavez, ils sont quand même très différents... Oui, mais ils bénéficient, à part le Brésil, d'une langue commune : l'espagnol. La chaîne Telesur a ainsi pu être lancée sur tout le continent. L'idée était de contrebalancer CNN. Il existe aussi une conjonction d'intérêts. Ainsi, le Venezuela vend à Cuba – mais pas seulement - du gaz et du pétrole à prix bradés et reçoit en échange les services de médecins et d'enseignants cubains. Comment est perçu le vénézuélien Hugo Chavez ? Ce dirigeant a remporté démocratiquement neuf élections dans un pays où la plupart des médias sont entre les mains de l'opposition. Au Venezuela, des journaux peuvent appeler à l'assassinat de leur dirigeant sans être inquiétés. Un opposant peut écrire que "Chavez doit mourir comme un chien". Dans aucun autre pays au monde, une telle chose est possible. Sans compter que ce pays devrait être riche depuis longtemps. Mais il a été pillé, notamment par les entreprises étrangères. Cuba est-il considéré comme un repoussoir ? La vision que nous avons ici est complètement faussée. Cuba a le taux de médecins le plus élevé au monde, un taux de mortalité infantile inférieur à celui des États-Unis et l'espérance de vie la plus longue de toute l'Amérique latine. L'analphabétisme a disparu et la famine n'existe pas. La torture non plus, contrairement à beaucoup d'autres pays du continent, dont les États-unis. Chaque année, l'ONU condamne le blocus que subit l'île. Pourtant, depuis 45 ans, ce petit pays tient tête aux États-unis. La liberté de la presse n'est-elle que secondaire ? Le droit de vote n'est rien sans justice sociale. Il faut savoir lire et être en bonne santé pour pouvoir voter. C'est comme la pluralité de la presse qui ne vaut rien si l'information est toujours la même, si elle n'est pas un contre-pouvoir... n'en déplaise à Reporters sans frontières. RSF, qui ne s'occupe que de la presse pauvre dans les pays pauvres, a quand même été la seule ONG à féliciter Pedro Carmona après son coup d'Etat contre Chavez, remis au pouvoir par le peuple 48 h plus tard. Belle leçon de démocratie de la part d'une ONG financée par des officines écrans de la CIA ! Claire Cousin
Métro ,
05/04/2006
D.S.
Politis,
19-25/01/2006
AMERIQUE LATINE - Le matin du grand soir...
Auteurs d’un pamphlet contre la parousie neolibérale, Danielle Bleitrach, Viktor Dedaj et Maxime Vivas ont une bonne nouvelle : proclamée morte par les gardiens du nouvel ordre, l’histoire a encore plus d’une ruse dans son sac, car les "Latinos" sont entrés en sécession. Marxistes non repentants, les auteurs brocardent la propension des journalistes occidentaux à accorder le bénéfice du doute à l’Amérique impériale. A lire ceux-là, écrivent-ils, on a le sentiment que le 11 septembre 2001 légitimait les interventions en Irak et en Afghanistan alors que les Etats-Unis n’ont jamais eu besoin d’excuse pour justifier leurs atteintes à l’indépendance des peuples ou leur hargne contre Cuba. On les suivra moins volontiers lorsqu’ils décrètent que la montée du terrorisme ou la menace nucléaire iranienne ont été inventées par la CIA... Le trio parie sur l"érosion de la puissance américaine. Il appelle à la "globalisation des résistances", car, selon eux, c’est au sud que se lèvera le matin du grand soir.
E.D.
Marianne,
7-13/01/2006
M.L.
Monde diplomatique,
Janvier 2006
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